Hacienda Cayara, Potosí

L’une des plus anciennes haciendas d’Amérique latine se trouve près de Potosi, en Bolivie. De nos jours, reconvertie en un hôtel-musée de charme, l’Hacienda de Cayara conserve quatre siècles d’histoire, dont les précieuses reliques illustrant la puissance de ses anciens propriétaires.

Histoire

L’homme d’affaires espagnol Juan de Pendones a fait bâtir l’Hacienda de Cayara en 1557, soit douze ans après la fondation de la ville de Potosi. Les haciendas de l’époque déployaient d’immenses exploitations agricoles pour nourrir à la fois ses propriétaires, la main d’œuvre et les animaux affectés dans les mines. L’Hacienda de Cayara dont la propriété se transmettait entre les plus importantes familles de la région, a tenu un rôle clé dans l’administration coloniale locale. On dit que 30 foyers d’agriculteurs dépendaient de ses 54 grandes sections. La récolte était entreposée dans des enclos à part.

Depuis sa création à nos jours, la résidence a connu quatre propriétaires différents : les Pendones, les Tellaheche, les Sous et les Aitken. La maison principale a été lentement reconvertie en un hôtel-musée à mesure des restaurations entreprises par ses occupants, sans modifier son architecture d’origine. Selon le livre d’or, sept présidents de la Bolivie et un certain nombre de personnalités internationales ont visité l’Hacienda de Cayara.

La Hacienda Cayara Potosi aujourd’hui

L’histoire retentit dans chaque pièce de l’Hacienda de Cayara. Les 10 chambres et 5 suites de l’hôtel-musée, qui sont toutes dotées d’une salle de bain privative, préservent des éléments décoratifs de l’ère coloniale. Les invités ont accès à un espace barbecue de pierre où griller de l’agneau, en plus des différentes salles d’exposition.

Le Musée de l’Hacienda de Cayara

Les collections du Musée de l’Hacienda Cayara à Potosi se répartissent dans huit salles. Les expositions comprennent des œuvres d’art inédites, des livres, de nombreuses publications et des dictionnaires récoltés depuis 1650, des documents originaux de titres de trésorerie datés de 1557, des objets du quotidien et des artefacts de grande valeur, des miroirs vénitiens, des meubles de l’époque coloniale et toute une série d’armes de conquête.

Dans la salle principale, vous découvrirez des peintures anciennes, dont des allégories qui datent de 1878. Certaines illustrent les cinq continents et les quatre saisons climatiques, d’autres dépeignent des scènes religieuses comme le Vendredi Saint ou un pape prêchant. À ne pas manquer : la fresque reconstituant l’intérieur du Colisée à Rome. L’ancienne salle à manger baptisée « Lili Soux de Aitken », en l’honneur de la mère de l’ingénieur Jack Aitken, conserve outre ses meubles en bois du XVIIe siècle une figure de San Luis de Bosa de l’Ordre des Jésuites.

El Nido, ancien appartement de la marquise de Cayara Dominga Palomo, contient des fresques des XVIe et XVIIIe siècles retraçant les scènes de la Passion du Christ. Vous y trouverez une pièce de métallurgie du XVIe siècle. La chambre de la marquise proprement dite expose son portrait réalisé en 1900. Admirez également le lit aux tonalités portugaises du XVIIe siècle, les œuvres de l’école française de la peinture à la fin du XXIe siècle, ainsi que les pots de phytothérapie.

La vieille bibliothèque de Cayara recueille des ouvrages uniques depuis le XVIe siècle et des réalisations d’auteurs connus comme Alfonso La Martin, Pedro Calderón, Lord Byron et même Voltaire. S’ajoutent à sa collection des livres d’histoire, de science, d’architecture et en grande partie des éditions religieuses. La nouvelle bibliothèque quant à elle rassemble des chroniques de l’époque coloniale, des principes de la république, des compositions littéraires anglaises, des encyclopédies sur l’histoire de l’homme et de nombreuses archives écrites entre le XIXe et le début du XXe siècle.

Le quartier du maréchal, au sein duquel Antonio José de Sucre séjourna quelques jours avant la création de la République bolivienne, stocke des chaussures plaquées et des robes parées de pièces d’art valeureuses en or et en argent. La salle d’armes met en lumière l’histoire militaire de la Bolivie à travers une collection d’artefacts. Parmi les pièces maîtresses de cette espace figurent le bouclier du général bolivien Manuel Isidoro Belzu et l’armure de Juan de Pendones.

Enfin, vous avez la chapelle, la plus ancienne construction de l’Hacienda de Cayara qui garde avec hargne un autel plaqué. Un cimetière colonial occupe la crypte qui longe l’église, avec la tombe de la dernière marquise de Cayara et sa famille.

Infos pratiques

Comment s’y rendre

Tous les jours, autour de 13 h, des bus partent du marché de Chuquimia à Potosi vers Cayara, située dans une vallée à 23 km à l’ouest de la ville. Si vous préférez les voyages privés, l’Hôtel-musée Cayara dispose de sa propre navette. Le trajet de Potosi à l’hacienda dure une trentaine de minutes.

Ouverture

Le musée est ouvert du lundi au samedi de 9 h à 17 h. Le dimanche et les jours fériés, des visites sont possibles sur consultation.

Tarifs

Le tarif d’entrée au musée se décline comme suit :

  • Boliviens : 20 Bs
  • Etrangers : 50 Bs
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