Que vous soyez amateur d'histoire, adepte de sensations fortes ou tout simplement curieux, la DMZ doit figurer sur la liste des choses à voir lors de votre voyage en Corée. Cette fameuse zone de démilitarisation sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud. Si elle est de plus en plus prisée des voyageurs, c'est parce qu'elle permet d'en savoir plus sur l'histoire de ces deux états. Mais surtout, la DMZ permet à ses visiteurs d'approcher au mieux la Corée du Nord. On vous en dit plus sur cette visite encadrée qui marquera votre passage entre les deux Corées…
Avant la création de la DMZ, la péninsule coréenne est marquée par quarante ans d'occupation japonaise - qui prend fin à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Après la défaite du Japon, la Corée se divise en deux zones distinctes : le Nord (contrôlé par les Soviétiques) et le Sud (contrôlé par les Américains).
Malgré plusieurs tentatives de réunification, chaque zone proclame sa propre république, donnant ainsi naissance aux deux Corées… Les deux sont séparées par la ligne de démarcation « 38e parallèle ».
Le 27 juillet 1953, cette fameuse ligne de démarcation démilitarisée est mise en place pour éviter tout conflit militaire entre le Nord et le Sud. La DMZ est le symbole de la division, mais aussi la représentation d'un désir de paix entre les deux nations. En effet, elle a été édifiée suite à l'annonce de l'armistice de Panmunjeom, le 23 mars 1953.
Depuis, la frontière est devenue un no man's land, où la nature a repris ses droits. Étendue sur 248 km de long, la DMZ sépare les deux pays avec une largeur de 4 km, qui correspond à une zone neutre. Au-delà de cette célèbre frontière, l'accord a également prévu la création d'une zone commune de sécurité, la « Joint Security Area » (JSA), qui est placée sous le contrôle de l'ONU.

Paradoxalement, cette zone démilitarisée est un site ultra protégé ! En effet, l'appellation « démilitarisée » est avant tout juridique : elle désigne une zone où les forces militaires sont officiellement interdites (c'est-à-dire une zone de non-combat), mais où la surveillance et les contraintes sont très rigoureuses pour des raisons de sécurité.
Cette dernière est particulièrement élevée aux abords des deux côtés de la frontière - le long de la ligne de démarcation (MDL - Military Demarcation Line). Malgré les tensions entre les deux Corées, la DMZ reste une zone touristique sécurisée, qui compte environ 100 000 visiteurs chaque année.
Il existe deux zones touristiques : la DMZ de Paju (la plus proche de Séoul et la plus fréquentée) et la DMZ de Cheorwon (la moins touristique et la plus chère, car plus éloignée de la capitale).
Les deux sites sont accessibles depuis la capitale de la Corée du Sud en bus ou train (environ 1h de trajet jusqu'à Paju et 2h jusqu'à Cheorwon) :
Pensez à réserver votre tour plusieurs jours au moins 5 jours en avance (en ligne ou dans une agence de voyages directement).
Même si la DMZ ne représente aucun danger pour les visiteurs, il s'agit d'un site sensible dont la visite ne peut être réalisée qu'avec un guide. Pour cette raison, l'entrée des visiteurs est soumise à une « visite organisée ». Par ailleurs, seules les agences de tourisme certifiées sont autorisées à entrer dans la DMZ.
Toujours pour des raisons de sécurité, le passeport de chaque visiteur est contrôlé une fois sur place. La plupart du temps, ces contrôles de papier se font avant la descente de l'autocar. Si vous arrivez en train, vous devrez suivre un chemin balisé (où vos papiers seront aussi contrôlés) et marcher jusqu'à un point précis, où un pass d'autorisation d'accès vous sera remis. Ensuite, les visiteurs sont répartis dans des bus, pour rejoindre le cœur de la DMZ.
Sachant que la zone est encore parsemée de mines, de barbelés et de soldats à l'affût, il est impossible de visiter la DMZ par soi-même. Lors de votre visite à la DMZ, votre guide sera là pour vous expliquer le rôle de cette zone démilitarisée ainsi que celui de la zone commune de sécurité. Vous aurez un aperçu historique de la guerre de Corée de ses débuts jusqu'à aujourd'hui. Pour une visite réussie, vous devrez respecter plusieurs règles :

