Jardin Fin

Le jardin de Fin est localisé dans la partie méridionale de Kashan, à côté d’un bourg pittoresque qui lui a donné son nom. The place to be pour une escapade à deux ou en famille.

Introduction

Le temps d’un voyage de plaisance à Kashan, au sud-ouest de l’Iran, ne manquez pas de visiter le jardin des Fin. Planté de vieux cyprès et de pinèdes, il compte parmi les plus remarquables jardins persans du pays. Les enfants s’amureront à dénombrer les espèces forestières du parc, avant de s’introduire dans le musée national de Kashan, situé à l’aile ouest, où les attend une riche collection calligraphique héritée de l’époque Kadjar. Les adultes, eux, auront une mesure du train de vie luxueux que menaient les shahs de Perse d’antan, en ne manquant pas de photographier les murs et les tours circulaires protégeant l’accès du jardin. Un site de toute beauté, à quelques kilomètres de Kashan, où l’histoire, l’architecture et la botanique réservent des merveilles. 

Pour la petite histoire…

La fondation du jardin de Fin (Bagh-e Fin) remonte à la première décennie du xvie siècle, lorsque la dynastie des Safavides est montée au pouvoir. Les shahs de cette lignée exprimèrent le désir de s’implanter dans le village de Fin. Tout près coule la source de Soleymanieh, ce qui favorise l’adduction d’eau, l’agriculture et un aménagement confortable, à l’abri des rigueurs du désert. Une première ébauche du parc fut élaborée en 1504 sur l’ordre de Shah Ismail Ier, l’ancêtre des Safavides, qui fut reçu en grande pompe dans le village. Par la suite, Abba Ier le Grand le fit redessiner, donnant au jardin sa forme actuelle. Le parc à lui seul occupe un périmètre de 2 300 m2.

Les souverains successifs ont pris soin de restaurer et d’agrandir les dépendances du jardin, chacun ajoutant une pierre à l’édifice. Shah Safi Ier, Shah Soleyman Ier y ont séjourné plusieurs fois, de même que Kharim Khan Zand et Fath Ali Shah, qui retapa les murs du pavillon central. Pour information, les shahs de l’empire perse ont de nombreuses propriétés un peu partout en Iran, mais il semble que le domaine de Fin fut l’une de leurs résidences privilégiées.

L’histoire du site est liée au souvenir du chancelier Amir Kabir qui y trouva la mort à cause d’un complot politique. Si les ambitieuses réformes opérées par le chancelier profitèrent à la foule, elles ne furent pas du goût de la famille royale, qui se vit privée de ses privilèges. Lorsque l’empereur Nasseredin Shah fut sous l’emprise de l’alcool, la reine mère en profita pour lui demander la tête du vizir. Celui-ci fut exécuté dans le hammam du jardin le 10 janvier 1852.

Aujourd’hui

Le site a reçu ses titres de noblesse depuis 2011, qui vit son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Plusieurs raisons peuvent être avancées à cette distinction : le jardin de Fin représente, tout comme celui de Dowla Tabad dans la cité de Yazd, l’archétype des jardins à la perse traditionnels. D’une part, il est contigu à un important domaine de la famille royale, comprenant un vestibule, un pavillon central « Shotor Galu », un pavillon à coupole « Fath Ali Shah », une bibliothèque et des lieux de baignade. Dans un pays au climat désertique où la végétation est rare, la profusion d’arbres fruitiers, entourés de bassins et de fontaines, symbolise l’image du paradis céleste. D’autre part, les bâtiments en pierres séchées, sans aucun liant, les motifs géométriques en stuc et le pavement du sol en marbre ou en carreaux de céramiques sont des éléments typiques de l’architecture perse, conférant au site une valeur culturelle exceptionnelle. Les touristes affluent de tous les coins du pays et même de l’Asie pour rendre hommage au jardin de Fin. À titre indicatif, la fréquentation du site se chiffrait à 924 837 visiteurs en 2008.

À voir et à découvrir sur place

Le jardin proprement dit

Les amoureux d’espaces verts flâneront à volonté dans le jardin royal. L’endroit est parsemé de cyprès géants, de pins et de grenadiers. Enserrée de tours et de remparts, l’enceinte fortifiée du jardin soutient la comparaison avec les châteaux moyenâgeux de l’Europe occidentale. En sillonnant les cours d’eau, les bassins et les fontaines du parc, on ne peut s’empêcher d’admirer l’habileté du système d’irrigation.

Tant que vous y êtes, ne manquez pas le salon de thé au centre du jardin, où il fait bon se rafraîchir. La glace à l’eau de rose de la maison est absolument délicieuse.

Le vestibule

Le portail d’entrée principal se trouve au nord-ouest. Vous serez ravis par les jolis motifs sculpturaux qui ornent le plafond du hashti (la salle d’entrée), les pièces latérales et les arcades du vestibule donnant sur le jardin. Le décor de la vaste pièce qui occupe le premier étage est pareillement spectaculaire. Deux ouvertures plus petites ont été percées à gauche et à droite de la porte principale, pour laisser passage aux animaux de compagnie.

Le pavillon central

Appelé localement pavillon **Shah Abasi Shotor Galu, **le pavillon central à deux étages est l’attraction numéro un du jardin. Les murs en terre crue sont revêtus d’un carrelage en céramique. Le dallage en marbre pur, la piscine centrale alimentée par des qanâts, les fresques murales commandées par Fath Ali Kadjar en 2011 représentant  le roi en compagnie de ses courtisans, sans compter les salles de bain à l’est du pavillon… Le pavillon reconstitue fidèlement la vie quotidienne des shahs au temps des Séfévides, des Zand et des Kadjars !

Les bains royaux

Le bain est une règle incontournable de la vie quotidienne pour les Iraniens. Pour contrer la chaleur, les shahs de Perse ont l’habitude de se baigner. Des bassins plus petits sont destinés à l’usage des domestiques.

le musée national de Kashan

Inauguré en 1958, le musée de Bagh-e Fin, déclaré comme musée national de la ville, comblera petits et grands. Dans la section archéologique, le tableau des civilisations primitives qui se sont développées sur les sites de Hasanlu, de Sialk et de Lorestan est tout simplement admirable. La section ethnographique, quant à elle, abrite un important héritage calligraphique que les membres de la branche Kadjar ont légué aux générations futures.

Le pavillon « Fath Ali Shah »              

Ce manoir est de construction plus tardive (1811). Même si les fresques du plafond sont maintenant effacées, les voûtes, les colonnades et les inscriptions en stuc restent impressionnantes.

Infos pratiques

Le jardin des Fin est ouvert aux visiteurs tous les jours de la semaine à partir de 9 h jusqu’à 17 h. Les frais d’entrée s’élèvent à 200 000 Rials Iraniens (5,39 €). Attendez-vous à payer un frais additionnel (80 000 Rials ou 2,15 €) si vous voulez entrer dans le musée.

Dans les environs du jardin des Fin, nombre d’attractions historiques sont à voir : la somptueuse résidence de Tabatabaei, la maison de bains du sultan Ahmir Ahmad ainsi que la mosquée Agha Bozorg. Essayez également les boutiques de souvenirs : céramiques, tuiles et produits de tissage faits main.

Pour y arriver, suivez la route du boulevard Amir Kabir. Le jardin est facilement accessible en navette taxi ou en taxi. Il se trouve juste à une demi-heure de voiture de l’aéroport de Kashan.

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