Située sur la côte ouest de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, Hokitika est une petite ville côtière qui séduit par son atmosphère tranquille et son héritage culturel riche. Ancien centre de la ruée vers l'or au XIXe siècle, elle a su conserver une identité forte tout en s'ouvrant au tourisme, avec un mélange d'histoire, d'artisanat et de paysages à couper le souffle. Que vous y veniez pour quelques heures ou pour plusieurs jours, Hokitika promet une expérience authentique et mémorable au cœur de la Nouvelle-Zélande.
Hokitika est la principale ville du district de Westland et le siège de son administration. À seulement environ 40 km au sud de Greymouth (soit une demi-heure de route), elle s'étend à l'embouchure de la rivière Hokitika et est bordée par la mer de Tasman. Cette petite ville se trouve à mi-chemin entre les Pancakes Rocks de Punakaiki, au nord, et le glacier Fox, plus au sud. Hokitika est aussi une étape incontournable pour les voyageurs qui traversent l'île d'est en ouest en empruntant le spectaculaire col d'Arthur's Pass.
Le nom Hokitika trouve son origine dans la langue maori et se traduit par "revenir directement" (hoki=revenir, tika=direct). Selon la tradition, il renvoie à un épisode marquant impliquant les guerriers Ngāi Tahu. En quête du pounamu (jade néo-zélandais), ces derniers s'apprêtaient à attaquer un village fortifié des Ngāti Wairangi. Mais leur chef se noya en tentant de traverser la rivière Hokitika. Privée de son meneur, l'armée dut alors renoncer à son expédition et rentrer directement sur ses terres, donnant ainsi son nom au lieu.
Le site de l'actuelle Hokitika fut acquis en 1860 par la Couronne, lorsque les chefs Poutini Ngāi Tahu signèrent le traité d'Arahura, cédant près de 3 millions d'hectares de la côte ouest pour 300 £, à l'exception de petites réserves maories.
La découverte d'or en 1864 transforma aussitôt la ville en colonie minière prospère. En quelques mois, des milliers de prospecteurs venus d'Europe, de Chine et d'Australie affluèrent, faisant d'Hokitika la seconde agglomération de Nouvelle-Zélande et l'un des centres majeurs de la ruée vers l'or.
Hokitika atteignit son apogée en 1866 avec un port extrêmement actif : jusqu'à 41 navires pouvaient y accoster simultanément, et il devint le premier pays en nombre d'entrées et en valeur des exportations, principalement vers Melbourne. Cette situation provoqua des tensions avec les villes de l'est, privées des bénéfices du commerce.
La communauté juive participa à cette dynamique : des commerces virent le jour, une synagogue fut construite dans Tancred Street. John Lazar, franc-maçon influent, fut nommé greffier municipal en 1866. La même période fut marquée par des épisodes politiques et sociaux, comme la cérémonie funéraire organisée en 1868 en hommage aux Martyrs de Manchester, qui valut l'arrestation du prêtre William Larkin.
En 1873, Hokitika devint la capitale de la province du Westland, jusqu'à l'abolition des provinces trois ans plus tard. La fin des filons accessibles entraîna un déclin progressif dès 1867, bien que l'exploitation aurifère ait perduré quelques années. Dans les années 1880, les mineurs de quartz de Bullendale et Reefton furent même les premiers en Nouvelle-Zélande à utiliser l'électricité. La ville se diversifia ensuite avec les scieries, l'industrie du lin et le commerce maritime.
Au début du XXe siècle, Hokitika comptait deux établissements médicaux : le Westland Hospital et l'asile de Seaview. Mais son histoire fut assombrie en 1941 par le drame de Stanley Graham, un fermier qui tua 7 personnes, dont plusieurs policiers. La chasse à l'homme qui suivit, la plus vaste menée en Nouvelle-Zélande, mobilisa plus de 100 agents et plusieurs centaines de soldats. Graham fut mortellement blessé le 20 octobre et mourut le lendemain.
Par la suite, la ville perdit de son importance et devint un village, à l'image de Nelson autrefois promise à un grand avenir. Toutefois, Hokitika a retrouvé un second souffle grâce au tourisme et au pounamu, jade sacré des maoris. Aujourd'hui, ses bâtiments historiques, musées et ateliers d'artisans locaux perpétuent l'héritage de la ruée vers l'or, tandis que le travail du jade attire les visiteurs et les amateurs de bijoux symboliques.
