Faya-Largeau

Son nom évoque un passé colonial. Faya Largeau a hérité du nom du colonel français Etienne Largeau. La cité oasis isolée au creux d’une cuvette au milieu du Sahara tchadien dans le Nord du pays – dont elle constitue malgré tout la plus grande ville – a peu progressé ces dernières années. Peu d’attraits en dehors des formations géologiques qui l’entourent, si ce n’est juste sa palmeraie de 70 km de long.

Histoire de Faya Largeau

Avant que les Français ne la rebaptisent « Largeau » en l’honneur du colonel Etienne Largeau qui en prit possession en 1931, la ville était à l’origine nommée Faya. Après l’indépendance du Tchad en 1960, on lui accorda le nom de Faya Largeau.

Lors de la guerre territoriale tchado-libyenne pour le contrôle de la Bande d’Aozou, Faya Largeau fit face aux troupes militaires libyennes qui la conquirent en 1975. Les forces d’Hissène Habré réussirent à délivrer la ville en 1980, mais à peine trois ans après, la Libye s’en empara de nouveau. Les forces de Mouammar Kadhafi y établirent une base aérienne qui fut détruite par des bombardements français dans le cadre de l’opération Épervier au Tchad. En 1987, l’armée tchadienne lança une offensive dans la zone, obligeant la Libye à se retirer définitivement. Le soutien militaire de la France contribua grandement à la restauration de la paix dans la région de Faya Largeau.

Faya Largeau au cours du siècle dernier a fait l’objet d’une série de tentatives de développement orientées sur la rationalisation de l’exploitation des ressources locales. Diverses entités extérieures y ont participé, entamant des constructions et des formations techniques qui pour la plupart, ont été abandonnées au bout de quelques décennies. Ces échecs démontrent une interprétation particulière du temps et des objets à Faya Largeau sur une base de volonté locale d’autonomie.

Faya Largeau aujourd’hui

C’est avant tout une ville-oasis au cœur du désert et la capitale de la région de Bourkou-Ennedi-Tibesti. Située à 790 km au nord-est de N’Djamena, Faya Largeau dépeint l’image d’une terre oubliée par le monde et par les Tchadiens eux-mêmes. Son sous-sol renferme heureusement une ressource d’eau relativement importante qui lui permet une activité agricole – les dattes représentent la principale culture sur place. Environ 65 000 personnes y vivent, sous la surveillance des forces armées françaises depuis 1986. Les traditions n’ont pas changé, à l’exception du chameau qui a trop souvent laissé sa place au pick-up et de la machette substituée par la mitraillette à un moment donné…

Faya Largeau est une étape du circuit dans le Sahara tchadien.  Aussi étonnant que cela puisse paraître, la ville possède un aéroport, certes peu fréquenté par les avions civils, mais qui lui permet tout de même d’accueillir les groupes de touristes. L’aventure commence à peine l’avion posé. Le transfert se fait sans véhicule, plutôt avec des chameaux pour servir de porte-bagages. Depuis l’aéroport, vous marchez en direction de la palmeraie où vous pourrez vous rafraîchir avant de plonger au cœur du paysage désertique.

À la périphérie de la ville, les tassilis émergent de part et d’autre. L’érosion éolienne dans le Sahara a tailladé les reliefs gréseux, façonnant des singularités géologiques. Au nord de Faya Largeau, les tassilis d’Archana se mêlent aux dunes et renferment des peintures rupestres. Ailleurs, d’autres trésors sont à découvrir, pour ne citer que le grand rocher d’Ariminga qui a constitué un point stratégique pour la résistance tchadienne menée par Hissen Habré. Les lacs d’Ounianga méritent également le détour.

Faya Largeau, porte d’entrée du massif du Tibesti

Faya-Largeau est un bon point de départ, si ce n’est une étape incontournable du trek dans le massif du Tibesti. En quittant la ville, des horizons déchiquetés se dessinent en arrière-plan des paysages torturés. Vous voilà en route pour le territoire des Toubous, peuple nomade du Sahara central qui a trouvé refuge dans les montagnes volcaniques du désert. L’ultime défi ? L’ascension de l’Emi Koussi, le plus haut sommet du Sahara, avec son pic situé à 3 415 m d’altitude.

Climat

Faya Largeau hérite des conditions météorologiques accablantes dans la région du Borkou, au cœur de la zone hyperaride du Sahara. Fortement accentué, son climat désertique chaud classé BWh dans la carte de Köppen-Geiger se caractérise par un été très long et caniculaire. La période chaude à Faya Largeau s’étend de manière générale entre avril et septembre, avec des températures maximales moyennes supérieures à 30 °C – celles-ci peuvent frôler les 45 °C en juin. Sur le reste de l’année, la température baisse rarement en dessous de 20 °C. Il fait toujours chaud même lors des mois supposés être les plus frais, décembre et janvier, au courant desquels les maximales varient autour de 28 °C. Côté précipitation, Faya Largeau enregistre une pluviométrie moyenne de 16 mm sur l’année, et qui ne se déverse qu’entre juin et septembre — il se peut que la ville ne reçoive pas du tout de pluie. L’insolation affiche une durée moyenne de 300 h par mois et 4 000 h par an.

En résumé, Faya Largeau se situe dans l’une des régions les plus torrides, les plus sèches, les plus arides et les plus exposées au soleil dans le monde.

Comment s’y rendre ?

Peu de transport dessert la ville. Oubliez les bus, si vous voulez venir à Faya Largeau, il vous faudra trouver une voiture de location, idéalement un 4x4 avec un chauffeur local. Esseulée parmi les dunes, la piste de Faya est rarement empruntée par les touristes. La bande de bitume est surtout utilisée par l’armée française.

Peu fréquenté, le petit aéroport de Faya Largeau exploite des vols en provenance et en direction de la capitale N’Djamena et Abéché.

Comment se déplacer ?

À Faya Largeau, préparez de bonnes chaussures car il faudra beaucoup marcher. Des chameaux sont à votre disposition pour les charges lourdes.

Que faire à Faya Largeau ?

  • Sillonner la palmeraie de Faya Largeau
  • Chercher les peintures rupestres enfouies dans les tassilis d’Archana
  • Se balader à dos de chameaux dans les dunes environnantes
  • Préparer son trek dans le massif du Tibesti
  • Visiter les lacs d’Ounianga, etc.
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