Uyuni

Seule au beau milieu de nulle part. Dans un lieu isolé en altitude, à environ 240 km de Potosi au sud-ouest de la Bolivie, Uyuni se blottit au mépris du paysage désertique qui l’enserre. Pour un Bolivien, son nom évoque le « harto frío », en référence à sa situation désavantagée dans la zone froide et venteuse de l’Altiplano, à 3 665 m au-dessus du niveau de la mer. Des conditions glaciales qui n’empêchent pourtant pas la bourgade de recevoir du monde. Des centaines de touristes la fréquentent presque toutes les semaines en vue de leur visite du désert de sel d’Uyuni.

Histoire

Le président bolivien Aniceto Arce fonda Uyuni en tant que bourgade commerciale en 1890. Il s’agissait d’une importante jonction ferroviaire pour le transport des minerais d’Huanchaca vers les ports de l’océan Pacifique. Les chemins fer furent construits sous la direction d’ingénieurs britanniques arrivés dans la région vers la fin du XIXe siècle. Le chantier dura de 1888 à 1892. Au fur et à mesure de leur exploitation, les ressources minières s’épuisèrent, entraînant l’effondrement de l’économie locale dans les années 1940. Les locomotives furent peu à peu laissées à l’abandon, formant ainsi le cimetière de train d’Uyuni.

Uyuni aujourd’hui

Dans la petite bourgade qui a grandi comme une plaque tournante du transport ferroviaire bolivien – un statut qui d’ailleurs est toujours d’actualité – le tourisme est désormais au cœur des activités quotidiennes. Uyuni, qui aurait pu sombrer dans l’oubli entre la route de La Paz et Salta en Argentine, a trouvé sa place dans les guides touristiques de la Bolivie en tant qu’étape obligatoire du circuit du Salar d’Uyuni, le plus grand marais salant du monde.

Le Far West bolivien

Les bars à routards qui longent sa rue principale, le cimetière de train et le désert alentour, Uyuni respire une ambiance Far West. Les maisons y sont patinées par le temps, tantôt colorées, tantôt moroses. Peu de hautes constructions. Mais qui s’en plaindrait puisque de cette manière, on peut apercevoir la cordillère des Andes à l’horizon. Au coin des ruelles, des femmes aux peaux mattes, vêtues de grandes robes multicolores et de chapeaux melon observent les gens et les chiens passer. Certaines tiennent des stands improvisés de jus et de glaces faites maison. Le temps semble s’être arrêté à Uyuni depuis le déclin de l’exploitation minière.

À 3 km du centre-ville, le cimetière de train est un musée à ciel rappelant le passé ferroviaire mouvementé de la cité. Vous y trouverez une douzaine de carcasses rouillées datant du XIXe siècle, devant lesquelles faire la pose pour une photo historique de votre voyage en Bolivie. Ne manquez pas non plus le Musée Archéologique et Anthropologique des Andes Méridionales qui conserve une belle collection de fossiles, de momies, de tissus et de céramiques. La mine d’argent d’Huanchaca se situe au nord-est de la ville.

Pas grand-chose, on se détend…

Uyuni, à part son calme reposant et ses vieilles locomotives, a peu à offrir, juste de quoi revigorer les voyageurs. Les cafés et bars se concentrent autour de la Plaza Arce. Des restaurants tentent de surprendre les voyageurs en proposant des spécialités internationales comme la cuisine mexicaine, arabe et italienne. Les pizzas locales connaissent un franc succès auprès des touristes avec leurs garnitures créatives (lama, pesto épicé et bien d’autres) et leur joli bar à salade. Les lieux de vie nocturne sont rares, mais dans les quelques endroits ouverts la nuit, l’ambiance est typique des routards : musique folklorique, jeux à boire, échanges sur les voyages, etc.

En route vers le désert de sel d’Uyuni

On vient surtout dans ce lieu désolé de la Bolivie pour explorer le Salar d’Uyuni. Ce désert salin occupant une superficie de plus de 10 000 km² - la plus vaste étendue de sel sur la planète – provient du dessèchement d’un plan d’eau préhistorique. Une île éphémère jonchée de cactus, l’Incahuasi ou la « maison de l’Inca », réside au milieu du lac asséché, n’apparaissant que lors des courtes périodes humides de l’année. Sur la route du Salar, à 20 min en voiture de Uyuni, faites une halte à la fabrique de sel de Colchani.

Uyuni est également un point de départ pour visiter les lagunes du Colorado et du Verde, repaire des vigognes et des flamants roses aux confins de la Bolivie et du Chili. Une branche du chemin de fer national sur l’axe nord-sud rejoint l’océan Pacifique au sud-ouest, maintenant la relation avec le port d’Antofagasta au Chili.

Climat

Uyuni se situe dans une région climatique sèche où il est rare de voir les précipitations dépasser les 190 mm par an. 85 % des pluies surviennent entre décembre et mars durant l’été austral, et se produisent le plus souvent sous forme d’orage en fin de journée. Les eaux de pluie recouvrant les marais salants créent un effet miroir surprenant. L’hiver austral à Uyuni dure de mai à octobre. Il peut neiger à certains moments de cette période, mais pas longtemps et en faible quantité. Le temps est relativement doux en journée durant le printemps. La nuit en revanche, comme à n’importe quelle saison de l’année, la température peut très vite baisser.

Comment s’y rendre ?

Malgré son déclin économique, Uyuni reste un important centre de transport en Bolivie. Elle constitue un carrefour de quatre lignes majeures, respectivement en provenance de La Paz, Potosi, Calama au Chili et Villazón à la frontière argentine. La ville possède un aéroport nommé Joya Andina, dont la desserte se limite à La Paz et Sucre.

Pour les touristes, le bus demeure l’option de transport recommandé pour se rendre à Uyuni. Le voyage depuis La Paz à 540 km un peu moins de 10 h. Au départ de Potosi, le trajet de 240 km prend 6 h. Depuis Oruro située à 320 km, comptez 8 h.

Comment se déplacer ?

Uyuni est une petite ville qui se couvre facilement à pied.

Que faire ?

  • Flâner dans les ruelles paisibles à la rencontre des habitants
  • Goûter aux pizzas garnies de viandes de Lama
  • Découvrir les locomotives abandonnées du cimetière de train
  • Explorer le Salar de Uyuni
  • Randonner vers la mine d’argent d’Huanchaca, etc.
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