Mangaweka - Nouvelle-Zélande - Nomadays
Mangaweka

Nichée entre falaises blanches et méandres tranquilles de la Rangitīkei River, Mangaweka semble suspendue dans le temps. Avec ses façades d'un autre siècle, ses bâtiments figés dans leur charme suranné et son atmosphère singulière, cette petite localité de l'île du Nord incarne un visage méconnu mais profondément authentique de la Nouvelle-Zélande rurale. Loin des foules et des itinéraires balisés, elle offre un cadre à la fois paisible et intrigant. À Mangaweka, le voyage prend une autre dimension, plus contemplative, plus humaine, comme un détour hors du temps.

Où se trouve Mangaweka ?

Située sur l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, Mangaweka est une petite localité de caractère nichée dans la région de Manawatū-Whanganui, plus précisément dans le district de Rangitīkei. Installée au bord de la Rangitīkei River, elle se trouve le long de la State Highway 1, entre les villes de Taihape au nord et Hunterville au sud, ce qui en fait un point d'arrêt idéal entre Taupō et Wellington.

Ce paisible bourg constitue bien plus qu'une simple halte sur la route : Mangaweka offre un cadre naturel propice à l'aventure et à la détente, notamment grâce à sa proximité avec le parc forestier de Ruahine et à seulement 1h30 du parc national de Tongariro. C'est également le point de départ nord de la Manawatū Scenic Route et de la Manawatū Cycleway, deux itinéraires emblématiques qui s'inscrivent dans le New Zealand Cycle Trail.

Histoire de Mangaweka

Le village de Mangaweka trouve ses origines à la fin du XIXe siècle, dans le contexte du développement de la grande ligne ferroviaire North Island Main Trunk, destinée à relier le nord et le sud de l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande. À l'époque, la région était encore largement boisée, et les premiers défrichements furent entrepris pour permettre la construction de la voie ferrée. Un abri rudimentaire appelé Three Log Whare y fut établi, marquant les prémices d'une implantation humaine. Dès 1894, le site bénéficiait déjà d'une liaison postale régulière avec la localité voisine d'Ohingaiti, preuve de son intégration progressive dans les réseaux de communication régionaux.

Ce n'est qu'en 1902, avec l'arrivée officielle du chemin de fer, que le village connut un véritable essor. Rebaptisé Mangaweka, nom dérivé du maori (manga signifiant ruisseau et weka désignant un oiseau forestier non volant endémique), le village devint un point stratégique pour le transport de passagers et de marchandises à travers l'île du Nord. Il fut même l'une des premières localités le long de cette ligne ferroviaire à être dotée de l'électricité, grâce à un ambitieux projet de centrale hydroélectrique amorcé en 1911, dont le site initial devait servir de réservoir d'eau.

Cependant, les décennies suivantes virent le centre du village peu à peu décliner. À partir de la fin des années 1970, la State Highway 1 fut déviée, contournant la rue principale de Mangaweka. Ce changement, s'il permit de préserver l'aspect d'origine du village, figeant ses bâtiments dans une atmosphère d'un autre temps, entraîna aussi la fermeture de nombreuses structures, aujourd'hui laissées vides. Paradoxalement, cette marginalisation géographique a contribué à conserver le charme historique de Mangaweka, qui séduit les visiteurs par son authenticité et son patrimoine figé dans le passé.

L'avion DC-3 de Mangaweka

Mangaweka ne serait pas tout à fait le même sans son emblématique avion Douglas DC-3, une véritable curiosité au bord de la route, qui attire depuis des décennies l’œil des voyageurs circulant sur la State Highway 1. Ce modèle de 1945, construit à l'origine pour l'armée américaine, fut ensuite intégré à la Royal New Zealand Airforce (40e escadrille) où il vola pendant quelque 700 heures.

En 1947, l'appareil changea de mains pour rejoindre la New Zealand National Airways Corporation, où il opère sous l'immatriculation ZK-APK et le nom Poaka. Dans les années 1960, il est modifié pour rejoindre la flotte Skyliner avec de nouveaux hublots, et continue à assurer des vols commerciaux jusqu'en 1969, avant d'être reconverti opur l'épandage agricole. Lorsqu'il est retiré du service en 1981, il affiche plus de 42 700 heures de vol au compteur.

En 1984, ce vestige de l'histoire aéronautique néo-zélandaise est installé en hauteur, en plein centre du village de Mangaweka, juste au-dessus d'un salon de thé attenant à une station-service. Il devient alors à la fois symbole visuel, attraction touristique et outil promotionnel pour une entreprise d'aventures fluviales basée dans cette localité.Depuis, l'avion surplombe le cœur du village, servant de repère à tous ceux qui traversent cette portion de route.

