Le Shogunat

Au Japon, les empereurs proviennent de la même famille depuis plus de 2 500 ans, c’est la tradition. Pour autant, au cours du précédent millénaire, il est arrivé que les souverains soient épisodiquement remplacés par des dirigeants de la classe militaire. C’est ainsi que s’est créé le « shogunat ».

Histoire

A l’époque Heian (734-1185), le shogun désignait un général chargé de diriger la conquête et la pacification de la région du Tohoku face aux autochtones Emishi. En ces temps, on utilisait l’appellation « Seii taishôgun », traduit par « grand général pacificateur des barbares ». Sakanoue Tamuramaro se distinguait comme le plus important d’entre eux, également connu comme celui qui a fondé le temple Kiyomizu-dera à Kyoto. Quand la conquête du Tohoku fut achevée, le titre tomba en désuétude. Ce n’est que lorsque les samouraïs devinrent la force dominante du pays, aux XIe et XIIe siècles, que les shoguns émergèrent de nouveau.

Découvrir les trois shogunats du Japon

Trois shogunats se sont succédé au Japon au cours de son histoire.

Le shogunat de Kamakura

Le shogunat de Kamakura dura de 1192 à 1333. En 1185, le shogun Minamoto no Yoritomo (1147-1199) fit émerger le village de Kamakura en tant que capitale politique et militaire du Japon. Sorti victorieux de la guerre civile entre le clan Taira et le clan Minamoto, le général fonda le premier gouvernement militaire du pays, favorisant la montée en puissance des samouraïs. C’est le début du shogunat de Kamakura et de la longue histoire féodale du Japon. A cette même époque, le moine Eisai introduit le bouddhisme zen de la secte Rinzai sur le territoire nippon.

Kamakura aujourd’hui s’est métamorphosée en une station balnéaire très prisée par les tokyoïtes. Les vestiges scellent néanmoins le lien impérissable entre la ville et son passé glorieux. Kamakura compte en tout 65 temples bouddhiques, dont la plus grande concentration se situe au nord de la ville. Parmi les monuments les plus respectés, vous avez les cinq grands temples zen gozan : le Kenchô-ji fondée en 1253, l’Engaku-ji, le Jôchi-ji, le Jufuku-ji et le Jômyô-ji. Ne manquez pas non plus le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu, qui symbolise la puissance des Minamoto.

Le shogunat des Ashikaga

De 1336 à 1573, le shogunat des Ashikaga fondé par Ashikaga Takauji établit son siège dans le quartier de Muromachi à Kyoto. Celui-ci, en raison de la proximité de son shogun avec la cour impériale, manifestait une certaine faiblesse par rapport aux autres royaumes, autonomes, dirigés par les daimyos (les seigneurs provinciaux).

Kyoto de nos jours émerveille aussi bien par son cadre pittoresque, sa cuisine et sa culture préservée. Estimée comme le parfait exemple de la ville traditionnelle japonaise, la cité aux mille temples voit défiler une horde de touristes tous les jours. Ses attractions font partie des grands trésors de la culture japonaise, pour ne citer que le quartier des geishas de Gion, le temple Kiyomizu-dera, le sanctuaire Fushimi Inari Taisha, les temples Kinkaku-ji et Ginkaku-ji ainsi que le fameux Chemin de la Philosophie. Pour découvrir la vie quotidienne des anciens japonais, passez un séjour dans une des nombreuses machiyas de la ville.

Le shogunat Tokugawa

Ieyasu Tokugawa fonda le shogunat Tokugawa en 1603. Le dernier roi des unificateurs du Japon dirigea d’une main de fer l’ensemble de l’empire depuis Edo (future Tokyo). Son royaume régna pendant deux siècles et demi, jusqu’en 1868 à l’arrivée des Occidentaux. Edo était la capitale shogunale et politique mais Kyoto demeura la capitale impériale.

La Tokyo contemporaine rayonne comme une mégalopole avant-gardiste. Imposante par sa haute technologie, elle l’est aussi par sa vaste superficie constituée d’un ensemble de quartiers hétéroclites. Modernité et traditions coexistent en son sein : les buildings modernes, les immeubles pavés de néons, les parcs d’attractions et autres centres de divertissement s’alignent auprès des monuments anciens comprenant des temples majeurs, des ryokans et des jardins japonais. En tant que capitale, Tokyo concentre l’essentiel des institutions du pays comme la résidence impériale, le Parlement et les ministères ainsi que toutes les ambassades.

Comment s’y rendre ?

Kamakura

La ligne JR Yokosuka relie Tokyo à Kamakura, le trajet dure un peu moins d’une heure. En descendant de la gare, vous pourrez rejoindre facilement à pied de nombreux sites touristiques. Pour les attractions éloignées, référez-vous aux services de chemin de fer et de monorail locaux.

Kyoto

Les trains à grande vitesse vous aideront à atteindre Kyoto depuis les villes principales. Si vous voyagez en avion, vous avez le choix entre atterrir à l’aéroport de Kansai ou d’Itami, tous deux situés dans la préfecture d’Osaka.

Tokyo

Tokyo dispose d’un large réseau de transport aérien qui lui assure une connexion permanente avec les grandes villes du monde. Les aéroports internationaux Haneda et Narita reçoivent chaque jour plusieurs vols en correspondance avec l’Europe. Pour parvenir dans le centre-ville, plusieurs modes de transport s’offrent à vous : bus, limousine, train, monorail depuis Haneda, etc.

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