Sanctuaire du cheikh Sufi Abd al-Samad

Tombe-mosquée remarquable du xiiie siècle, le sanctuaire Abd al Samad rend justice à la réputation touristique de l’Iran. À visiter absolument lors d’un séjour à Natanz, dans la province d’Ispahan.

Introduction

Qu’il paraît loin, l’Iran du Moyen Âge où les sultans et les vizirs faisaient la pluie et le beau temps de l’empire perse. Est-elle bien révolue, l’époque où les soufis, méprisant le luxe et l’appétit des biens matériels, se révélaient aux habitants comme un exemple de sagesse ? C’est sans compter sur la ville iranienne de Natanz qui continue d’honorer la mémoire de ces grands hommes et leur a érigé de véritables monuments funéraires. L’un d’eux, le cheikh Abd al-Samad, repose aujourd’hui dans un magnifique complexe sanctuaire, comportant une mosquée pourvue d’un minaret à 3 niveaux. La visite de son tombeau réservera des plaisirs inattendus aux amateurs d’architecture.

Pour la petite histoire

Abd al-Samad – le nom s’écrit également Abd-ul-Samad ou Abdul Samad – a vécu au xiiie siècle, à l’époque où l’Iran était dirigé par la dynastie Ilkhanide d’ascendance moghole. Ses contemporains le tenaient pour un grand soufi. Il appartenait au groupe des shiites et à l’ordre Suhrawardi. Menant à sa suite plusieurs derviches, Abd al-Samad proposait une approche mystique et ésotérique de la religion de Mahomet. Il a inscrit son nom dans la lignée des guides spirituels de l’islam.

À la mort du cheikh en 1299, le vizir de l’époque Zayn al-Din Mastaria, qui fut parmi ses disciples, donna l’ordre de bâtir un sanctuaire en son honneur. La réalisation des travaux lui a pris une dizaine d’années. Pour preuve, l’épitaphe sur le portail est indique que la mosquée principale à côté du tombeau fut achevée entre 1304 et 1305. Outre cette mosquée, le complexe présente trois autres parties : une chapelle octogonale, un haut minaret et une mosquée plus récente, érigée entre 1930 et 1940. Une foule de fidèles viennent encore méditer et se recueillir sur la tombe d’Abd al-Samad.

Description

Le complexe funéraire d’Abd Al-Samad appelle à une émouvante balade dans le temps. La Grande Mosquée de Natanz, qui jouxte la tombe du saint soufi, est de loin la partie la plus intéressante du complexe. Jetez un coup d’œil à sa façade en tuiles vernissées, faite d’argile et d’ornements en stucs. Le bâtiment déploie une suite d’iwans, d’arcades triangulaires et de couloirs, avec des muqarnas étincelants qui donnent une pointe de charme à l’ensemble. Le minaret vertigineux mérite également votre attention. Enfin, le pavillon octogonal très insolite donne sur le tombeau à baldaquin où repose le soufi. D’après les études archéologiques, le pavillon était la structure la plus ancienne sur le site. En déambulant dans le bâtiment, c’est tout le monde des derviches et des soufis qui semble renaître de ses cendres.

Même si la balade spirituelle ne vous dit rien, le tour du sanctuaire Abd Al Samad n’est pas pour déplaire ! Le site est l’un des exemples les plus raffinés de l’architecture ilkhanide.

Meilleure période pour visiter le sanctuaire

La province d’Ispahan se visite sans problème entre mai et août. Il faut éviter à tout prix d’y aller pendant la période de grand froid. D’ailleurs, la majorité des sites touristiques sont fermés en cette saison. L’été est donc la meilleure saison pour explorer le mausolée Abd Al Samad.

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