À l'origine, la visite pouvait durer une demi-journée (DMZ uniquement) ou une journée entière (DMZ + JSA). Mais suite à un incident, survenu en juillet 2023, les visites de la JSA ont été suspendues.
Si les règles avaient déjà commencé à se durcir lors de la crise sanitaire du Covid-19, celles-ci sont devenues plus fermes suite à la tentative d'évasion du soldat américain : Travis King (en poste en Corée du Sud) qui avait franchi la ligne de démarcation pour déserter en Corée du Nord (et fuir des sanctions disciplinaires qui l'attendaient...).
Cet incident a ravivé les tensions entre les deux Corées. D'un côté, la Corée du Nord a renforcé sa présence militaire dans la zone. De l'autre, la Corée du Sud a restauré plusieurs postes de garde. Ces décisions ont conduit à la fermeture prolongée de la JSA au public.
Selon votre agence de voyages, vous pouvez également inclure la visite d'autres sites touristiques de la DMZ comme le pont de la Liberté, la Gare de Dorasan, les Tunnels d'infiltration 2, 3 ou 4, la colline Tongil et les autres observatoires où vous pourrez apercevoir de loin la vie Nord-coréenne à l'aide de télescopes ou encore le Musée de la DMZ…
Le prix d'une visite dans la zone démilitarisée dépend de sa durée, mais aussi du nombre de sites que vous souhaitez visiter une fois à l'intérieur de la DMZ. La journée coûte en moyenne 50 €/personne (entrée + trajet en bus A/R inclus). Le prix varie ensuite en fonction des coûts de restauration et de toutes autres options proposées par votre organisme.
La DMZ compte plusieurs tunnels sur son territoire (dont 4 ont été découverts par des militaires sud-coréens entre 1974 et 1990). Parmi eux, le 3e tunnel d'infiltration semblait avoir été creusé en vue d'une attaque militaire. Long de plus de 1,6 kilomètre, et situé à environ 70 mètres sous terre, ce dernier peut être emprunté par les visiteurs (avec le port d'un casque).
L'observatoire de Dora est un lieu important de la DMZ, puisqu'il permet d'apercevoir la Corée du Nord grâce à des jumelles et une vue dégagée sur l'autre côté de la frontière. Au loin, on peut notamment apercevoir le village de Kijong-dong…
Ce dernier est considéré comme un village de propagande, puisqu'il a été conçu en 1950 dans le but de donner une « bonne image » de la Corée du Nord. Ce village Potemkine (de façade) est le seul visible depuis la Corée du Sud.
Selon la Corée du Nord, 200 fermiers résideraient à Kijong-dong, mais des éléments laissent à penser que le village est en réalité vide (avec des maisons et des quartiers qui s'allument et s'éteignent à heures fixes...).
Le Camp Bonifas est une base militaire située juste au sud de la DMZ, gérée conjointement par des soldats sud-coréens et américains. Ce camp abrite le bataillon de sécurité du commandement des Nations unies, chargé de faire respecter l'accord d'armistice, signé en 1953 entre les deux Corées.
Le camp porte le nom d'un capitaine américain tué lors de « l'incident du peuplier » survenu en 1976 - des affrontements entre soldats nord-coréens et des soldats américains et sud-coréens, à cause de l'élagage dudit peuplier... C'est aussi le point de départ vers la visite de la JSA (lorsque la zone est ouverte au public).
Sa particularité ? Le Camp Bonifas possède un green de golf entouré de champs de mines ! Ce mini-trou, aménagé par les soldats américains (avec une pointe d'humour noir) n'a jamais été vraiment utilisé.

Vous l'avez compris, visiter la DMZ, c'est en apprendre plus sur l'histoire incroyable de la Corée et de sa division. C'est aussi s'offrir un peu d'adrénaline lors de son voyage en Corée, dans un site où les tensions restent omniprésentes. Au-delà des visites historiques, la DMZ est aussi l'occasion de s'offrir une pause nature…
En dépit des nombreuses mines, ce no man's land à la végétation luxuriante est devenu un sanctuaire sauvage, où vivent de nombreuses espèces animales. L'accès à cette zone ayant été interdite au public durant des décennies, la faune et la flore ont pu s'y développer dans d'excellentes conditions, loin de l'agitation humaine. Si vous êtes chanceux, vous pourrez peut-être entrevoir des gorals, des lynx ou encore des ours noirs, des oiseaux migrateurs et des panthères !
C'est ici qu'ont lieu les négociations intercoréennes. Autrement dit, c'est le seul endroit où l'armée nord-coréenne et les forces sud-coréennes se font face. C'est aussi à cet endroit que la Commission militaire d'armistice siège afin de faire appliquer l'accord du cessez-le-feu. En bref, la JSA est le seul et unique point de passage entre la Corée du Nord et la Corée du Sud !
Suite aux incidents évoqués précédemment et aux tensions entre les deux pays, la JSA est actuellement fermée au public. En 2025, seuls des chefs d'État peuvent fouler cette zone, dans le cadre de rendez-vous diplomatiques. En 2019, Donald Trump y a rencontré le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.
À 7 km de la DMZ, vous trouverez l'Imjingak Park. Cette bande de terre est située en dehors de la zone démilitarisée, dans la ville de Paju - dans la limite de la zone civile contrôlée (CCZ), entre la DMZ et la ligne de contrôle civil (CCL).
Le parc est une zone tampon, mais aussi un lieu symbolique dédié aux familles séparées durant la guerre de Corée. Il abrite plusieurs spots importants, dont :
Situé en dehors de la DMZ, le parc Imjingak peut être visité sans guide (il s'agit d'un parc public).
La gare de Dorasan est la dernière station située en Corée du Sud, juste avant la frontière. Si elle n'est pas située dans la DMZ, il s'agit tout de même d'un lieu émouvant, qui évoque la coupure entre les deux Corées. Dans le hall, on peut lire un panneau en coréen et en anglais : « Non pas la dernière station en provenance du Sud, mais la première en direction du Nord »…

Pour visiter la DMZ depuis Séoul, deux options sont possibles : le train ou le bus touristique. Le train part de Seoul Station et dessert les stations de Imjingang ou Dorasan, selon les horaires. Le bus, généralement affrété par une agence (puisque la visite est obligatoirement guidée), part de différents quartiers, dont Myeong-dong. Dans les deux cas, le trajet dure entre 1h et 1h30 et mène à la zone DMZ de Paju.
Zone tampon entre les deux Corées, la DMZ est très surveillée et n'est accessible que dans le cadre d'une visite guidée (après vérification des passeports de chaque individu). Il s'agit d'un lieu totalement sécure pour les visiteurs.
Conçue pour des raisons politiques, la zone démilitarisée de Corée du Sud est un lieu unique, qui fait office de frontière géographique et politique avec la Corée du Nord. Très touristique, la DMZ est une escale incontournable, qui permet d'en savoir plus sur le passé historique des deux Corées. C'est aussi un lieu atypique où l'histoire, la nature sauvage et des spots insolites cohabitent sur 1 000 km².