Entre gratte-ciel futuriste, ruelles coloniales et mangroves préservées, Panama City surprend à chaque coin de rue. Capitale dynamique et porte d’entrée du pays, elle incarne le point de rencontre entre l’Atlantique et le Pacifique, le passé et la modernité, les cultures d’Amérique et les influences venues du monde entier. Voyager ici, c’est plonger dans une ville vibrante, tournée vers l’avenir, tout en restant profondément attaché à son histoire.
Fondée le 15 août 1519 par Pedro Arias Dávila, Panama City devient vite un maillon clé du commerce transocéanique : les richesses du Pérou y transitent vers l’Espagne, faisant de la ville le premier comptoir européen sur la côte pacifique américaine. Des marchands génois contrôlent un temps le port, notamment pour la traite esclavagiste.
Cette prospérité attire pirates et rivalités : en 1671, le corsaire Henry Morgan pille et incendie la ville, aujourd’hui connue sous le nom de Panamá Viejo. Deux ans plus tard, elle renaît sur une presqu’île fortifiée, donnant naissance au Casco Viejo, désormais classé à l’UNESCO.
Après un ralentissement dû aux décisions coloniales espagnoles et aux bouleversements politiques de la Nouvelle-Grenade, la cité retrouve un rôle stratégique avec le chemin de fer transisthmique (1855) : entre 1848 et 1869, plus de 500 000 voyageurs traversent l’isthme.
L’échec français du canal de Panama (dès 1880, environ 22 000 morts) ouvre la voie aux États-Unis après l’indépendance de 1903. Le traité Hay-Bunau-Varilla leur accorde une zone de 10 miles, 10 millions de dollars et une annuité. Les campagnes sanitaires de William Gorgas repoussent la fièvre jaune et la malaria. Le canal de Panama, inauguré en 1914, transforme ainsi Panama City en carrefour mondial.
Au XXe siècle, bases américaines et commerce stimulent l’économie, mais les tensions culminent lors du 9 janvier 1964 (Martyrs’Day). Dans les années 1970-1980, Panama City devient un centre bancaire international, parfois associé au blanchiment. En 1989, l’invasion américaine renverse Manuel Noriega et ravage en partie El Chorrillo. Les traités Torrijos-Carter conduisent au transfert du canal en 1999, marquant une étape majeure de souveraineté.
Depuis, la ville s’est reconstruite : l’expansion du canal, la finance et la logistique dopent la croissance. Entre héritage colonial et skyline moderne, Panama City incarne de nos jours une métropole ouverte, stratégiquement située entre deux océans.
Ville cosmopolite et vitrine du pays, Panama City impressionne avec ses gratte-ciel, ses centres commerciaux flambant neufs et ses grandes promenades en bord de mer. Capitale politique, économique et administrative, son aire métropolitaine dépasse 2 millions d’habitants. Elle fait partie des villes les plus riches et développées d’Amérique centrale même si elle doit encore composer avec la croissance démographique, le chômage (8,8 % en 2022) et une pauvreté estimée à 26 %.
Grâce à sa position stratégique et au canal de Panama, la capitale s’est imposée comme un pôle bancaire et logistique majeur. Près de 55 % du PIB national y est généré, porté par la finance, les ports (dont Balboa) et la logistique. L’adoption du dollar américain en 1941 a renforcé la stabilité, attirant investissements et multinationales. Les droits de passage du canal ont déclenché un boom immobilier, amplifié par son agrandissement approuvé en 2006 et inauguré en 2016, dans un secteur bancaire aujourd’hui plus contrôlé.
Le tourisme a explosé : de 1 400 chambres en 1997 à plus de 15 000 en 2013, avec l’arrivée de grandes chaînes et de boutique-hôtels (même si l’abondance de l’offre a ensuite fait baisser les taux d’occupation). Le castillan reste la langue principale, mais l’anglais est largement utilisé dans les affaires et le tourisme.
Actuellement, Panama City reflète un mélange culturel unique : populations d’origines espagnole, africaine, amérindienne et chinoise (très présente au Barrio Chino), auxquelles s’ajoutent des migrants libanais et moyen-orientaux et une grande diversité religieuse.