Plus qu'un simple objet, le DC-3 s'impose comme l'icône du village, reflétant son esprit hors des sentiers battus, son originalité rétro et son caractère artistique affirmé. Malgré des périodes d'incertitude (notamment en 2018, lorsque son avenir semblait compromis), l'avion a fait l'objet d'une restauration à Shannon en 2021, avant d'être mis en vente en 2023. Aujourd'hui encore, il incarne la singularité de Mangaweka, un lieu qui sait marier patrimoine, créativité et atmosphère décalée.

Que faire et que voir à Mangaweka ?

Sports d'eau vive et pêche dans un cadre spectaculaire

Le rafting, le kayak, la baignade et la pêche sont les grandes vedettes locales. Que vous soyez adepte de sensations fortes ou simple amateur de nature, le Rangitīkei River offre un terrain de jeu exceptionnel. Plusieurs guides et entreprises locales proposent des descentes en rafting, des balades en kayak ou des sorties de pêche à la mouche. Les truites brunes et arc-en-ciel abondent dans ses eaux, avec des prises moyennes autour de 1 à 2 kg. Certains pêcheurs optent même pour des excursions en hélicoptère ou en rafting pour accéder aux meilleurs spots.

Des randonnées hors du commun

Le Department of Conservation (DOC) a aménagé plusieurs sentiers de randonnée autour de Mangaweka, traversant des forêts indigènes, longeant la Rangitīkei River ou empruntant d'anciens tronçons de voie ferrée abandonnée depuis les années 1980. Ces circuits permettent de découvrir une nature luxuriante, mais aussi des éléments du patrimoine ferroviaire comme des tunnels désaffectés et de vieux viaducs, dont certains comptent parmi les plus hauts du pays.

Parmi les randonnées recommandées :

  • Mangaweka Scenic Reserve Track : une promenade paisible de 30 minutes à travers une forêt native luxuriante peuplée de rimu, totara et mataī, avec des chants de tūī et de kererū en fond sonore.
  • Ngahere Walk : une boucle facile juste après le pont de Mangaweka, idéale pour un après-midi détente.
  • Whitecliffs Boulders : une curiosité géologique, jardin de rochers de mudstone aux formes mystérieuses, accessibles à pied ou en descente fluviale.
  • Parc forestier de Ruahine : à proximité, ce parc naturel propose de longues randonnées au cœur d'une nature sauvage.

Une vallée pour les amateurs de sensations fortes

Outre les activités classiques, les environs de Mangaweka accueillent également la plus haute tyrolienne de l'hémisphère sud et un saut à l'élastique de 80 mètres au-dessus des gorges. L'aventure est ici omniprésente, à la croisée entre adrénaline et nature.

Une scène artistique vivante

Le centre de Mangaweka, autrefois artère principale du village, s'est transformé en un véritable quartier artistique à ciel ouvert. Dans une atmosphère figée depuis les années 1980, plusieurs galeries et cafés exposent des œuvres inspirées de la vie rurale et de l'environnement naturel des alentours.

Parmi ces lieux, l'ancienne église du début du XXe siècle, désormais reconvertie en galerie, met en valeur les créations de l'artiste néo-zélandais primé Richard Aslett, ainsi que celles d'autres talents locaux. Mangaweka a inspiré de nombreux artistes du pays, dont la célèbre Robin White et le poète Sam Hunt, séduits par la tranquillité et la beauté brute du village.

Ce dynamisme artistique est renforcé tous les deux ans par le festival "Fakes & Forgeries", un événement à la fois humoristique et provocateur qui illustre l'esprit créatif de la communauté. Ce festival, parfois controversé, rend hommage à Karl Sim (alias Carl Feodor Goldie), faussaire de renom et enfant du pays, revenu en 2007 pour y célébrer son art au sein même de ce lieu singulier. L'exposition Forgeries art exhibition fait ainsi partie intégrante de l'identité culturelle de Mangaweka, à la croisée entre l'art, la satire et le patrimoine.

Mangaweka aujourd'hui

MAlgré sa petite taille et de nombreux bâtiments aujourd'hui inoccupés, Mangaweka conserve une vie locale authentique et dynamique. Le village abrite toujours une école primaire, une bibliothèque, un hôtel ainsi que quelques commerces et galeries d'art. Plusieurs entreprises locales se sont orientées vers le tourisme d'aventure, profitant de l'attrait naturel des gorges de la Rangitīkei River. 

FAQ

Où se trouve l'avion de Mangaweka ?

L'avion de Mangaweka, un Douglas DC-3 emblématique, a été déplacé à Shannon en 2021 pour restauration après avoir longtemps trôné au centre du village.

Pourquoi Mangaweka est-elle célèbre ?

Mangaweka est célèbre pour son ambiance rétro unique, son emblématique avion DC-3, sa scène artistique dynamique et sa proximité avec la spectaculaire Rangitīkei River propice aux sports d'aventure.

4 photos