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iximche

La cité perdue d’Iximché fait partie des plus grands trésors du Guatemala. Située à proximité de la ville de Tecpán, dans le département du Chimaltenango, l’ancienne capitale du royaume des Mayas Kaqchikeles attire chaque année plusieurs centaines de pèlerins, de touristes et d’archéologues du monde entier. Ses pyramides, son musée et ses ruines reflètent l’histoire, la culture ainsi que la religion de l’une des plus importantes tribus guerrières du Nouveau Monde.

De nos jours, Iximché demeure un lieu sacré pour les Autochtones. Certaines formes de syncrétisme entre le catholicisme et une religion traditionnelle y sont régulièrement organisées par les descendants des Mayas.

Histoire

La cité d’Iximché a été fondée en 1470 par les Mayas Kaqchikeles. Forcés de quitter la cité de Chaviar pour s’être rebellés contre le souverain du peuple Quiché, le roi Quikab, les Mayas Kaqchikeles durent trouver un autre territoire. Ils s’installèrent dans un magnifique endroit entouré de falaises et construisirent une ville digne de leur renommée.

Ils y bâtirent des pyramides, des palais ainsi que des zones résidentielles formées de huttes en adobe et aux toits de mortiers. Ils décorèrent leurs murs par des peintures de style Mixteca-Puebla. Ces dernières illustraient des symboles étranges, des rites ou encore des dieux.

Quatre clans régnaient sur la cité : les Xajil, les Sotz'il, les Tuquche' et les Ajqajal. Chacun d’eux avait un chef. Ce seigneur se chargeait de délimiter le territoire de sa tribu et y faisait construire des huttes, un palais, une cour royale et ses temples.

Les Kaqchikeles avaient également aménagé plusieurs terrains dédiés au jeu de balle. Au terme d’une partie importante, après la guerre, pour inaugurer un temple ou à l’occasion d’événements spéciaux, ils rendaient hommage à leurs dieux par des sacrifices humains.

Au cours du XVe siècle, les Kaqchikeles firent face à plusieurs guerres les opposants contre leur ancien roi et d’autres peuples aux alentours. Leur nouveau royaume fut également sujet à un important conflit interne.

Au début du XVIe siècle, ils entendirent parler d’un peuple venu d’ailleurs qui avait réussi à soumettre les Aztèques, les Espagnols.

Ces derniers arrivèrent près de leur territoire en 1524. Très affaiblis par une épidémie de variole et les guerres avec leurs voisins, les seigneurs Kaqchikeles prirent conscience qu’ils ne pouvaient pas vaincre les Espagnols. Ils invitèrent ainsi le conquistador Pedro de Alvarado dans la cité d’Iximché. Là, ils lui proposèrent une alliance. Ils fourniraient des guerriers aux étrangers pour les aider à conquérir le pays en échange de certains avantages.  Pedro de Alvarado accepta le marché.

Quelques années plus tard, les Kaqchikeles voulurent se rebeller contre les Espagnols. Au terme des affrontements, les Indigènes durent se rendre. La cité d’Iximché fut abandonnée par ses fondateurs en 1525 puis incendiée par les Espagnols en 1526.

Iximche aujourd’hui

De nos jours, Iximché ressemble à une vaste clairière recouverte d’une pelouse bien verte, entourée de plusieurs arbres. Quelques stèles de pierre, des estrades et les vestiges d’anciennes pyramides perlent ce vaste territoire. Les trésors de cet important site archéologique ne sont révélés qu’à la lumière d’un bon guide.

Ce dernier raconte alors que l’ancienne cité est divisée en plusieurs places où régnaient les anciens seigneurs Kaqchikeles. En visitant chaque domaine, les explications du guide permettent de se projeter en arrière et visualiser la cité telle qu’elle était autrefois. La zone est divisée en plusieurs Plazas.

La Plaza A

Ce site se trouve juste à l’entrée d’Iximché, juste après le parking. À première vue, elle ressemble à une plaine où quelques plateformes et deux pyramides émergent du sol. Mais en écoutant les descriptions qu’en fait le guide, la place devient très vite intéressante.

À l’époque des Kaqchikeles, la Plaza A était le domaine du clan des Sotz’il. La pyramide au centre de ce quartier, l’Estructura 2, faisant plus de huit mètres de haut. Un temple avait été érigé au sommet de la structure pour rendre hommage aux dieux. Ses murs portaient des ornements de multiples couleurs symbolisant probablement les rites de l’époque. De nos jours, cette chambre n’existe plus.

Une autre pyramide a été construite juste en face de l’Estructura 2. Au sommet de cet Estructura 3 se trouvaient également une mystérieuse salle où les chamans brûlaient de l’encens pour invoquer les divinités. En face des structures, des estrades circulaires servaient aux danses rituelles. Une autre place surélevée contenait les restes d’un noble de l’époque. De nos jours, un grand arbre a remplacé le sanctuaire de l’Estructura 3.

Au milieu du XVe siècle, des huttes aux murs d’adobes et aux toits de mortiers ou de bois avaient été construites sur les autres plateformes de la Plaza A. Elles servaient de structures administratives, de lieux de culte ou d’habitation.

La Plaza B

La Plaza B fait suite à la Plaza A. Le tableau est presque similaire au précédent quartier. Mais une fois encore, les panneaux et les explications du guide permettent de voyager dans le temps pour découvrir ses secrets.

À l’époque des anciens Mayas, un palais avait été érigé au nord de ce quartier, le Gran Palacio. Il s’agissait du lieu de résidence du clan Sotz’il. Des maisons multicolores similaires à ceux de la Plaza A y avaient été érigées. Il n’en subsiste malheureusement que les bases.

Une autre pyramide et un sanctuaire avaient été érigés à l’autre bout du quartier. Les ravages du temps n’ont laissé que les bases de ces anciennes structures.

La Plaza C

Le plus grand quartier de l’époque était sans doute la Plaza C. Elle comportait une grande zone résidentielle, la Pequeño Palacio, ainsi que trois pyramides aux sommets desquels les Kaqchikeles avaient bâti des sanctuaires. De nos jours, il  n’en demeure que les vestiges.

D’autres structures valent également le détour à Iximché. Sa Plaza F, à l’extrémité est du site, comporte une place où les descendants des Mayas continuent à perpétuer certains rites traditionnels. Le musée d’Iximché, lui, expose les trouvailles archéologiques décrivant le mode de vie des Mayas Kaqchikeles.

Comment y aller ?

Pour vous rendre à Iximché, il vous suffit de prendre un bus à Tecpán. Vous pouvez trouver ces fameux Colectivo sur la rue Calle 1, dans le sud de la ville. Vous pouvez également prendre un taxi.

Horaire et tarif

Le parc d’Iximché est ouvert tous les jours de 8h à 16h. Le prix d’entrée des 50 quetzals pour les touristes.

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