Récit de voyage au Vietnam : le retour d'un enfant du pays - Nomadays

Vietnam

Le Vietnam, vu par un enfant du pays : le récit de voyage de Marcel dans le sud et les Hauts Plateaux

25 févr. 2026

Marcel, que l’on appelle aussi Serge selon les relations et les affinités, est Français d’origine vietnamienne. Né au Vietnam, il y a passé ses dix-sept premières années avant de rejoindre la France, son pays de culture comme il l’appelle.

Cinquante ans après son premier départ, il revient sur les terres de son enfance avec son épouse, pour un voyage profondément symbolique à travers le sud et les Hauts Plateaux du Centre du pays. Un itinéraire hors des sentiers battus, pensé comme un retour aux sources, une exploration humaine et culturelle, et une rencontre intime avec les ethnies minoritaires de la région.

Conçu avec Nomadays et son agence locale partenaire, Terra Indochina, ce voyage sur-mesure mêle histoire personnelle, engagement solidaire et regard lucide sur un pays en pleine mutation. Dans cette interview, Marcel (ou Serge) nous livre un récit rare, à la fois pudique, puissant et poétique, où le Vietnam se raconte à travers les souvenirs, les sons, les gestes et les rencontres...

     

Découvrez le récit de voyage au Vietnam de Marcel qui, cinquante ans après son premier départ, revient explorer les Hauts Plateaux et le Sud du pays.

Vous avez deux prénoms, pourquoi ? Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

« On m’appelle Marcel ou Serge en France selon les relations et les affinités. Alors que l'État-civil me connaît sous les prénoms Marcel, Serge. Au Vietnam, pays de ma naissance et de mon enfance, on m’interpellait sous le vocable « Serc » pour se rapprocher du 2ème prénom. En effet le son « j » n’existe pas en vietnamien et la langue vietnamienne étant monosyllabique, la prononciation du 1er prénom aurait été délicate pour ma famille vietnamienne.

"En outre, dans la culture vietnamienne, même les parents évitent d’appeler leurs enfants avec le prénom qu’ils leur ont donné, de peur d’attirer sur eux les mauvais esprits et préfèrent les affubler de sobriquets les plus vilains possible. Héritage du passé où la population trouvait des subterfuges face à la mortalité infantile élevée."

Pourquoi n’ai-je pas de prénom vietnamien ? Je n’ai pas encore trouvé la réponse et je regrette de ne pas avoir posé la question à mes parents de leur vivant... La seule chose attestée est que mon arrière grand-père Émile né à Strasbourg en 1856 était mécanicien dans la compagnie des Messageries Maritimes qui desservait l’Extrême-Orient et la Nouvelle-Calédonie.

Il y a un demi-siècle j’ai quitté mon pays natal pour découvrir mon pays de culture, celui de l’arrière grand-père Émile. Depuis, voyager pour moi ne peut pas se réduire à admirer des paysages aussi grandioses soient-ils. Paysages certes, mais surtout rencontres et échanges avec l’Autre, son histoire et sa culture. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de repartir en voyage au Vietnam ? Était-ce pour repartir sur les traces de votre enfance?

« Je suis déjà retourné quatre fois au Vietnam. Mais l’année 2025 porte un sens particulier pour moi, c’était ma dernière complète au Vietnam avant mon départ pour un autre monde. En quelque sorte je me dois d’y retourner pour fêter le cinquantenaire de cette rupture.

Située au carrefour des 3 pays de l’Union Indochinoise (Vietnam, Cambodge, Laos), la région des 3 frontières est peuplée depuis les temps reculés par plusieurs populations minoritaires avec une langue spécifique et une culture extrêmement riche. Depuis plusieurs années avec mon épouse nous contribuons, dans le cadre de l’association humanitaire « Enfants du Mékong », au financement des écoles au profit des jeunes enfants issus des minorités ethniques de la région du Centre du Vietnam. Ce sera l’occasion de les voir au quotidien. »

Quel était votre état d’esprit avant de revenir sur les terres de votre enfance ?

« Le départ est prévu juste après les fêtes du Nouvel An. Une fois l’effervescence festive retombée, nous pouvons enfin nous concentrer sur le voyage attendu. Notre dernier séjour au Vietnam remonte déjà à 11 ans et nous nous attendons à un grand changement dans le paysage urbain de Saïgon à notre arrivée.

