Au sud de Basse-Terre, les Saintes forment un petit archipel d’une beauté saisissante, considéré comme l’un des plus beaux joyaux des Caraïbes. Composé de 9 îlots volcaniques dont seulement 2 sont habités, cette destination séduit par son authenticité, ses paysages spectaculaires et son atmosphère paisible. Entre plages de rêve, patrimoine colonial et vie insulaire pleine de charme, les Saintes offrent une escapade inoubliable, loin du tumulte touristique.
Situé à environ 15 km au sud de la Guadeloupe, l’archipel des Saintes s’étend entre Marie-Galante à l’ouest et la Dominique au sud, au cœur des Petites Antilles. Il est séparé de la Basse-Terre par le canal des Saintes.
Les Saintes bénéficient d’un climat tropical agréable et ensoleillé toute l’année, avec des températures oscillant entre 25 °C et 30 °C, rarement au-delà de 33 °C. Ce climat est adouci par les alizés, qui apportent une brise constante et un air marin rafraîchissant.
Deux saisons rythment l’année :
Les Saintes rassemblent 9 îles volcaniques, dont 2 habitées :
Les 7 autres îlots (l’îlet à Cabrit, le Grand-Îlet, la Coche, les Augustins, la Redonde, le Pâté et les Roches Percées) offrent un cadre naturel exceptionnel, prisé des plaisanciers et des plongeurs.
Terre-de-Haut, avec sa baie classée parmi les plus belles du monde, séduit par ses maisons aux toits rouges, ses ruelles fleuries et son ambiance paisible. On s’y déplace à pied, en scooter, en vélo, ou en voiturette, et la vie s’anime le jour avant de retrouver sa quiétude le soir, entre pêcheurs et couchers de soleil.
En face, Terre-de-Bas charme par sa nature intacte, ses sentiers escarpés, ses plages tranquilles et son accueil chaleureux. Entourée d’îlots sauvages, elle incarne une Guadeloupe authentique, rythmée par la mer, les traditions créoles et la douceur de vivre.
Avant l’arrivée des Européens, les îles des Saintes, alors appelées Caaroucaëra, servaient de terrain de chasse et de pêche aux Arawaks puis aux Caraïbes venus de la Guadeloupe et de la Dominique. Dépourvues de sources d’eau douce, elles n’étaient pas habitées en permanence. Le 4 novembre 1493, Christophe Colomb découvre l’archipel lors de son second voyage et le baptise “Los Santos” en hommage à la Toussaint. Jugées sans intérêt économique, les îles sont rapidement délaissées par les Espagnols.
En 1648, les Français annexent les Saintes sous l’autorité du gouverneur Charles Houël. Les tentatives agricoles échouent, mais l’archipel devient un point stratégique dans la lutte pour le contrôle des Caraïbes. Les Français et les Anglais s’y affrontent à plusieurs reprises, marquant durablement l’histoire locale. Pour défendre ses positions, la France fait bâtir le Fort Napoléon à Terre-de-Haut et le Fort Joséphine sur l’îlet à Cabrit.
Le 12 avril 1782, la Bataille des Saintes oppose la flotte française du comte de Grasse à celle de l’amiral Rodney. La défaite française est lourde, mais cet affrontement reste l’un des plus célèbres de l’histoire navale des Antilles, valant à l’archipel le surnom de “Gibraltar des Caraïbes”.
Au XIXe siècle, après plusieurs occupations anglaises et une brève période suédoise, les Saintes redeviennent définitivement françaises en 1816. Les habitants, descendants des colons bretons, normands et poitevins, vivent alors de la pêche et de la mer. Plus tard, le Fort Napoléon, achevé sous Napoléon III, servira de prison politique pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’archipel devient un haut lieu de la dissidence face au régime de Vichy.
Rattachée à la Guadeloupe depuis 1946 lors de la départementalisation, les Saintes symbolisent aujourd’hui un mélange harmonieux de cultures européennes et créoles, héritage d’un passé mouvementé et d’une identité caribéenne profondément ancrée.
