Musée de l'or de Bogota

La plus grande collection d'or préhispanique de la planète se trouve au Musée de l'or de Bogotá. Les galeries du bâtiment servent de support à une immense exposition permanente sur l'orfèvrerie des Amérindiens , à travers laquelle vous découvrirez les habitudes, les croyances et la culture de ce peuple mystérieux. Les 50 000 éléments du Museo del Oro se répartissent dans le temps, à l'époque des Muiscas, des Calimas ou encore des Zenúes.

Histoire du musée de l'Or

Bien avant l'arrivée des Espagnols, différentes tribus amérindiennes vivaient en harmonie dans l'actuel pays de la Colombie. Pour celles-ci, l'or était un métal sacré et non une valeur marchande. Les Amérindiens consacrèrent leurs travaux d'orfèvrerie au culte des dieux, au respect de leurs chefs et de leurs chamans. Ils fabriquèrent divers objets d'offrande, des ornements funèbres, des parures à caractère politique ou religieux. Avec le temps, ils parvinrent à entreposer une grande quantité d'or dans les temples et les tombes, en haut des arbres et bien entendu dans leurs huttes.

Lors de la conquête espagnole au XVIe siècle , les Amérindiens plièrent face à l'adversaire. Stupéfaits par la présence abondante de l'or dans les villages et leurs environs immédiats, les conquistadores passèrent de territoire en territoire, ayant jusqu'à annihiler des peuples au nom du précieux métal. Ils pillèrent presque tous les lieux sacrés des Amérindiens pendant près de trois siècles de colonisation, et même plusieurs années après l'indépendance du pays. En 1918, le gouvernement colombien décida de mettre fin à ce fléau en promulguant plusieurs lois à son encontre.

Dans les années 1930, le Département culturel de la Banque de la République commença à rassembler des pièces de collection d'orfèvrerie de l'époque préhispanique. Le 22 décembre 1939, il fit l'acquisition d'une étonnante sculpture en or : un « poporo quimbaya ». Après avoir regroupé un certain nombre de vestiges, une première exposition eut lieu en 1940 dans l'une des salles de conférences de la banque. Grâce à la participation des collectionneurs privés, les éléments du département augmentèrent au fil des années.

En 1947, le musée ne fut accessible qu'à une poignée de privilégiés, des hommes influents, des artistes ou des politiciens. Il fallut attendre 1959 pour que le grand public puisse y accéder. En 1968, une salle entière fut inaugurée pour abriter le Museo del Oro de Bogotá. La croissance et le succès de sa collection occasionnèrent l'extension progressive du musée.

Visite du musée de l'or

Chaque année, le Museo del Oro de Bogotá accueille près de 500 000 touristes. La façade du bâtiment ne laisse pas présager des trésors en son sein. Le musée compte cinq salles principales, chacune possédant une identité propre et une histoire à raconter. Le « Trabajo de los metales » décrit les procédés d'extraction et de fabrication des objets en or du temps de la civilisation Muisca. La « Gente y el oro en la Colombia prehispánica » explique les différents usages du précieux métal. La « Cosmología y simbolismo » dépeint ce qu'il représente pour les Amérindiens de l'ancien temps. La « Ofrenda » décrit les cérémonies religieuses de l'El Dorado. Et « l'Exploratorio » met en avant la valeur culturelle du patrimoine exposé dans le musée. Chaque galerie propose un voyage au cœur du quotidien, de la culture et des religions des peuples Muisca, Calima, Quimbaya, Zenú, Tierradentro, Tolima, Tayrona ou encore Uraba.

La barque dorée du lac Guatavita illustre l'une des plus grandes légendes de l'Amérique latine. La sculpture représente un chef richement orné parcourant une étendue d'eau sacrée à bord d'une barque afin d'accomplir le grand rituel d'El Dorado. Ce dernier consistait à réjouir la déesse du lac en y jetant une importante quantité d'or.

Sur son piédestal, la quimbaya poporo, l'une des premières acquisitions du musée, relate le passage des adolescents Muiscas à l'âge adulte. Cet objet leur était offert pour représenter la femme et la famille dont ils allaient prendre soin tout au long de leur vie.

Autre pièce incontournable, l'attirail du chef rapporte comment le leader du village, en revêtant cet accoutrement, se transformait en jaguar, en lézard ou en crapaud. À travers ce rituel, il s'appropriait la force et les connaissances cachées de ces animaux.Certains plastrons dorés exposés dans le Museo del Oro étaient destinés aux femmes des chefs pour marquer leur place dans l'ancienne société amérindienne. Ceux-ci symbolisaient la mort, l'union, la grossesse et la renaissance, en d'autres mots : le cycle de la vie. En outre, des statuettes du musée décrivent comment les chamans guérissaient les malades dans les villages. Parés de leurs habits en or, ils remuaient deux feuilles de palmier en exécutant une danse rituelle.

D'autres ouvrages dépeignant la riche culture amérindienne vous attendent au Musée de l'or de Bogotá, pour ne citer que les statues de jaguar, les masques funéraires, les ornements sacrés, les poteries ou encore les mystérieuses plaques dorées.

Comment y aller ?

Pour vous rendre au Museo del Oro de Bogotá, il vous suffit de prendre un bus du « TransMilenio Museo del Oro ». Les véhicules s'arrêtent près de l'entrée du musée. Bien entendu, des taxis sont à votre disposition pour plus de confort.

Horaire et tarif

Le Musée de l'or de Bogotá est ouvert du mardi au samedi, de 9h à 19h. Le tarif est de 4 000 pesos colombiens par personne ; il reste gratuit pour les moins de douze ans et les plus de 60 ans. Le dimanche, l'entrée est gratuite de 10h à 17h. Des visites audioguidées du Museo del Oro en français peuvent être organisées moyennant 8 000 pesos colombiens. Des visites guidées en anglais se déroulent à 11h et à 16h.