Pour mémoire nous continuons à l’appeler Saïgon car tous les habitants de Hô Chi Minh Ville connaissent toujours ce nom, qui figure par ailleurs sur mon acte de naissance. Pas d’impatience ni d’émotion particulière, nous nous apprêtons à ouvrir l’esprit sur une page blanche pour accueillir avec plénitude de nouvelles sensations qui ne manqueront pas de surgir, surtout dans la région des Hauts Plateaux encore inconnue à nos yeux.

Quelques mois avant le départ nous avons pris contact avec la personne responsable des classes du Gia Lai, Madame Trang. Nous avons convenu de nous rencontrer sur place et d’assister à des cours scolaires in vivo. Comment vont se passer les échanges avec les enfants des minorités ethniques? Nul ne sait.

En ce qui concerne Saïgon, le clou du séjour sera une visite de mon ancien lycée Marie Curie que j’ai quitté en classe de première il y a 50 ans. Une amie française qui l’a fréquenté la même année en 1974-1975 s’est vue refuser l’entrée il y a peu. Un doute plane sur la faisabilité de ce retour aux sources... scolaires. »

Quel a été votre itinéraire au Vietnam ? Sur combien de jours ?

L’itinéraire a été planifié comme suit :

  • Jour 1 : arrivée à Saïgon et transfert à Kontum sur les Hauts Plateaux
  • Jour 2 à 10 : du Nord au Sud visite des trois provinces de Kon Tum, Gia Lai, Dak Lak
  • Jour 10 à 15 : transfert et séjour au bord de la plage à Doc Let, au Nord de Nha Trang
  • Jour 15 à 20 : transfert et séjour à Ho Chi Minh Ville

L’itinéraire que vous avez suivi dans le centre du pays a-t-il été pensé en fonction d’envies spécifiques ? Lesquelles ?

« La région des Hauts Plateaux du Centre Vietnam a été pendant la Guerre d’Indochine (1946-1954) et la Guerre du Vietnam (1965-1975) un endroit hautement sensible sur le plan stratégique. À cause des opérations militaires permanentes, nous n’avons jamais eu l’occasion de la visiter pendant notre enfance marquée par les conflits.

Il faut dire que les Hauts Plateaux du Centre Vietnam sont autorisés à s’ouvrir au tourisme international seulement depuis peu, en tout cas bien plus tard que les sentiers battus du Delta du Tonkin au Nord, du Delta du Mékong au Sud et du cordon littoral les reliant.

Le Vietnam est peuplé par 54 ethnies différentes dont l’ethnie majoritaire à 95 %, les Kinh, vit en plaine, dans les grandes villes et les zones du littoral. Longtemps les peuples des montagnes, appelés « ceux d’en haut » (en vietnamien Thượng) sont déconsidérés et le développement économique de leur habitat passe en seconde priorité.

Mais ce désintérêt officiel, sûrement temporaire, vis-à -vis des Hauts Plateaux ne nous effraie pas et ne nous rebute pas. Au contraire, nous aurons plus de chance de trouver de l’authenticité et de la spontanéité. Cette rencontre avec une autre culture promet d’être excitante. Nous avons réclamé un guide natif du pays de « ceux d’en haut »… »

Quels sont les trois moments les plus forts de votre voyage au Vietnam ? Pourquoi ?

Certains voyages se racontent en kilomètres. D’autres se mesurent en émotions. Pour Marcel, ce séjour au Vietnam restera gravé à travers trois expériences :

1. Rencontre avec les enfants de l’ethnie Gia Rai

« Madame Trang nous invite à entrer dans le préau de l’école maternelle composée de 3 salles et d’une cuisine. L’école accueille des enfants des ethnies Gia Rai et Bahnar, minoritaires au Vietnam mais majoritaires sur ces provinces des Hauts Plateaux.

Après nous être déchaussés nous pénétrons dans la salle de classe dont les murs sont tapissés de matériels pédagogiques et des œuvres dessinées et colorées par les enfants. Une jeune maîtresse en uniforme fait signe aux enfants de se rassembler pour nous souhaiter la bienvenue. Ensuite sous sa conduite ce chœur improvisé à notre intention entonne à tue-tête plusieurs chansons. Même accueil chaleureux dans la classe voisine tenue par une autre maîtresse elle-aussi issue de l’ethnie Gia Rai.

Les enfants Gia Rai ou Bahnar depuis leur naissance parlent et comprennent seulement la langue de leurs parents. Dans ces classes maternelles spéciales tenues par l’initiative privée, ils débutent l’apprentissage du vietnamien qu’ils vont devoir maîtriser avant leur entrée dans le système scolaire public.