Visiter Panama Viejo, c’est parcourir les vestiges de la première ville fondée par les Espagnols sur la côte pacifique américaine. Les ruines racontent les grandes heures du commerce transocéanique et le pillage orchestré par Henry Morgan. Le site se découvre facilement à pied, ou à bord d’un petit train électrique qui serpente à travers le parc, offrant une immersion paisible dans l’histoire.
Le Casco Viejo est un véritable musée à ciel ouvert. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce quartier colonial concentre l’essentiel du charme de Panama City :
Le soir venu, le Casco Viejo se transforme : les terrasses s’illuminent, les musiques s’élèvent et l’atmosphère bohème attire les voyageurs et les locaux.
La Cinta Costera est l’une des promenades les plus spectaculaires de la capitale. Vous y marchez face à l’océan pendant que, de l’autre côté, s’élèvent les gratte-ciel modernes. Les joggeurs, familles et cyclistes profitent de ce vaste parc linéaire, ponctué d’aires de jeux, de jardins et de points de vue parfaits pour capturer la skyline.
Au marché aux poissons, les étals débordent de dorades, crevettes et fruits de mer fraîchement débarqués. C’est ici que l’on déguste l’un des meilleurs ceviches du pays, dans une ambiance animée où se mêlent odeurs iodées, discussions passionnées et cliquetis de couteaux.
Les écluses de Miraflores offrent une expérience fascinante. Depuis les terrasses d’observation, vous pouvez voir les navires géants franchir les bassins, guidés au centimètre près. À l’intérieur, un musée moderne et un film immersif expliquent l’ingénierie et l’histoire du canal. Pour observer les nouvelles écluses géantes, la visite d’Agua Clara côté Atlantique complète parfaitement l’expérience.
Même au cœur de son effervescence urbaine, Panama City offre de superbes échappées vertes. Ces parcs et réserves rappellent que la nature fait partie intégrante du quotidien des habitants, et qu’il suffit parfois de quelques minutes pour changer totalement d’ambiance :
La Causeway d’Amador relie 4 îlots à la côte grâce aux déblais extraits lors du creusement du canal de Panama. La balade offre l’une des plus belles vues panoramiques sur Panama City. Vous y trouverez :
Pour mieux comprendre l’âme de Panama City, rien ne vaut une visite de ses musées et lieux emblématiques :
Panama City est reconnue comme Ville créative UNESCO en gastronomie. Sa cuisine reflète son métissage culturel :
Des restaurants élégants aux petits marchés populaires, chaque table raconte un bout d’histoire panaméenne.
Panama City est la principale porte d’entrée du pays et la ville la mieux connectée. La plupart des voyageurs arrivent à l’aéroport Tocumen, situé à environ 30-40 minutes du centre-ville. Marcos A. Gelabert (Albrook) dessert les vols intérieurs vers David, Bocas del Toro et d’autres destinations. L’ancien aéroport militaire Panamá Pacífico complète l’offre aérienne.
Vous pouvez aussi rejoindre la capitale par bus via la Gran Terminal d’Albrook, qui dessert toutes les provinces ainsi que des lignes internationales (comme San José). Le train Panama-Colón, principalement utilisé pour le fret, a repris un service panoramique pour certaines excursions (gare de Corozal).
Côté mer, les croisières font escale à Fierte Amador, et des ferries partent vers les îles Perles. Comptez 90 à 120 minutes (Il n’existe pas de ferry public traversant tout le canal, mais des traversées privées peuvent s’organiser).
Se déplacer à Panama City est plutôt simple grâce au métro (depuis 2014). Les lignes 1 et 2 relient les quartiers principaux (dont 5 de Mayo, Iglesia del Carmen et Via Argentina). Les MetroBus climatisés complètent le réseau, tandis que quelques Diablos Rojos circulent encore. Une carte rechargeable est nécessaire et les arrêts peuvent être mal indiqués.
Les taxis jaunes fonctionnent par zones. Ils peuvent aussi embarquer d’autres passagers et il faut souvent négocier. Les applications Uber, inDrive et Didi sont très utilisées, fiables et souvent moins chères.
Avec les embouteillages, le métro ou la marche sont souvent plus efficaces que la voiture, même si la location reste possible.
Enfin, afin d’optimiser un séjour court, le bus touristique à arrêts multiples est pratique, et de nombreuses excursions incluent déjà le transport (Canal, communautés Emberá et Guna, île Taboga, sorties nature).