N'Djamena

La colonisation, la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile, la pauvreté, etc. N’Djaména en a vu de toutes les couleurs. Mais en tant que capitale du Tchad, il n’est pas question pour la ville de se recroqueviller ! Sur la rivière Chari, elle émerge dans le domaine de l’économie et du commerce. Côté tourisme, son histoire mouvementée ne s’évoque pas sans attiser la curiosité des passionnés. Des traditions culturelles se perpétuent au sein de ses marchés, tandis que les sites naturels alentours appellent à l’évasion.

Histoire

De la période française au Tchad indépendant

Les Britanniques, les Allemands et les Français se départagèrent le Tchad en trois zones bien distinctes en 1890. Mais dans un élan d’expansion coloniale, l’armée française s’engagea dans la conquête de tout territoire à partir de 1900. La ville de Fort-Lamy vit officiellement le jour à la lisière du fleuve Chari, sur le site d’un ancien village nommé Kotoko, le 29 mai 1900 sous l’impulsion de l’officier de marine Émile Gentil. On lui attribua ce nom en hommage au Commandant français François Joseph Amédée Lamy, décédé au cours de la bataille de Kousseri. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Fort-Lamy utilisée comme base militaire et de ravitaillement par l’armée française fut bombardée par les Allemands.

Rattaché à la fédération de l’Afrique-Équatoriale Française depuis 1910, le Tchad ne devint une république autonome qu’en 1958. Le pays obtint son indépendance deux ans plus tard, en 1960.

Fort-Lamy acquit son nouveau nom « N’Djaména » en 1973, à l’instigation du président de la République du Tchad François Tombalbaye. Cette appellation provint du village voisin Niǧāmīnā et se traduit par « le lieu où l’on se repose ».

Un passé marqué par les guerres civiles

La guerre civile à N’Djaména éclata en 1979 et entraîna la destruction d’une grande partie de ses infrastructures. Pour stopper son rival Hissène Habré, le Président du Gouvernement d’unité nationale Goukouni Oueddeià sollicita la collaboration de l’armée libyenne, déjà intervenue sur place dans le cadre du conflit tchado-libyen. Mais suite à des divergences et à la pression de la communauté internationale, le Colonel Mouammar Kadhafi refusa et ordonna à ses troupes de se retirer en 1981. Habré accéda alors à la présidence du Tchad en 1982, avant d’être destitué de la même manière par le Général Idriss Deby en 1990.

Les troubles au sein de N’Djaména poussèrent la majeure partie de la population locale à quitter la capitale au cours de cette période. Les habitants élurent provisoirement domicile sur la rive opposée du fleuve Chari, près de Kousseri au Cameroun. Ils ne regagnèrent N’Djaména qu’à la fin des affrontements en 1982.

N’Djaména aujourd’hui

N’Djaména a dû faire preuve de vaillance pour ne pas se retrouver noyée par les conflits politiques au Tchad. Sa situation dans la zone du Sahel des sédentaires, où les précipitations sont suffisamment abondantes, profite bien à l’agriculture au sein de ses terres. La culture des céréales et des dattes, mais surtout l’industrie du coton, prospèrent dans la région, au même rythme que la pêche et l’élevage de bétail. D’autre part, les infrastructures modernes et hôtelières apparaissent peu à peu dans le cœur de la ville, sous la vigilance de la Grande Mosquée N’Djaména, car depuis 2009, la cité a été promue capitale de la culture islamique en Afrique centrale.

Les visites recommandées à N’Djaména

Promenez-vous dans les rues de N’Djaména pour une introduction au quotidien animé des habitants. Dirigez-vous vers l’avenue Charles de Gaulle, le principal secteur commerçant et centre d’affaires de la capitale tchadienne. Les ambassades et les restaurants intercontinentaux bordent la voie, distancés par des bâtiments de l’époque victorienne. Faites une halte à la Place de la Nation pour admirer son boulevard de jardins, avant de poursuivre votre tour de la ville.

La prochaine étape de votre circuit à N’Djaména pourrait être le Musée national du Tchad. À travers une exposition bien marquée, vous y découvrirez les grandes phases de l’histoire et de l’anthropologie du pays. Contemplez les outils préhistoriques et les masques, mais ne manquez surtout pas le crâne de l’homme Toumai, considéré par les Tchadiens comme le premier ancêtre de l’homme.

Changement d’ambiance au Grand Marché de N’Djaména ! Dans ce quartier bouillonnant de vie, vous aurez le choix sur un vaste catalogue d’articles pour vos souvenirs : bijoux, tapis, accessoires divers, etc. Laissez-vous guider par les appels des commerçants le long des larges ruelles, au pied des bâtiments coloniaux et des maisons en briques crues. N’hésitez pas à faire une pause dans un café, à moins que vous ne préfériez l’ambiance populaire des bars africains. Ce sera l’occasion de goûter à la bière locale : le Gala.

Autour de N’Djaména

Profitez de votre voyage à N’Djaména pour visiter le lac Tchad, avant qu’il ne disparaisse… À cause du changement climatique, ce plan d’eau qui fut jadis l’un des plus grands lacs de la planète s’est rétréci avec le temps. Il demeure toutefois une importante ressource pour la pêche et l’approvisionnement en eau des cultures, mais aussi un site prisé pour les activités nautiques. Plus au nord de N’Djaména, la station touristique de Douguia longe le fleuve Chari. En dehors des balades en bateau, l’observation des oiseaux fait partie des loisirs phares au sein du site.

Climat

Le climat semi-aride chaud à N’Djaména se caractérise par une longue saison sèche et en l’occurrence, une courte saison des pluies. Les précipitations annuelles dans la ville s’élèvent en moyenne à 510 mm. La période pluvieuse à N’Djaména s’étend de juin à septembre, avec un pic de précipitations au courant du mois d’août. Le reste de l’année, c’est la saison sèche.

Si l’on tient compte des températures moyennes annelles, N’Djaména figure parmi les villes les plus chaudes du monde. En août, la température peut déjà atteindre 32 °C, alors que les mois les plus torrides sont avril et mai. Toutefois, rassurez-vous, en dehors de la période sèche, les températures nocturnes sont moins accablantes.

Comment s’y rendre ?

N’Djaména se situe à l’extrémité orientale de l’autoroute trans-sahélienne. L’autoroute N’Djaména – Djibouti la relie aux principales villes de l’Afrique de l’Est. Cette voie est en grande partie non goudronnée. Vous pouvez également emprunter la route Tripoli-Cape Town pour rejoindre la capitale du Tchad. Enfin, un pont routier relier N’Djaména à la ville camerounaise de Kousseri.

L’aéroport international de N’Djamena Hassan Djamous, implanté à l’ouest du centre-ville, accueille des compagnies aériennes ivoirienne, camerounaise, marocaine, égyptienne, soudanaise et turque, entre autres.

N’Djaména ne dispose pas de liaisons ferroviaires.

Comment s’y déplacer ?

Le taxi et la mototaxi sont les deux moyens de transport les plus pratiques pour circuler à N’Djaména.

Que faire à N’Djamena ?

  • Interagir avec les habitants le long de l’avenue Charles de Gaulle
  • Découvrir l’histoire du pays au Musée national du Tchad
  • Faire ses emplettes au Grand Marché de N’Djaména
  • S’adonner aux loisirs nautiques au lac Tchad
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