Nous entrons dans la dernière salle qui doit être un dortoir vu l’écriteau accroché au-dessus de la porte. Les rideaux sont effectivement tirés mais un groupe d’une trentaine d’enfants autour de 3 ans y est pris en charge dans une salle sombre et triste. Au fond une porte discrète mène dans l’arrière- cour. La maîtresse nous explique qu’elle s’occupe d’une classe clandestine car les autorités imposent un effectif limité à l’école, qui s’avère du reste insuffisant pour les besoins de la population indigène. Lors d’une inspection impromptue, la petite porte par où doivent s’échapper les enfants devient une planche de salut pour toute l’école. »

   

2. Entretien avec l’éléphant Nou Touk

Marcel et l'éléphant Nou Touk au Vietnam

« Lorsque nous voyons Nou Touk pour la première fois au bord de la rivière, son attitude mesurée nous rassure tout de suite. Avant notre séjour nous avons lu la nouvelle comme quoi une jeune touriste espagnole s’est faite écraser par un éléphant thaï en révolte ! Rien de tel avec Nou Touk. Elle obéit au doigt et à l’œil, plutôt aux cris brefs de son jeune cornac issu de l’ethnie Ê-Dê. Ils s’échangent avec un langage sonore bien à eux.

Notre tâche est d’offrir des régimes de banane à Nou Touk et de lui donner le bain dans le lit de la rivière. Nous nous amusons à cacher les fruits dans le dos mais Nou Touk avec perspicacité et intelligence réussit à les trouver, nous enlaçant de sa trompe agile. Enfin sur un ordre du cornac Nou Touk s’agenouille et se couche dans la rivière pour recevoir sa douche rafraîchissante de nos mains.

L’apéritif épuisé, Nou Touk doit regagner sa forêt pour compléter son régime quotidien. Au moment de se dire au revoir, j’agite la main et Nou Touk me regardant brièvement avance le bout rose de sa trompe. Ensuite elle s’enfonce paisiblement dans la forêt traînant au sol sa chaîne de retenue. »

3. Retour au lycée de ma jeunesse

« Une déflagration soudaine fait vibrer les murs et nous extirpe de notre concentration. Les professeurs surveillants se précipitent dans la cour pour en jauger les effets, mais rassurés ils nous exhortent à continuer notre épreuve anticipée de français du baccalauréat. Cinquante ans après, je marche seul dans la cour déserte et tranquille. Les arbres maintenant centenaires sont toujours là présents, juste imposants avec une frondaison plus exubérante.

" Je m’allonge sur le sol en y faisant corps complètement. Le ciel légèrement laiteux en cette fin d’après-midi est si paisible maintenant. Je ferme les yeux en essayant de ressentir les vibrations du passé incrustées dans les murs et la cour du lycée Marie Curie de Saïgon (qui a conservé son nom originel)."

J’entends la sonnerie stridente qui annonce les interclasses, les plaisanteries entre potaches, les rires et les blagues des camarades. Je revis les angoisses pendant les devoirs surveillés et les joies et déceptions à l’annonce des notes. Je revois tel professeur à l’habillement excentrique ou un tel à la dégaine inoubliable. Surtout je revois le petit garçon de 10 ans qui attend timidement dans le rang avec ses camarades un signe de son professeur de français pour entrer dans la salle de classe. »

   

Si vous deviez conseiller une seule expérience “incontournable” dans le sud du Vietnam, laquelle serait-ce ?

« Proposer un ou plusieurs incontournables serait un exercice difficile voire impossible. Comment pouvoir sacrifier tant d’expériences au profit d’une seule ? Alors je tente de botter en touche par cette recommandation à tout voyageur : soyez curieux de tout !

Ceci étant dit, je recommanderais une visite au cœur de la trépidante métropole saïgonnaise du séminaire Saint-Joseph et du couvent voisin des sœurs de Saint-Paul. Ce sont à Saïgon les premières installations civiles ouvertes (en 1861) après la conquête militaire à la scolarisation des orphelins vietnamiens. Au milieu de la frénésie générale, vous y découvrirez un havre de paix salutaire. »

Quelle expérience vous a semblé la plus authentique ou la plus éloignée des sentiers battus ?

« Ce n’est pas à vrai dire un sentier battu, sur la terre ferme et sèche. Nous sommes sur une embarcation pneumatique à moteur en train de descendre le fleuve Serepok dans la province de Dak Lak. Quelque fois placide sur des portions assez étendues, très souvent agité par des remous et des courants filant à travers des rochers affleurants, le fleuve saute de cascade en cascade. A mi-traversée , nos pilotes nous font descendre pied à terre sur la berge. Une femme et sa fille de l’ethnie Ê-Dê arrivent pour nous servir du thé chaud et des patates douces bouillies. Alors tous ensemble nous savourons ce petit en-cas bienvenu. »

   

Quelle a été votre rencontre la plus marquante avec un habitant, un artisan, un guide… ?