Hokitika est considéré comme la capitale du jade néo-zélandais (pounamu). Utilisé par les maoris depuis des siècles pour fabriquer armes, outils et bijoux, ce minéral sacré reste au cœur de l'identité locale. Ateliers et galeries permettent d'observer les artisans locaux sculpter des pendentifs en forme de koru (spirale) ou de manaia (créature protectrice), et d'acquérir des pièces uniques. Certaines adresses offrent même la possibilité de créer son propre pendentif.
Véritable emblème d'Hokitika, Hokitika Gorge (ou Gorge d'Hokitika) attire chaque année des milliers de visiteurs. Située à une trentaine de kilomètres du centre-ville, elle est accessible par une route panoramique jalonnée de points d'intérêt comme le lac Kanière et les Dorothy Falls.
La gorge se découvre grâce à un sentier facile qui mène à plusieurs plateformes d'observation et à un pont suspendu dominant la rivière Hokitika. L'eau, d'un turquoise éclatant, doit sa couleur aux fines particules minérales issues des Alpes du Sud. Ce contraste saisissant avec la végétation luxuriante et les parois rocheuses en fait un site d'une beauté rare, digne d'une carte postale.
Le circuit, aujourd'hui aménagé en boucle, traverse une forêt mature et longe des passerelles en bois, offrant des points de vue variés et photogéniques. La balade elle-même ne prend qu'une quinzaine de minutes de marche, mais beaucoup de visiteurs choisissent de prolonger leur séjour dans les environs pour profiter de la tranquillité du lieu.
Fance à la mer de Tasman, Hokitika Beach est l'un des symboles de la ville. On y trouve le fameux panneau "Hokitika" en bois flotté, devenu un sport photo incontournable. Les visiteurs apprécient ses magnifiques couchers de soleil et les sculptures éphémères créées à partir du bois échoué. En revanche, la baignade y est déconseillée à cause des courants puissants. Le site de Sunset Point, tout proche, permet d'observer ces spectacles naturels dans une ambiance paisible, souvent accompagné d'un bon petit déjeuner sur la plage.
La région est un terrain de jeu pour les amoureux de plein air : randonnée, kayak, vélo, pêche, ou simples balades le long du littoral. Parmi les immanquables :
Le Hokitika Museum, installé dans l'historique bâtiment Carnegie, retrace l'histoire de la ruée vers l'or, du pounamu et des premiers colons. Le Heritage Trail et le Westland Industrial Heritage Park complètent la découverte du passé local. La ville regorge aussi de galeries d'art et d'artisanat (poterie, tricot, verre soufflé, photographie), reflet d'une scène créative vibrante. Ne manquez pas non plus le Shipwreck Memorial, hommage aux naufrages historiques qui ont marqué cette côte ouest redoutée.
Deux festivals annuels reflètent l'esprit créatif et festif d'Hokitika :
Hokitika bénéficie d'un climat océanique, marqué par des étés doux, des hivers frais et des pluies bien réparties toute l'année. Les températures maximales atteignent environ 19,9 °C en février et 12 °C en juillet, tandis que les minimales descendent à 12,1 °C en février et 3,1 °C en juillet. L'été (décembre à février) est idéal pour les randonnées, la baignade et les festivals. Le printemps et l'automne offrent de magnifiques couleurs. L'hiver, plus frais, séduit par ses ciels dramatiques et ses montagnes enneigées, avec en prime la proximité des stations de ski.
Hokitika est facilement accessible grâce à la State Highway 6, qui traverse la ville du nord au sud. Cette route panoramique relie Hokitika à Greymouth au nord et à Haast plus au sud, offrant un trajet côtier spectaculaire. Depuis Christchurch, il faut compter environ 3h30 de route en passant par l'impressionnant col d'Arthur's Pass. Nelson se trouve à environ 4 heures en voiture d'Hokitika, en suivant la même route nationale.
Pour ceux qui préfèrent l'avion, l'aéroport de Hokitika, installé à Seaview, assure deux vols quotidiens d'environ 35 minutes vers Christchurch avec Air New Zealand, facilitant les connexions avec le reste du pays.
Oui, Hokitika est un bon endroit où vivre si vous recherchez une ville paisible, proche de la nature, avec une forte communauté locale, un cadre sauvage exceptionnel et un coût de la vie raisonnable.
La pierre emblématique de la Nouvelle-Zélande est le pounamu (jade néo-zélandais), une pierre sacrée pour les Maoris, utilisée depuis des siècles pour fabriquer des bijoux, des outils et des objets cérémoniels.