Palais du Golestan

Qui n’est jamais venu à Téhéran sans garder en mémoire l’architecture de rêve du palais de Golestân ? Une attraction phare à découvrir dans le centre historique de la capitale iranienne.

Introduction

Les villes-capitales gèrent quantité de monuments publics dans le souci d’entretenir leur rayonnement et leur prestige culturel. Téhéran ne fait pas exception à cette règle. Si vous êtes un amateur de voyage en Iran, vous avez certainement entendu parler du palais de Golestân. Situé au cœur du vieux quartier de Téhéran, dans la citadelle d’Arg-e Soltanati, le palais constitue l’un des témoignages les plus beaux et les plus aboutis de l’architecture Kadjar. Voici un but de balade recommandé pour apprendre l’histoire des familles royales perses, éventer leurs mille secrets, glisser dans les coulisses de leur quotidien. Plus qu’un ensemble résidentiel d’exception, le complexe de Golestân ouvre une fenêtre sur l’Iran du xvie au xixe siècle. Les touristes pousseront les portes d’un monde de luxe, d’apparat et de trésors artistiques. À visiter absolument !

Notes historiques

Tout commença au xvie siècle. Quand Tahmasp Ier, de la branche des Safavides, arriva sur le trône en 1524, il donna l’ordre de bâtir une ville forte (Arg en persan) pour se protéger des raids incessants des puissances voisines. À cette époque, l’empire ottoman et l’empire ouzbek luttèrent contre l’Iran. Le palais Golestân vit le jour, servant de résidence à la famille royale et d’espace de divertissement pour la cour. Sa forme actuelle, qui date de 1865, témoigne de la renaissance artistique et architecturale en Iran au cours de l’ère Qadjar. Majestueux et sublime, le palais mérite bien son nom : Golestân se traduit en persan par « palais des roses » ou encore « palais du jardin des fleurs ».

L’ensemble palatial a été affecté à différents usages par le passé. Là se trouvent les appartements privés de Karim Khan, le fondateur de la dynastie Zand. C’est là que la maison Palhavi, la dernière dynastie dirigeante en Iran avant l’avènement de la République, donna des somptueux banquets. Là encore se sont tenues les cérémonies de couronnement de Reza Chah et de son fils Mohammad Rheza Palhavi, avant leur départ en Égypte, la terre d’exil dont ils ne reviendront pas. La visite du palais invite à revivre les moments forts de l’empire perse dans un décor privilégié.

Le complexe a fait l’objet d’une rénovation de grande ampleur sous le règne de Nasseredine Chah (1848-1896). Au cour d’un voyage en Occident, il a attentivement étudié les chefs-d’œuvre architecturaux de la France, de l’Autriche et du Royaume-Uni. Impressionné, le chah donna un nouveau souffle à l’architecture et aux arts iraniens. Des architectes internationaux ont été recrutés, avec pour mission d’introduire les technologies de construction occidentales en Iran.

Aujourd’hui

Monument d’importance, tant du point de vue architectural qu’historique, présentant une documentation approfondie des dynasties régnantes de la Perse, le palais de Golestân a rejoint de bonne heure le rang des sites classés. D’abord, en 1956, sur la liste des monuments nationaux de l’Iran, ensuite, en 2013, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le tour du palais s’impose pour tous les amateurs de belles pierres, d’histoire et de civilisation en vacances à Téhéran. Sa particularité réside dans le design futuriste, qui offre un savant mélange entre les motifs architecturaux traditionnels de la Perse et les influences occidentales.

Huit attractions à découvrir

Le Palais de Golestân vous montrera à quel point le pouvoir, le luxe et les beaux arts font bon ménage.

Le jardin

Pour débuter la balade, perdez-vous à volonté dans le jardin soigneusement entretenu. Le parterre de fleurs, le dallage de marbre et les bassins en céramique bleue vous arracheront un cri d’admiration. Une longue allée dominée par un cours d’eau conduit jusqu’à la salle du trône.

La chambre du trône 

C’est la première structure du palais. Le trône de marbre (Takht-e Marmar), âgé de plus de 250 ans, s’y trouve. Conçu entre 1747 et 1751, il a la forme d’un plateau en marbre blanc, soutenu par des figures d’hommes, de femmes, de créatures féériques et maléfiques. Le trône, accessible à partir de deux marches, est entouré d’une balustrade finement ouvragée. Les souverains ont coutume de s’asseoir sur la plate-forme lorsqu’ils parlent, discutent des affaires politiques ou rendent un verdict. Le trône royal est sans doute l’attraction principale du palais.

La retraite de Karim Khan (Khalvat-e Karimkhani) 

A l’aile droite du complexe, les ruines des appartements de Karim Khan se présentent devant vous. Le Khalvat-e Karimkhani, bâti aux alentours de 1760, est l’une des toutes premières structures du site. Il abrite une piscine, un trône royal et le cercueil de Nasseredine Shah, signalé par une pierre tombale.

La chambre de réception (Talar-e Salam)

Poursuivez la visite en entrant dans la chambre de réception. Observez la déco lumineuse, à grand renfort de fresques et de vitraux. La première intention de Nasseredine Chah était d’en faire un musée d’art à la française, mais il décida finalement d’y accueillir les invités de marque. C’est là qu’il préparait des banquets et des évènements festifs. Achevée entre 1874 et 1882, la salle de réception est, avec le Chams-ol-Emareh, la plus jolie pièce du palais.

La chambre des cadeaux 

Les chahs ont aménagé une chambre entière pour regrouper les cadeaux obtenus de la part des courtisans, mais aussi des rois, reines, ministres et ambassadeurs d’autres pays. Vous la trouverez à droite du Talar-e Salam.

La salle des miroirs 

Occupant le premier étage du palais, cette salle est une fidèle réplique de la Galerie des Glaces du château de Versailles. C’est là que le dernier chah de l’Iran s’est fait investir de la couronne en 1967.

Le soleil de l’architecture (Chams-ol-Emareh)

L’influence occidentale s’y ressent plus que dans nulle autre partie du palais des roses. Au retour de son voyage en Europe, Nasseredine Chah nourrissait l’ambition de bâtir quelque chose de spectaculaire et de grandiose. Il a ajouté ce bâtiment en cinq étages dans l’aile ouest du palais. Achevé en 1867, Chams-ol-Emareh fut à l’époque l’un des édifices les plus hauts de la capitale téhéranaise.

Le pavillon des baguirs 

Le baguir, une sorte de tour à vent installée en hauteur, est un élément typique des anciennes résidences persanes. Sans surprise, le pavillon intègre, dans une pièce souterraine, un bassin d’eau chargé de refroidir l’eau stockée par la tour éolienne. C’est grâce à la présence de vitraux, de belles colonnes torsadées et de plinthes de marbre que le bâtiment tire son épingle du jeu. De même, les miroirs et les fresques recouvrant le plafond se déroberont difficilement à votre regard.

Comment y aller ?

Le site est à deux pas du Grand Bazar, au cœur de la place Ark, qui forme le quartier historique de Téhéran.

Quand ?

Le site est ouvert au public de 9 h à 15 h à raison de 5 j/7; les jours de visite excluent le jeudi et le vendredi. Il faut compter deux bonnes heures pour voir les essentiels du complexe.

S’agissant de la saison, le printemps offre un climat agréable pour les voyages à motif touristique. De mars à mai, les températures se réchauffent à Téhéran sans être accablantes. Mais les visites en été ne sont pas à propos.

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