Rencontrer les gorilles des montagnes lors d’un voyage en Ouganda. Voilà une expérience magique qui marque les esprits à jamais. Mais encore faut-il pouvoir la payer. Combien coûter le permis gorille en Ouganda ? Qu’est-ce qui est inclus dans le tarif ? Pourquoi ça coûte cher et en quoi ça peut faire toute la différence pour la sauvegarde de l’espèce ? On vous explique.
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, tous les permis gorilles en Ouganda sont de 800 USD$ par personne. Le prix est fixé par l’Ouganda Wildlife Authority (UWA), une agence gouvernementale ougandaise chargée de la gestion et de la protection de la faune sauvage à l'intérieur et à l'extérieur des zones protégées.
Cela concerne l’observation des gorilles au Parc national de Mgahinga (Mgahinga Gorilla National Park) et au Parc national de la forêt impénétrable de Bwindi (Bwindi impenetrable national park).
Dans le détail, les tarifs sont :
Vous souhaitez passer plus de temps en compagnie des gorilles ? Si l’heure d’observation ne vous suffit pas, vous pouvez toujours participer aux séances d’habituation des gorilles. Ces séances ont pour objectif, d’analyser et encourager des groupes de gorilles semi-habitués à accepter la présence humaine.
Accompagnés de rangers et d’une équipe de chercheurs, vous pourrez passer jusqu’à 4 heures avec les gorilles. Seules 4 personnes sont autorisées à participer à ce type de programme. De quoi bénéficier d’un moment privilégié avec les primates... Évidemment, cette option est plus onéreuse qu’un simple permis gorilles. Comptez 1500 USD$ par personne pour les voyageurs non résidents.
À noter que les séances d’habituation des gorilles n’ont lieu que dans le parc de Bwindi. N’hésitez pas à nous demander plus d’informations si vous êtes intéressé.
Les rencontres avec les gorilles s’effectuent après avoir fait un trek de 3 à 7 heures de marche selon la position des primates. Une fois le contact établi, il est possible de profiter d’une heure d’observation des gorilles des montagnes en compagnie des rangers et pisteurs.
Le permis gorille comprend :
Les permis gorilles sont valables uniquement une journée pour chaque parc et ne sont pas délivrés aux enfants de moins de 15 ans (les enfants qui fêtent leurs 15 ans dans l’année peuvent être acceptés).
Les trekkings aux gorilles ne s’effectuent qu’en groupe de 8 personnes maximum. En effet, le nombre de permis gorilles délivré est limité par jour : chaque groupe de gorilles ne peut rencontrer qu’un groupe de voyageurs par jour.
Pour info, on trouve une dizaine de familles de gorilles habitués à l’homme au Parc national de Bwindi contre un seul groupe au Parc national de Mgahinga. Autrement dit, il n’y a que 8 permis gorilles délivrés par jour au Parc national de Mgahinga tandis que le Parc national de Bwindi peut délivrer plus d’une centaine de permis gorille par jour.
Pour être sûr d’obtenir un créneau, on vous conseille donc de réserver votre permis ou votre voyage plusieurs mois à l’avance.
Le permis gorille n’inclut pas les frais annexes de l’expédition. L’hébergement, les transports et les repas sont à la charge des voyageurs. De la même façon, les permis gorilles ne comprennent pas les pourboires. Bien qu’ils ne soient pas obligatoires, les pourboires permettent de soutenir l’énorme travail des guides, rangers, pisteurs et porteurs.
800 USD$ pour passer une heure avec les gorilles. Voilà un prix qui peut paraître très élevé pour de nombreux voyageurs. Mais alors, pourquoi est-ce si cher ? Pour vous aider à comprendre, voilà à quoi sert l’argent donné par les touristes :
Le gorille des montagnes est une sous-espèce de gorille de l’Est, que l’on retrouve uniquement au Rwanda, en Ouganda et dans l’est de la République Démocratique du Congo. Le Parc national de la forêt impénétrable de Bwindi abrite d’ailleurs la moitié de la population totale des gorilles des montagnes.
Le problème ? Classé « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN, le gorille des montagnes est une espèce très vulnérable. Il fait face à de nombreux dangers : braconnage, trafic illégal, déforestation et fragmentation de son habitat, maladies transmises par l’homme, conflits et troubles civils...
Face à ce constat, de nombreuses mesures ont été mis en place dans les réserves et parcs nationaux des pays concernés afin de préserver l’espèce et d’éviter son extinction. Parmi elles : le fameux permis gorille !
En Ouganda, les dons et l’argent engendré par le tourisme permettent, en plus de payer les travailleurs et employés des parcs, de contribuer à la sauvegarde et la protection des gorilles. Cela passe par plusieurs programmes d’actions :
L’argent récolté par les permis gorilles n’est pas uniquement destiné à la sauvegarde des gorilles des montagnes. Il permet aussi de soutenir les communautés locales.
En effet, l’Ouganda Wildlife Authority (UWA) partage 20% des revenus annuels de ses parcs avec les populations vivant autour des parcs nationaux et réserves d’Ouganda. Par ailleurs, l’agence gouvernementale donne 10 USD$ pour chaque permis gorille vendu dans le Parc national de Bwindi.
Tous les fonds de partage peuvent être utilisés pour la création de projets communautaires visant à réduire les conflits entre l’homme et la faune sauvage tout en améliorant les moyens de substance des villages de la région. Parmi les projets déjà mis en place, on peut citer la construction d’écoles, de centres de santé, de réservoirs d’eau, l’achat de bétails ou encore la plantation de cultures...
Bien que les permis gorilles soient onéreux, ils s’avèrent être une stratégie gagnante. En effet, ils font partie d’un large plan de sauvegarde de l’espèce.
Pour y voir plus clair, il suffit de faire un petit retour en arrière dans les années 1970... À cette époque, les gorilles des montagnes étaient au bord de l’extinction. Leur disparition était même programmée dans les années 1990. Sous l’impulsion de la célèbre primatologue américaine Dian Fossey, la sauvegarde de l’espèce devint une cause planétaire. Un plan de sauvegarde finit par être mis en place grâce à la mobilisation des trois pays voisins abritant les derniers gorilles des montagnes.
Résultat ? Comme le montre WWF, le nombre de gorilles des montagnes est à la hausse. D’après le dernier recensement des primates porté par la Collaboration Transfrontalière du Grand Virunga, le nombre de gorilles des montagnes est, en effet, passé de 250 dans les années 1970 à 480 en 2010 puis à 604 aujourd’hui.
Par ailleurs, et bien qu’ils soient encore en danger, les gorilles des montagnes sont passés, en 2018, d’espèces « en danger critique » à « en danger » par l’UICN. C’est, à ce jour, la seule sous-espèce parmi les grands singes dont on observe une augmentation de la population.
Si l’on doit cette joyeuse augmentation à tous les efforts mis en places par les autorités et les associations, le succès de cette opération de sauvegarde réside aussi dans le développement du tourisme. Comme l’a déclaré Kirsten Gilardi, directrice américaine de Gorilla Doctors, dans une entrevue pour Le Monde : « La valeur touristique du gorille des montagnes l’a sauvé de l’extinction ».
Voilà pourquoi le permis gorille coûte si cher : parce qu’il contribue à la sauvegarde et la protection de nos plus proches cousins...
Florine Dergelet