Casa de la Libertad

Berceau de la République, premier monument national et principal dépositaire du patrimoine culturel de la Bolivie, la Casa de la Libertad à Sucre mérite largement une visite lors d'un séjour à Sucre. C'est entre les murs de cet ancien monastère jésuite, voué à l'origine à devenir une grande université de droit, qu'ont été ratifiées en 1825 la déclaration de l'indépendance et les lois fondamentales constituant la nation bolivienne. Dans son musée, vous trouverez toute une collection d'archives et d'œuvres d'art en relation avec les grandes étapes de l'histoire du pays, mais aussi avec les différentes cultures autochtones.

Histoire

La Manzana Jesuítica de La Plata (Sucre) bâtit l'édifice à la lisière de l'actuelle Plaza 25 de Mayo en 1621 pour y fonder la future Université pontificale de San Francisco Xavier. C'est dans la chapelle domestique du complexe, utilisée comme salle de soutenance pour les doctorants, que fut officiellement promulguée l'indépendance de la Bolivie , le 6 août 1825 et que le Maréchal Antonio José de Sucre prêta serment en tant que premier président de la nouvelle République.

La création du musée de la Casa de la Libertad remonte au deuxième tiers du XXe siècle, quand le siège du pouvoir législatif fut transféré à La Paz. Le bâtiment devint un dépositaire d'objets historiques, dont certaines pièces datent de plusieurs siècles, constituant une partie importante du patrimoine culturel national. La bibliothèque du musée acquit la majorité de ses actifs sur l'histoire géographique grâce à la Société de géographie et d'histoire de Sucre. Cette dernière administra l'établissement jusqu'en 1974. Après les travaux de restauration dans les années 70, la Fondation culturelle de la Banque centrale de Bolivie reprit la gestion de la maison.

Aujourd'hui

Un des centres culturels les plus dynamiques à Sucre , la Casa de la Libertad est la grande gardienne du patrimoine historique bolivien.

De fond comme de forme, c'est un monument historique

Le bâtiment lui-même se distingue comme une relique de l'architecture vice-royale du pays, comme l'introduit sa grande porte en cèdre dotée d'imposants heurtoirs. La Salle de l'Indépendance affiche un décor hispano-amérindien typique avec son plafond mudéjar coloré et ses sièges majestueux. Le musée aménagé dans un ancien cloître s'entoure de galeries patinées et de colonnes en granit pour soutenir le toit. En son sein, les objets sont soigneusement recueillis, restaurés si nécessaire, conservés, puis étudiés et répertoriés selon leur rapport avec les différentes époques traversées par la Bolivie.

Sauvegarder et diffuser la culture bolivienne

La Casa de la Libertad sert de centre de référence pour découvrir la tradition orale et écrite , l'héritage tangible et intangible issus des 36 nations formant l'État plurinational de Bolivie. Le musée encourage la rencontre entre les différentes cultures autochtones dans un but de légitimation et de reconnaissance équitable. Il soutient l'examen de l'histoire des tribus opprimées ou oubliées , dans une vision inclusive afin de garantir l'intérêt général.

Les expositions permanentes et itinérantes à la Casa de la Libertad , ainsi que sa riche collection de livres et ses nombreuses publications, tiennent un rôle clé dans le processus de structuration, de préservation et de diffusion de l'identité nationale. Des concerts et toutes sortes d'animations pédagogiques y sont également organisés suivant le calendrier civique bolivien. Mais les activités du musée ne se limitent pas au sein de son espace. L'établissement agit également dans les institutions scolaires à l'intérieur et à la périphérie de la ville de Sucre.

Les curiosités à découvrir au musée de la Casa de la Libertad

Dans le Hall de l'Indépendance, pièce emblématique du bâtiment, vous trouverez le document original de l'acte de l'indépendance du Haut-Pérou. Celui-ci a été placé sous la surveillance des héros de la nation en portrait : Simon Bolivar , José Ballivian et Antonio José de Sucre. Les reliques des chefs de la guérilla haut-péruvienne Juana Azurduy de Padilla et Manuel Ascencio Padilla y sont conservées avec soin. Ne ratez pas le premier drapeau indépendant sud-américain, les peintures anciennes illustrant des événements civils et religieux, les sculptures en bois et en métal, les pièces vestimentaires du XIXe siècle, les meubles et les objets liés à la guerre du Chaco. La bibliothèque quant à elle dispose d'une énorme archive constituée par plus de 9 800 livres sur l'histoire et la géographie du pays, ainsi que des cartes datant de l'époque coloniale.

L'Université pontificale de San Francisco Xavier

Fondé en 1624 avec le soutien du pape Innocent XII, l'Université pontificale de San Francisco Xavier de Chuquisaca, le plus ancien des établissements d'enseignement boliviens – le deuxième sur le continent américain, a largement contribué à l'émergence bolivienne. Son parcours de droit et de théologie a forgé l'esprit révolutionnaire de ses étudiants durant plusieurs siècles. En vous baladant le long de ses allées couvertes, vous pouvez observer un bel exemple de l'architecture coloniale. Dans certaines salles de classe, les murs sont parés de peintures audacieuses reconstituant les premiers jours de la Bolivie. Les tours et les espaces en plein air qui sont quant à eux souvent bondés, constituent d'excellents endroits pour sympathiser avec les jeunes.

Si le droit est depuis longtemps la filière principale au sein de l'université, les élèves peuvent désormais y entreprendre des études en dentisterie, en économie ou en pharmacologie.

Infos pratiques

Comment s'y rendre ?

La Casa de la Libertad se situe en face de la Plaza 25 de Mayo, dans le centre-ville de Sucre qui n'est pas bien grand et qui peut, en l'occurrence, se couvrir facilement à pied. De nombreux bus micros desservent le quartier ; des numéros et une plaque indiquant leur itinéraire sont affichés sur leur pare-brise.

Vous avez la possibilité de prendre l'avion pour venir à Sucre , desservie par l'aéroport international Juana Azurduy de Padilla.

Quand visiter ?

La Casa de la Libertad est ouverte du mardi au samedi de 9 h à 12 h 30 et le dimanche de 9 h à 12 h.

Tarifs ?

Le prix d'entrée se décline comme suit :

  • Citoyens boliviens : 10 Bs

  • Étrangers : 15 Bs

  • Droit de photos : 10 Bs

Des visites guidées sont disponibles en langue quechua, en espagnol, en français et en anglais.