À l'extrémité sud de l'île de Vancouver, Victoria s'impose avec une assurance tranquille. Capitale de la Colombie-Britannique, elle porte en elle les traces d'une histoire riche et d'une nature généreuse qui lui donnent un caractère bien à elle. Ce n'est pas un hasard si la peintre Emily Carr a choisi de l'immortaliser sur ses toiles.
Bien avant l'arrivée des Européens, la région était habitée depuis plus de 4 000 ans par les peuples Salishs de la côte, dont les Songhees. En 1843, James Douglas, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, choisit le petit port naturel de Camosack pour y ériger le fort Victoria, nommé en l'honneur de la reine britannique. Entre 1850 et 1854, devenu gouverneur, il conclut onze traités avec les groupes autochtones de la région, des accords qui restent contestés encore aujourd'hui.
La ruée vers l'or du fleuve Fraser en 1858 transforme la ville en principal centre d'approvisionnement des prospecteurs, et elle est officiellement constituée en ville en 1862. Capitale de la colonie de l'île de Vancouver dès 1849, elle conserve ce statut à travers les différentes reconfigurations politiques jusqu'à la création de la province en 1871. La construction de l'Assemblée législative, achevée en 1898, marque la consécration définitive de son rôle de capitale provinciale.
Au tournant du XXe siècle, l'essor de Vancouver pousse Victoria à se repositionner autour du gouvernement, du tourisme et de la présence militaire, avec la base des Forces canadiennes d'Esquimalt toujours en activité. Ce modèle tient encore aujourd'hui, auquel s'ajoute un secteur de haute technologie en progression. La ville a par ailleurs su préserver son patrimoine: la restauration du Vieux-Victoria et du quartier chinois, le plus ancien au Canada, entreprise dans les années 1980, témoigne de cet attachement à son passé. Sa population, plus âgée que la moyenne canadienne, lui confère une atmosphère posée qui lui est propre.
Victoria concentre dans un périmètre réduit un patrimoine architectural et culturel qui suffit à lui seul à justifier le voyage.
Sa promenade animée, ses bateaux-taxis colorés et ses terrasses donnent le ton d'une ville qui sait profiter de son cadre. C'est ici que tout commence, et souvent que l'on revient en fin de journée.
Les édifices du Parlement de la Colombie-Britannique dominent le port avec une architecture qui ne passe pas inaperçue. Des visites guidées permettent d'explorer l'intérieur et de mieux comprendre l'histoire politique de la province. Tout proche, le Royal BC Museum rassemble des collections sur l'histoire naturelle, l'histoire moderne et celle des Premières Nations, une visite qui occupe facilement une bonne partie de la journée.
Le plus ancien quartier chinois du Canada invite à la flânerie dans ses ruelles étroites. Étroite, discrète, facilement manquée si on ne sait pas qu'elle existe, c’est souvent là que la visite prend tout son intérêt.
À quelques minutes à pied du centre, Fisherman's Wharf offre une atmosphère bien différente. Ses maisons flottantes colorées et ses restaurants de fruits de mer en font une halte agréable, loin de l'agitation du port intérieur.
Entre la mer et les parcs, Victoria offre une palette d'activités qui se vit autant qu'elle se contemple.
Trois familles résidentes fréquentent ces eaux en été. Les voir surgir à quelques mètres du bateau, c'est une réalité que les photos peinent à restituer. Plusieurs opérateurs proposent des excursions au départ du port.
Le kayak de mer est une autre façon d’explorer le littoral, à un rythme plus personnel. Plusieurs entreprises proposent des sorties guidées au départ du port, adaptées à tous les niveaux.
Le parc de Beacon Hill, en plein cœur de la ville, offre sentiers, jardins et lacs pour une pause verte sans quitter le centre. Pour le vélo, Galloping Goose Trail et le Lochiside Trail relient différentes parties de la ville et ses environs sur des parcours accessibles.
Scones, confiture et thé, la tradition tient toujours à Victoria, et on comprend vite pourquoi en s'y attablant. Cette pause héritée de la présence britannique se savoure sans se presser.
À quelques kilomètres du centre, Victoria laisse place à une nature plus sauvage et moins fréquentée.
À une trentaine de kilomètres au nord de Victoria, ces jardins reconnus comme site historique national du Canada offrent des paysages floraux remarquables qui varient au fil des saisons.
À une vingtaine de kilomètres de la ville, ce parc impressionne par ses grands arbres et ses chutes d'eau. En automne, la migration des saumons attire de nombreux pygargues à tête blanche, un spectacle naturel saisissant.
Situé à l'ouest de Victoria, ce parc est réputé pour ses formations rocheuses uniques et ses trous d'eau creusés dans la rivière Sooke. Des sentiers longent la rivière et permettent de profiter pleinement du site.
Accessible par traversier, cet ensemble d'îles offre des paysages côtiers préservés et des possibilités de randonnée dans un cadre peu fréquenté.
La période la plus favorable s'étend de mai à septembre, avec un pic en juillet et août. L'été y est doux, les températures avoisinant les 21°C, et les journées ensoleillées se prêtent bien aux activités en plein air. En dehors de cette fenêtre, les pluies sont plus fréquentes et les températures plus fraîches, janvier étant le mois le plus arrosé. Voyager hors saison reste une option intéressante : l'affluence diminue, l'ambiance se fait plus tranquille et les prix sont généralement plus avantageux.
Situé à une vingtaine de kilomètres au nord du centre-ville, l'aéroport international de Victoria propose des liaisons régulières vers les principales destinations canadiennes et américaines.
La liaison en hydravion entre le port de Vancouver et le port intérieur de Victoria s'effectue en une vingtaine de minutes. Plus onéreuse que les autres moyens de transport, elle offre en contrepartie des vues sur le littoral et les îles difficiles à égaler.
BC Ferries assure la liaison entre Tsawwassen et le terminal de Swartz Bay en environ 95 minutes. Par beau temps, les îles Gulf se profilent à l'horizon tout au long de la traversée, ce qui en fait un trajet à part entière. Un service distinct relie par ailleurs Port Angeles, dans l'État de Washington, à Victoria.
Des services d'autocar proposent une liaison directe entre Vancouver et le centre-ville de Victoria, traversée en ferry incluse, avec dépôt à la station Capital City, derrière l'hôtel Fairmont Empress.
Avec son centre-ville ramassé et ses rues bien aménagées, Victoria se parcourt naturellement à pied. C'est d'ailleurs souvent en marchant que l'on découvre les détails que l'on aurait manqués autrement.
Le Galloping Goose Trail et le Lochside Trail tracent des itinéraires accessibles à travers la ville et ses alentours. Une façon efficace et agréable de couvrir la région sans recourir à la voiture.
Pour atteindre les parcs provinciaux ou les Butchart Gardens, la voiture reste le moyen le plus pratique. La circulation pose rarement problème, bien que les places de stationnement se fassent rares dans le centre-ville aux heures chargées.
Le réseau de Victoria Transit System dessert les principaux secteurs de la ville, des quartiers résidentiels aux sites touristiques, en passant par les terminaux de ferry. Une solution commode pour qui souhaite se déplacer sans voiture.