Les îles des Saintes, bien que petites avec leurs 12,8 km², abritent une biodiversité exceptionnelle. Leurs côtes tapissées de coraux et d’herbiers marins offrent un refuge à de nombreuses espèces, dont les tortues.
Sur terre, l’iguane des Petites Antilles, emblème de Terre-de-Haut, partage son habitat avec des oiseaux tropicaux, des couleuvres, des anolis et des agoutis. Les îlets inhabités accueillent des frégates, sternes, fous bruns et pélicans. Les chauves-souris et les batraciens endémiques complètent cette faune riche et variée.
Sous l’eau, les poissons perroquets, mérous barracudas, langoustes et crabes peuplent les récifs, et les baleines à bosse traversent le canal des Saintes lors de leur migration. L’archipel est aussi un site de ponte majeur pour 7 espèces de tortues marines protégées.
La flore tropicale sèche se compose de bois-savonnettes, frangipaniers, bois d’Inde, flamboyants, cactus et d'aloès. Les plages sont bordées de cocotiers et de raisiniers en bord de mer. Trois orchidées rares et protégées y poussent encore à l’état naturel, symbole de cette nature préservée unique dans les Caraïbes.
La Baie des Saintes offre un panorama à couper le souffle. Entourée de collines verdoyantes et bordée d’une mer turquoise étincelante, elle dévoile toute la magie de l’archipel. Pour une vue imprenable, montez au Fort Napoléon, perché sur le morne Moire : ce fort abrite un musée passionnant, un jardin exotique peuplé d’iguanes et un belvédère dominant la mer des Caraïbes. Au coucher du soleil, la baie se pare de reflets dorés : les points de vue depuis la plage de Grande Anse ou les hauteurs du fort offrent un spectacle inoubliable.
Le bourg, cœur battant de l’île, invite à flâner à pied ou à vélo ou à s’arrêter dans une galerie d’art. Parmi les sites à ne pas manquer, on peut citer :
Plus sauvage et confidentielle, Terre-de-Bas séduit les voyageurs en quête de tranquillité. C’est un paradis pour la randonnée et la découverte écologique. Les sentiers de Morne Abymes, de la Pointe à Vache ou du Grand Baie offrent des panoramas époustouflants sur les îlets voisins et les falaises.
Parmi les lieux à visiter absolument :
Les eaux cristallines des Saintes abritent une biodiversité remarquable. Le Sec Pâté, entre Terre-de-Haut et la Dominique, est l’un des sites de plongée sous-marine les plus spectaculaires des Caraïbes, réservé aux plongeurs expérimentés.
Pour des explorations plus douces :
Les Saintes abritent également un riche patrimoine historique et culturel :
Les Saintes séduisent autant par leurs paysages que par leur art de vivre simple et chaleureux. Le patrimoine culinaire y est unique et reflète l’âme créole de l’archipel. À Terre-de-Haut, ne manquez pas le Tourment d’Amour, petite tartelette sucrée garnie de confiture de coco, de goyave ou de banane, recouverte d’un biscuit doré. On la déguste encore tiède, accompagnée d’un punch coco artisanal servi dans les cafés du port.
À Terre-de-Bas, c’est le Salako qui incarne la fierté locale ; un chapeau plat tressé aux larges bords, décoré de tissus madras colorés. Confectionné à la main par les artisans du village de Petite-Anse, il témoigne d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.
Situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Basse-Terre, l’archipel des Saintes est accessible uniquement par voie maritime. Le ferry reste le moyen de transport le plus pratique et le plus fréquenté. Plusieurs compagnies assurent chaque jour des liaisons régulières :
Depuis l’aéroport de Guadeloupe-Pôle Caraïbes, des navettes et taxis assurent la correspondance jusqu’à Trois-Rivières, où vous pouvez laisser votre voiture au parking (les véhicules ne sont pas autorisés sur les îles).
L’archipel dispose également d’un aérodrome à Terre-de-Haut, doté d’une piste de 580 mètres, réservé aux petits avions privés. Les liaisons commerciales ont cessé en 2008, mais l’endroit reste utilisé pour l’aviation de loisir ou les vols affrétés.