Au cœur de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, le Parc National d'Arthur's Pass se déploie entre les versants escarpés des Alpes du Sud. Créé en 1929, il fut le troisième parc national du pays et le premier de l'île du Sud. Plus qu'un simple col d'Arthur's Pass, reliant Canterbury à la West Coast, Arthur's Pass est uen véritable porte d'entrée vers un univers sauvage, façonné par des glaciers, ponctué de gorges spectaculaires et peuplé d'une biodiversité remarquable. Ce parc, géré par le ministère de la Conservation, offre des sentiers pour tous les niveaux, permettant de découvrir des panoramas à couper le souffle et de s'immerger dans l'âme montagneuse de la Nouvelle-Zélande.
Le parc national d'Arthur's Pass présente des contrastes naturels saisissants. À l'est, un climat plus sec engendre des rivières alluviales, des prairies et des forêts de hêtres de montagne. Les rivières comme la Waimakariri, Bealey ou Poulter serpentent à travers un territoire dominé par des falaises rocheuses et des buissons alpins.
À l'ouest, en revanche, le climat est plus humide, favorisant une végétation dense composée de forêts de podocarpe et de rātā. Là, des rivières comme l'Otira et la Deception creusent des gorges profondes dans un paysage presque tropical.
Entre ces deux mondes, les chaînes de montagnes environnantes, dont le mont Rolleston (2275 m) et le mont Murchison (2400 m), dominent le paysage, ponctuées de glaciers et de vallées en U, témoins des glaciations passées.
Le parc national d'Arthur's Pass jouit d'un climat montagnard, plus frais que d'autres régions de la Nouvelle-Zélande, notamment en raison de son altitude. Accessible toute l'année, le parc offre des expériences variées selon la saison :
L'histoire du parc national d'Arthur's Pass est indissociable de celle de l'exploration, de l'ingéniosité humaine et du patrimoine māori. Bien avant l'arrivée des Européens, les Māoris utilisaient les cols de cette région escarpée pour transporter le précieux punamu (jade) de la côte ouest vers Canterbury. C'est grâce à leurs indications qu'en février 1864, l'explorateur Arthur Dudley Dobson identifia et cartographia le col d'Arthur Pass.
L'année suivante, sous la pression de la ruée vers l'or sur la West coast, une route alpine fut construite en un temps record malgré un hiver rigoureux. Mille ouvriers, armés de simples outils manuels, bravèrent la neige et le relief accidenté pour ouvrir cette voie stratégique entre Christchurch et Hokitika. Des diligences commencèrent à circuler régulièrement dès 1886, jusqu'en 1923, année marquant l'ouverture du tunnel ferroviaire d’Ōtira. Ce dernier est un véritable exploit d'ingénierie de 8,5 km, alors le plus long du Commonwealth britannique.
Au fil des décennies, cette région difficile d'accès s'est peu à peu transformée en destination emblématique. Dès la fin du XIXe siècle, des lois telles que le Lands Act de 1885 et le Scenery Preservation Act de 1903 permirent de protéger certains sites naturels, prélude à la création du parc national d'Arthur's Pass. Avec la mise en service de la ligne ferroviaire Midland, les excursions touristiques se développèrent, mais entraînèrent aussi la surexploitation des fleurs indigènes, comme celles du rātā. Ce vandalisme végétal suscita une prise de conscience qui mena à la fondation officielle du parc national d'Arthur's Pass en 1929.
Les débuts du parc furent modestes : le premier garde forestier, Charles Edward Warden, vivait dans une simple cabane à "Tin Town", veillant seul à l'entretien des sentiers et à l'accueil des visiteurs. Ce n'est qu'en 1938 qu'un garde à plein temps fut engagé, marquant un pas important vers une gestion plus professionnelle. Depuis, la protection des écosystèmes s'est renforcée, bien que certains enjeux, comme l'intégration des pleines de Riversdale (exclues du périmètre du parc en 1929), restent toujours d'actualité. En 2021, leur sort faisait encore l'objet de procédures judiciaires.
Le parc national d'Arthur's Pass est un sanctuaire de biodiversité, abritant de nombreuses espèces d'oiseaux uniques. Le fameux keas, un perroquet de montagne, est la star du parc. On y trouve également la kākāriki kataka, une perruche rare, et le grand kiwi tacheté, discret et nocturne. Le weka, réintroduit dans les années 1970, est aussi un résident du parc. Les rivières, comme la Bealey, abritent le canard bleu (whio), une espèce menacée.
Dans les zones élevées, on peut apercevoir le xénique grimpeur, un petit oiseau agile. Les forêts, quant à elles, résonnent du chant du miro, un passereau à poitrine jaune, particulièrement présent aux premières lueurs du jour.
Le village d'Arthur's Pass et le point de départ des randonnées dans le parc.
Arthur's Pass est également un terrain de jeu pour les alpinistes, avec des sommets comme le mont Rolleston (2271 m) offrant plusieurs voies d'ascension. Le recul du glacier de Rolleston est un témoin frappant du changement climatique. Le parc propose des itinéraires pour alpinistes de tous niveaux.
Le domaine skiable de Temple Basin, situé sur les pentes du mont Temple, attire les skieurs et les snowboarders entre juin et octobre. Il offre une ambiance alpine authentique, bien loin des stations commerciales.
Arthur's Pass est accessible par différents moyens de transport, chacun offrant une expérience unique :
Partir en randonnée dans le parc national d'Arthur's Pass demande de la préparation et de la prudence. Voici quelques conseils essentiels :
Les chaussures de montagne montantes avec semelles antidérapantes sont recommandées.
Le matériel indispensable comprend :
Soyez prêt avec votre appareil photo et rangez-le dans une protection adaptée aux intempéries pour immortaliser les panoramas spectaculaires.
Oui, Arthur’s Pass vaut absolument le détour pour ses paysages alpins spectaculaires, sa faune unique et ses randonnées inoubliables au cœur des Alpes du Sud.
Oui, il neige régulièrement à Arthur’s Pass en hiver, transformant le Parc national d’Arthur’s Pass en un paysage alpin enneigé entre juin et septembre.
Arthur’s Pass commence à Springfield (côté est) et se termine à Otira (côté ouest), traversant les Alpes du Sud entre Canterbury et la Côte Ouest de la Nouvelle-Zélande
La durée des promenades à Arthur’s Pass varie de 30 minutes pour des balades faciles comme la chute de Devil’s Punchbowl à plusieurs jours pour des treks comme le Carrington Hut Route.