« La silhouette du pêcheur accroupi dans sa pirogue se détache en ombre chinoise sur le plan d’eau du lac qui commence à se colorer au fur et à mesure que les premiers rayons du soleil émergent à l’horizon. Loin sur la berge, nous regardons l’embarcation glisser avec délicatesse sur l’eau, alors que le lac et sa faune se réveillent doucement et que le ciel s’embrase lentement. Notre pêcheur doit guetter ce moment propice pour faire sa prise. »

« La lumière reste blafarde alors que nous prenons place à bord de la pirogue. Au loin, le ciel se confond avec la couche de brume qui recouvre le lac. Notre pêcheur se mue en piroguier. Coiffé d’un chapeau de paille à bords larges et habillé avec une veste militaire non boutonnée, l’homme est élancé et solide sur ses jambes. Il manœuvre maintenant debout sur le plateau arrière avec l’aide d’une seule perche. Sans doute habitué au silence pendant ses sorties de pêche il parle peu, nous confiant cependant que les poissons se raréfient. Sitôt sa mission terminée, l’homme du lac redevient pêcheur et retourne à ses poissons. »

   

Y a-t-il une odeur, un plat, un son, ou un geste qui vous a replongé dans vos souvenirs d’enfance ?

« A Saïgon pendant une bonne partie du XXe siècle et peut-être loin dans le temps encore, une économie de subsistance permettait aux petites gens de boucler les deux bouts, celle des marchandes ambulantes.

Elles avaient tous les âges, de la vingtaine à la soixantaine. L’épaule écrasée par une palanche à laquelle étaient accrochées deux volumineuses corbeilles de marchandises et ployant sous le poids du fardeau, ces vaillantes femmes parcouraient les ruelles populeuses de Saïgon, par tous les temps, pour tenter de vendre leur préparation culinaire. Chacune avait élaboré une mélodie personnelle pour alerter les clients potentiels de leur approche. Avec son crescendo joyeux ou son ritardando langoureux, le cri des marchandes à la palanche avait alors le don de réveiller les appétits ; moi aussi, je savais percevoir de loin mes cris préférés.

Elles sont devenues rares les marchandes ambulantes de Saïgon. Celles que je croise ne profèrent plus aucun son. Il arrive aussi que des hommes leur emboîtent le pas, mais à bicyclette équipée d’un enregistreur digital et d’un haut-parleur qui crache avec une régularité métronomique une annonce sans âme... »

   

Pourquoi avoir choisi de voyager avec une agence locale comme Terra Indochina ? Qu’est-ce qui vous a le plus rassuré ou aidé ?

« Nous avons composé les grandes lignes du programme. Charge à l’agence locale de les décliner dans les détails. Aussi nous lui faisons confiance pour trouver les logements adaptés dans la région des Hauts Plateaux, où l’offre est moins abondante que dans le Nord Vietnam, et le guide que nous souhaitons natif de la région. Un véhicule et un chauffeur dédiés sont utiles pour profiter au maximum du temps de séjour disponible. »

Comment s’est déroulée la préparation du voyage avec l’équipe Terra Indochina ?

« J’ai préparé en amont une liste de besoins exposant nos souhaits en termes d’itinéraire, de sites à visiter, d’activités et de logement. Nous avons sollicité plusieurs agences locales avec cette spécification. L’ébauche faite par Mlle Thuy nous a semblé la plus appropriée. Ensuite plusieurs itérations ont permis d’aboutir à une version finale satisfaisante. A chaque fois Mlle Thuy est demeurée à l’écoute de nos arguments pour apporter le cas échéant des ajustements utiles. Pendant le séjour nous sommes restés en contact avec l’échange des premières expériences et photos. En définitive, le voyage a été une réussite complète sans aléa. »

Avez-vous eu l’impression que ce voyage sur mesure vous a permis d’accéder à des expériences que vous n’auriez pas pu vivre en voyage en autonomie ? Si oui, lesquelles ?

