Comment voyager de manière écoresponsable ?
Regard9 avril 20196 min de lecture

Comment voyager de manière écoresponsable ?

Quatre principes simples pour laisser une empreinte positive sur les lieux que l'on traverse.

Au sommaire

  • S'adapter aux traditions locales
  • Respecter et protéger l'environnement
  • Privilégier les circuits courts
  • Réduire son empreinte carbone
  • FAQ

Ce n'est plus un secret pour personne : le tourisme de masse pèse lourdement sur les populations locales et sur les écosystèmes qui les entourent. Face à ce constat, le voyageur responsable se donne pour mission de ne laisser qu'une empreinte positive sur l'environnement, la société et l'économie des pays qu'il traverse. De la rencontre avec les habitants à la protection de la faune et de la flore, en passant par les gestes du quotidien et la réduction de l'empreinte carbone, voici nos pistes concrètes pour voyager de manière écoresponsable.

S'adapter aux traditions locales

Avant même de boucler sa valise, le premier réflexe écoresponsable consiste à se renseigner sur les mœurs et coutumes du pays de destination. Quelques heures de lecture suffisent souvent à éviter les impairs, en particulier sur les sites religieux ou sacrés où une tenue inadaptée ou un geste anodin peuvent être perçus comme une offense. Au Bhoutan comme dans certains temples balinais, par exemple, les épaules et les genoux doivent rester couverts ; en Asie du Sud-Est, on retire ses chaussures avant d'entrer dans un lieu de culte.

L'idée n'est pas de jouer un rôle, mais d'observer, d'écouter, et de se faire suffisamment discret pour ne pas troubler le quotidien des habitants. Apprendre quelques mots de la langue locale, demander avant de photographier quelqu'un, refuser ce qu'on vous offre avec tact lorsque c'est nécessaire : autant de gestes simples qui transforment une visite touristique en véritable rencontre. Voyager autrement, c'est d'abord se mettre, le temps d'un séjour, dans la peau de ceux qui nous accueillent.

   

Respecter et protéger l'environnement

Le respect de l'environnement commence par un choix d'activités lucide. Entre une session de jet-ski et une initiation au surf, la seconde option offre des sensations équivalentes sans rejeter d'hydrocarbures dans la mer. Le même raisonnement s'applique partout : préférer la randonnée au quad, le kayak au scooter des mers, l'observation à la chasse au trophée photographique.

Tourner le dos aux attractions qui exploitent les animaux

Promenades à dos d'éléphant, selfies avec des tigres drogués, spectacles de dauphins captifs, photos avec des bébés singes arrachés à leur mère… Ces expériences, séduisantes en apparence, reposent presque toujours sur de la maltraitance et un dressage brutal. À l'inverse, mieux vaut investir dans une sortie d'observation encadrée par des naturalistes, dans un parc national ou une réserve reconnue. Et si la chance vous offre la rencontre d'un animal sauvage en liberté, gardez vos distances et ne le nourrissez surtout pas : un geste qui semble bienveillant peut bouleverser tout un écosystème, modifier durablement le comportement des espèces et les rendre dépendantes, voire agressives, vis-à-vis de l'humain.

De petits gestes au quotidien

L'écoresponsabilité se joue aussi dans les détails. Manger local, c'est soutenir les producteurs du coin tout en réduisant les kilomètres parcourus par votre assiette ; c'est aussi écarter naturellement les espèces menacées de la carte (ailerons de requin, viande de tortue, certains poissons d'élevage intensif). Côté plastique, mieux vaut anticiper : un tote bag plié au fond du sac, une gourde réutilisable – idéalement filtrante pour les pays où l'eau du robinet n'est pas potable –, un refus poli des pailles et des suremballages. L'eau, ressource précieuse partout mais critique dans certaines régions arides, mérite d'être économisée : douches courtes, lavages espacés, et conscience qu'un seau d'eau dans certains villages représente parfois une heure de marche. Dernier réflexe trop souvent oublié : choisir une crème solaire dépourvue d'oxybenzone et d'octinoxate, deux composés qui blanchissent les coraux. Plusieurs destinations comme Hawaï ou Palau ont d'ailleurs interdit les crèmes classiques sur leurs côtes.

