Les Ryokan, auberges traditionnelles japonaises

Imaginez les anciennes maisons basses japonaises, leur ossature en bois, les portes en bambou, les tatamis, les bassins fumants et les jardins finement entretenus – parfois, il y a un petit étang. Quand vous pénétrez dans un ryokan, le temps se rembobine et vous êtes transporté des siècles en arrière. Vous voilà dans le Japon traditionnel, un univers paisible et harmonieux.

Histoire

Les premiers ryokans, autrefois nommés « fuseya », ont été fondés au VIIIe siècle : le Nishiyama Onsen Keiunkan dans la préfecture de Yamanashi et le Hōshi Ryokan dans la préfecture d’Ishikawa. Ces auberges traditionnelles offraient gratuitement l’hébergement aux voyageurs le temps d’une nuit. Elles accueillaient notamment les pèlerins et les moines en quête de remèdes médicinaux dans les sources thermales du Japon. A l’époque d’Edo, les seigneurs féodaux, qui devaient visiter le shogun à Tokyo tous les deux ans, s’y reposaient avec leurs samouraïs. Depuis, les ryokans, au même titre que les sushis et les onsens, sont devenus une véritable institution dans le pays.

Découvrir les Ryokans

Ils sont environ 80 000 adresses à promouvoir l’omotenashi, l’art de l’hospitalité à la japonaise, dans tout le pays. Minshukus familiaux, auberges historiques ou contemporaines… Les ryokans existent sous plusieurs formes. Souvent associés à la campagne nipponne, ils sont également présents dans les zones urbaines, comme à Tokyo. Mais on les préfère au plus près de la nature, avec de jolis jardins, des rotenburos et des vues sur les montagnes, les ruisseaux ou la mer.

Plongez dans un monde à part

Les ryokans subjuguent par leur aspect épuré et pittoresque. Les matériaux naturels sont à l’honneur, alors que l’esthétisme japonais magnifie les espaces. Dans les chambres, vous vous sentirez léger en foulant le sol en tatami. Vous disposez habituellement d’un petit salon pour vous reposer ou recevoir à l’heure du thé. Des portes coulissantes en bambou délimitent l’accès à votre coin nuit : il n’y a pas de lit, vos hôtes vous proposent de dormir dans un futon douillet. La décoration est sobre et soignée pour vous apporter le calme et la sérénité.

La plupart des auberges cachent un jardin japonais où vous ressourcer. Beaucoup comportent un bain thermal en extérieur ou rotenburo pour un moment de bien-être. Certains petits onsens peuvent être privatisés (kashikiri), mais dans la majorité des cas, les locataires se partagent les bassins sans rechigner. Le soir, après un bain revitalisant, revêtez votre yukata pour le dîner. Le repas est servi entre 18h et 19h, dans les chambres ou dans une salle de restauration, en fonction de l’établissement. C’est le moment de découvrir la cuisine kaiseki, un assortiment de plusieurs services soigneusement présentés et essentiellement préparés avec des produits locaux de la saison. Vous aurez droit à des légumes mijotés, du sashimi, du poisson grillé, de la soupe miso, du riz, à un kuchitori, un aemono, un mushimono… et bien sûr à un dessert japonais. Le petit-déjeuner se déroule de la même manière. Attention, le saké et le café ne sont souvent pas inclus dans le prix du repas.

Que faire entre les repas et les bains ? Si vous séjournez dans un ryokan de grande taille, vous pouvez passer le temps en profitant des diverses installations de loisirs et de détente : chaises de massage, tables de ping-pong, karaoké, espaces jeux vidéo, etc. N’hésitez pas à quitter votre auberge le temps de quelques heures pour visiter les attractions alentour.

Quelques ryokans populaires

Libérez-vous de la frénésie de Tokyo en logeant au Hatago Kintoen à Hakone. Le rotenburo de l’auberge offre une splendide vue sur la forêt. Aussi simple à atteindre depuis la capitale, l'Oyado Taketori Monogatari à Chichibu, dans la préfecture de Saitama, propose sept chambres reposantes, des bassins chauds discrets et une délicieuse cuisine traditionnelle. Dans la ville de Matsuyama, le Dougoya Ryokan se situe à quelques minutes de marche du Dôgo onsen, une des plus vieilles maisons de bain du Japon, qui a inspiré Hayao Miyazaki pour la réalisation du film Ghibli « Sento no Chihiro » (Le Voyage de Chihiro). L’établissement ne servant que le petit-déjeuner traditionnel, c’est une bonne adresse pour réaliser des économies. A Yudanaka, posez vos valises au Senshinkan Matsuya pour combiner votre expérience de ryokan avec la découverte des macaques japonais blotties dans les sources chaudes. Vos hôtes vous fournissent le yukata pour que vous puissiez vous fondre dans le paysage traditionnel du village. Les onsens publics à Yudanaka sont gratuits. Dans la préfecture de Yamaguchi, le ryokan Otanisanso à Nagato vous reçoit sur les berges de la rivière claire Otozure. Dans ses bassins épurés, vous aurez la possibilité d’expérimenter différents types de bains, comme les bains d’herbes, de cyprès ou de granit.

Conseils pratiques

Quelques règles de bienséance sont à respecter durant votre séjour dans un ryokan. Otez vos chaussures à l’entrée, on se déplace avec des chaussons (fournis) ou pieds nus à l’intérieur. Enfilez le yukata préparé par vos hôtes. Dans les chambres, les tatamis peuvent être fragiles alors faites attention, ne tassez pas vos valises dessus. Enlevez et rangez vos pantoufles au pas de la porte avant d’entrer dans la pièce.

Informez-vous sur les horaires des bains et des repas et tâchez de les respecter. Une fois à table, essayez de goûter, voire terminer tous les plats du kaiseki. Ne laissez pas trop de restes. Surtout, évitez de renverser du liquide ou des miettes sur le tatami ! Ne vous promenez pas dans les sanitaires avec vos chaussons d’intérieur. Il existe des pantoufles de salle de bain.

Douchez-vous toujours avant de vous baigner dans un onsen. En tout temps, ne parlez pas fort, les ryokans sont des lieux destinés à un séjour tranquille.

Tarifs

Les frais de séjour dans un ryokan sont facturés par personne, par chambre et incluent dans la plupart des cas les repas (au moins le petit-déjeuner). Le prix de la nuitée tourne autour de 15 000 yens pour les auberges classiques. Le tarif sera beaucoup plus cher, plus de 50 000 yens, dans les établissements de grande classe ou les auberges fondées à l’ère Meiji.

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