Covid-19 : la situation au cœur du réseau Nomadays et de votre agence locale en Mongolie
Entretien17 avril 20204 min de lecture

Covid-19 : la situation au cœur du réseau Nomadays et de votre agence locale en Mongolie

Sylvain Recouras, fondateur de Nomadays, raconte le quotidien de son agence locale en Mongolie face à la crise sanitaire.

Aujourd'hui, c'est Sylvain Recouras, fondateur de Nomadays et directeur de l'agence en Mongolie Horseback Mongolia, qui prend la parole. Doublement impliqué et impacté par cette crise, il témoigne de la situation actuelle au sein de ses structures et de ses équipes en Mongolie et ailleurs.

La situation au cœur de l'agence Horseback Mongolia

"Au niveau de l'agence locale HORSEBACK MONGOLIA, notre plus grosse crainte est d'avoir une saison estivale vierge."

"La Mongolie connaît une saison touristique courte, de mai à septembre, avec 60 % de la clientèle qui visite le pays en 40 jours, du 10 juillet au 15 août environ. Notre plus grande période de réservation s'étend, elle, de février à mai. Le mois de février a déjà été particulièrement mauvais en termes de réservation, le pays pâtissant de sa proximité géographique avec la Chine, et nous n'avons plus eu de réservation depuis le 24 février.

Le manque de visibilité sur la période à laquelle pourront reprendre les réservations est le plus compliqué à gérer. Nous espérons – mais avec de moins en moins de conviction – que la crise se terminera courant du mois de mai, avec une réouverture progressive des frontières, et avoir ainsi un regain de réservations en mai-juin-juillet, pour assurer une petite saison tout de même… et couvrir nos charges fixes.

Si la situation perdure plus longtemps, il nous faudra attendre l'été 2021 pour accueillir à nouveau les voyageurs, et cela va faire très long, les charges étant elles toujours présentes. Il n'y a pas de chômage partiel en Mongolie, et nous ne pouvons pas nous séparer de notre équipe avec qui nous travaillons depuis des années. Ils nous font confiance, nous avons une responsabilité vis-à-vis d'eux.

Mais l'équipe d'Horseback est solidaire et tous ont accepté, pour les mois de mars, avril et mai, un temps partiel que nous leur payons à 60 % de leur salaire habituel. Le gouvernement mongol vient aussi d'exonérer les entreprises de charges patronales du 1er avril au 30 septembre.

Après, notre agence demeure un modèle de gestion, avec des actifs mobiliers, une trésorerie positive et aucune dette. Si le présent est stressant, nous restons confiants pour l'avenir.

Du côté des annulations et des reports, nos clients contractualisent leur voyage avec notre agence en France, Nomadays, et nous appliquons les règles de la nouvelle ordonnance : un avoir des sommes versées valable 18 mois. Peu de personnes sont pour l'instant concernées par ce dispositif car nous avons peu de voyages prévus au printemps. Ce sont cependant les voyageurs devant arriver en juin qui commencent à s'inquiéter. Pour l'instant, nous leur conseillons encore d'attendre, en espérant que l'activité reprenne à ce moment-là."

La situation au cœur de l'équipe Nomadays

"Les règles du chômage partiel ne s'appliquent pas à Nomadays, et là encore nous voyons une belle solidarité au sein de l'équipe."

"Concernant Nomadays, si nous travaillons sur ce projet depuis 2013, cela reste une création d'entreprise en France. Nous attendions avec grande impatience notre lancement, qui s'est fait en août 2019 avec l'obtention de la licence Atout France.

Pour l'instant, mauvais timing…, mais nous restons optimistes. Notre structure reste légère car nous travaillons tous à distance, avec des collaborateurs free-lance ou autoentrepreneurs. Beaucoup sont basés à l'étranger, donc là encore, les règles du chômage partiel ne s'appliquent pas à Nomadays, et là encore nous voyons une belle solidarité au sein de l'équipe : tous ayant accepté des réductions de salaire, associées ou non à une réduction de leur charge de travail.

La structure est saine, en autofinancement, et sans dette. Nous envisageons un prêt bancaire pour ne pas avoir à déstabiliser notre organisation actuelle, voire la vente de certains actifs personnels pour pouvoir continuer à progresser. L'idée reste d'avancer et de s'appuyer sur le besoin grandissant de réassurance des voyageurs mais aussi des partenaires B2B pour justifier notre positionnement, qui prend de plus en plus de sens aujourd'hui : un collectif d'agences locales proposant à leurs clients – directs et agences de voyage – les mêmes garanties qu'un tour-opérateur traditionnel, l'expertise en plus.

Cette crise est compliquée pour nous, mais n'est finalement qu'un obstacle supplémentaire sur notre route. Après 15 années passées en Mongolie, j'ai appris la résilience et la flexibilité. On doit s'adapter, tout en profitant d'un bel apprentissage de la gestion de crise. Nous n'en sortirons que plus forts…"

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Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Expériences localesMis à jour le 7 mai 2026