Privilégier les circuits courts

Être un voyageur responsable, c'est aussi être un touriste solidaire, soucieux d'une répartition équitable des ressources générées par son séjour. Concrètement, cela passe par les circuits courts : acheter ses souvenirs auprès d'artisans et de coopératives locales plutôt que dans des boutiques d'aéroport, dormir chez l'habitant ou en éco-lodge familial, manger dans les petits restaurants de quartier, embaucher un guide indépendant.

Mieux vaut éviter les complexes hôteliers tout-inclus dont les bénéfices remontent vers des groupes étrangers et qui captent une part minime de la valeur dans l'économie locale. À l'inverse, certains projets solidaires – écoles, fermes communautaires, associations de protection de la faune – accueillent des voyageurs pour quelques jours et permettent de tisser un lien autrement plus profond avec un territoire.

Réduire son empreinte carbone

Reste enfin l'enjeu majeur de toute discussion sur le voyage durable : les émissions de gaz à effet de serre liées au transport. Sur place, la règle est simple : privilégier la marche, le vélo, le train et le bus, et garder la voiture pour les trajets où aucune alternative n'existe. Le train, en particulier, émet jusqu'à vingt fois moins de CO₂ que l'avion sur un trajet équivalent.

Lorsque l'avion s'avère incontournable – pour une expédition lointaine ou un séjour de plusieurs semaines –, quelques arbitrages réduisent l'impact : choisir des vols directs (les phases de décollage et d'atterrissage sont les plus émettrices), voyager léger pour alléger l'appareil, et éviter de multiplier les allers-retours courts au profit de séjours plus longs et plus immersifs.

Des plateformes comme Planetair ou myclimate permettent en quelques clics d'estimer les émissions liées à un trajet et d'acheter des « crédits carbone » qui financent des projets de reboisement, d'énergies renouvelables ou de cuisinières propres dans des pays du Sud. La compensation n'efface pas l'empreinte d'un vol, mais elle constitue un complément utile à une démarche globale de sobriété. Le meilleur kilomètre, en matière d'écotourisme, reste celui qu'on n'a pas parcouru en avion.

FAQ

Qu'est-ce qu'un voyage écoresponsable concrètement ?

Il s'agit d'un voyage pensé pour minimiser son impact négatif – environnemental, social et économique – sur le territoire visité, et maximiser ses retombées positives. Cela couvre aussi bien le choix du transport que celui de l'hébergement, des activités ou des commerces fréquentés sur place.

Pourquoi éviter les promenades à dos d'éléphant ou les selfies avec des animaux sauvages ?

Ces attractions reposent presque toujours sur un dressage violent, une captivité prolongée et le retrait de jeunes animaux à leurs mères. Préférer l'observation en réserve ou en parc national permet d'admirer la faune sans cautionner ces pratiques.

Comment limiter le plastique pendant un voyage ?

En glissant dans son sac une gourde réutilisable (filtrante si nécessaire), un tote bag, des couverts en bambou et quelques contenants pour les achats en vrac. Refuser systématiquement pailles, sacs jetables et bouteilles d'eau permet déjà de diviser largement ses déchets sur place.

La compensation carbone suffit-elle à rendre un vol « propre » ?

Non. La compensation finance des projets utiles, mais elle n'annule pas les émissions générées. Elle s'inscrit dans une démarche globale qui privilégie d'abord la réduction : moins de vols, plus de séjours longs, des modes de transport alternatifs dès que possible.

Voyager chez l'habitant, est-ce vraiment plus solidaire ?

Oui, à condition de choisir des hôtes indépendants ou des réseaux d'hébergement communautaires. L'argent versé bénéficie alors directement à une famille ou à un village, et l'expérience humaine y gagne en profondeur par rapport à un séjour en hôtel international.

Florine Dergelet

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Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Préparer son voyageMis à jour le 7 mai 2026