« Aujourd’hui il est toujours possible pour un voyageur baroudeur de parcourir le Vietnam librement en toute autonomie. Mais certaines régions récemment ouvertes au tourisme sont encore pauvrement dotées d’infrastructures hôtelières. En outre, les Hauts Plateaux dans la région des 3 frontières demeurent sous contrôle. Nous avons commencé le séjour par la visite du Parc National de Chu Mom Ray sous la supervision d’un membre de l’équipe des Rangers du Parc. Il faut connaître le terrain pour y accéder. »

« Certains sites aussi apparemment faciles d’accès ne le sont que sous certaines conditions météorologiques. Il faut savoir guetter les conditions propices. Ainsi le lac Lak au sud de Buon Ma Thuot au lever du jour est plan comme une feuille de papier. Sur suggestion de notre guide natif, même avant de prendre le petit déjeuner, nous en avons profité pour y faire une navigation sur pirogue. Deux heures plus tard, le vent se lève provoquant des vagues rapprochées, rendant la navigation périlleuse... »

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui rêve de découvrir le Vietnam pour la première fois ?

« Laisser de côté ses idées et son système de valeur préconçus, ouvrir grand ses sens pour être prêt à accueillir, apprendre à se poser de temps en temps et rêver. Le paysage grandiose et sauvage c’est bien, découvrir la culture de ses populations, si possible par échange direct, doit être la finalité du voyage. »

Y a-t-il une chose essentielle à emporter, à prévoir… ou à savoir avant de partir au Vietnam ?

« Apprendre quelques formules de politesse qui apporte une touche d’humanité dans toute transaction commerciale ou non : »

Relation Interlocuteur Homme Interlocuteur Femme
Plus jeune Xin Chào Anh / Cám Ơn Anh Xin Chào Chị / Cám Ơn Chị
Plus âgé Xin Chào Ông / Cám Ơn Ông Xin Chào Bà / Cám Ơn Bà

Qu’avez-vous appris de vous-même ou de vos racines en réalisant ce voyage ? A-t-il changé quelque chose dans votre regard sur le Vietnam ?

« Le pays ne cesse de se moderniser depuis la fin de la guerre il y a 50 ans et surtout la politique du changement Đổi Mới d’il y a 40 ans. De façon sans doute effrénée mais on ne peut arrêter la marche du temps et d’une nation, alors que notre histoire est déjà loin derrière. Raison supplémentaire pour tenter de saisir au plus vite ce qui mérite d’être sauvegardé... en mémoire. »

Que souhaiteriez-vous que les voyageurs comprennent du Vietnam en lisant votre histoire ?

« Le Vietnam est un pays très diversifié. Le Sud du pays pour des raisons diverses est très souvent mésestimé par les plateformes et les guides touristiques. Pourtant il comporte des atouts majeurs : plages, plaines, montagnes, rivières, rizicultures et... leurs ethnies!

En outre, cette terre renferme de nombreux vestiges laissés par des civilisations différentes qui s’y sont succédé : les Cham, les Khmer, les Chinois immigrés, les Vietnamiens et... les Français ! »

Envisagez-vous de repartir dans d’autres régions du pays ?

« Très certainement nous reviendrons car nos racines sont ici et le pays est si varié à tous points de vue. »

Propos recueillis par Florine Dergelet auprès de Serge B. Les photos appartiennent à Serge B. et ne sont pas libres de droit.


Le récit de Marcel : un voyage entre mémoire et transmission

Ce voyage au Vietnam n’a pas refermé une parenthèse. Il a plutôt ravivé des liens, réveillé des souvenirs, et rappelé l’essentiel : voyager, c’est avant tout prendre le temps de regarder, d’écouter et de comprendre ce qui nous entoure.

À travers le regard de Marcel, le centre et le sud du Vietnam apparaissent dans toute leur complexité : moderne et ancestral, fragile et résilient, bruyant et profondément silencieux. Des Hauts Plateaux du Centre, encore préservés, aux rues trépidantes de Saïgon, ce sont surtout les rencontres - enfants, enseignants, guides, pêcheurs - qui donnent corps au voyage.

Son récit nous invite à dépasser les images toutes faites, à explorer un Vietnam pluriel, riche de ses ethnies, de son histoire et de ses mémoires entremêlées. Un Vietnam qui ne se traverse pas, mais qui se rencontre.

Et si ce témoignage nous apprend une chose, c’est que le voyage prend toute sa dimension lorsqu’il est pensé avec justesse, respect et ouverture. À la manière d’un dialogue entre le voyageur et le territoire.

À votre tour d’écrire votre voyage au Vietnam...

Notre agence locale Terra Indochina, partenaire du collectif Nomadays, conçoit des voyages au Vietnam sur mesure et entièrement personnalisables. Les itinéraires sont tous conçus pour être au plus près des territoires et de leurs habitants, en privilégiant les rencontres, le rythme juste et l’authenticité.

Florine Dergelet