Mausolée Baha-ud-din Naqshband

Situé à 12 km de Boukhara, le complexe mémorial de Bahaouddin Naqshbandi est un lieu particulier à découvrir lors de votre passage dans cette ville. Lieu de repos de Mohamed Bahaouddin Naqsbandi, cet ensemble architectural érigé en son honneur, compte parmi les endroits les plus sacrés d’Asie centrale. C’est également un haut lieu de pèlerinage, ce qui lui a valu le surnom de « La Mecque de l’Asie centrale ». La beauté de la structure ainsi que son importance sur le plan historique et culturel fait de cet ensemble un site à ne pas manquer lors d’un séjour à Boukhara.

Un peu d’histoire

Le complexe mémorial de Bahaouddin Naqshbandi est le site le plus sacré de Boukhara. Cet ensemble s’articule autour du mausolée de l’un des fondateurs et l’un des personnages les plus vénérés de l’islam soufique, Mohamed Bahaouddin Naqsbandi. Construit en 1544, ce mausolée est pour les musulmans, l’endroit le plus sacré de toute l’Asie centrale, ce qui lui a valu le surnom de « La Mecque de l’Asie centrale ». En effet, à l’instar de la ville sainte de l’Islam, le mausolée de Bahaouddin Naqsbandi est un haut lieu de pèlerinage.

Comme le chiffre 7 est fortement lié à la vie du saint, pour rappel, il est né au septième mois de l’année 1318, il connaissait par cœur le Coran à l’âge de 7 ans, il mourut à l’âge de 70 ans, etc., les pèlerins effectuaient autrefois 7 fois le tour du tombeau dans l’espoir que leurs souhaits seraient exaucés. Aujourd’hui, cette pratique est interdite, alors, au lieu de tourner autour du mausolée, les croyants le font autour de l’arbre qui selon la légende aurait germé autour du bâton du maître.

Le complexe mémorial de Bahaouddin Naqshbandi fut complètement abandonné sous la domination soviétique. Toutefois, contrairement aux nombreuses mosquées et madrasas qui furent transformées en de simples restaurants, l’emplacement du mausolée, à l’écart de la ville, l’a sauvé de ce qui aurait été une profanation de ce lieu sacré.

Qui était Bahaouddin Naqshbandi

Mohamed Bahaouddin Naqsbandi est né en 1318, dans un petit village dénommé Qasr al-‘Arifan, situé à 12 km de Boukhara. Fils d’un simple artisan, il était loin de se douter qu’un jour, il deviendrait l’un des plus grands sages de l’Islam . Initié au soufisme dès son plus jeune âge, Naqshbandi démontre très tôt des capacités exceptionnelles. Par exemple, à seulement 7 ans, il connaissait déjà par cœur l’intégralité des textes du Coran . Durant toute sa jeunesse, il connu plusieurs maîtres. Très pragmatique, le maître professait à chacun de ses élèves de gagner sa vie à la sueur de son front. Tout son enseignement peut se résumer en une phrase : « Dieu dans le cœur et le travail dans les mains ». Après avoir parcouru toute l’Asie centrale et réalisé deux fois le Hajj (grand pèlerinage à La Mecque), il se recueille jusqu’à son dernier souffle dans sa ville natale. Il mourut en 1388 à l’âge de 70 ans et fut enterré dans son propre jardin, comme il l’avait souhaité. Son importance dans le soufisme, ainsi que sa renommée qui ne cesse de croître jusqu’à nos jours, ont fait de Naqshbandi le saint patron de la ville de Boukhara.

Le complexe mémorial aujourd’hui

Le cœur du complexe est constitué par le mausolée de Bahaouddin Naqshbandi qui abrite le tombeau du maître, ainsi que celles des Khans comme Abdul Aziz ou Abdullah Khan II. Près du mausolée se trouvent un petit bassin et un pavillon quadrangulaire connu sous le nom de « Saho-khona ». Quant à la cour, elle est entourée par deux mosquées, la mosquée Khakim Kushbegi et la mosquée Muzaffar Khan. On y trouve également une madrasa ainsi que Khanqah Abdul-Aziz Khan.

En 1993, en l’honneur du 675e anniversaire de la naissance de Naqshbandi, tout le complexe a été rénové avec l’appui des Turcs et des Pakistanais. Cet événement marque à la fois le retour de l’Ouzbékistan dans la grande communauté musulmane , ainsi que la renaissance d’une religion officielle. 10 ans plus tard, des rénovations ont été entreprises à l’occasion du 685e anniversaire du maître.