Le Soju est considéré comme l’alcool national de Corée du Sud. Populaire auprès de tous les coréens, le Soju fait l’objet d’une véritable culture de dégustation. On vous en dit plus sur l’histoire, la composition et les variétés de Soju et on vous livre toutes les coutumes à connaître pour le déguster dans les règles de l’art...
Le Soju est la boisson alcoolisée la plus populaire en Corée du Sud. Ce spiritueux est fabriqué traditionnellement à partir de la fermentation du riz.
Mais en raison des restrictions et des pénuries de 1965 (qui ont conduit le gouvernement coréen à interdire, à l’époque, l’utilisation de riz pour le brassage de l’alcool), la recette originale a connu quelques modifications. En effet, le riz a été remplacé par d’autres sources d’amidon (comme la pomme de terre, le blé, l’orge, la patate douce ou encore le tapioca) afin de poursuivre la fabrication de Soju. Depuis, les industries ont repris la recette traditionnelle et continuent de proposer ses variantes.
Pour la petite histoire...
Contrairement aux idées reçues, le Soju n’est pas originaire de Corée du Sud. En effet, cette boisson fait sa première apparition en Mongolie au XIIIe siècle. Ce sont notamment les Mongols Yuan qui confectionnèrent cette boisson pour la première fois, en s’inspirant de la technique de distillation de l’arak auprès des Perses, avant de l’introduire en Corée du Sud lors de l’invasion de la Corée de 1231 à 1259.
D’une couleur très claire, le Soju est souvent comparé à la vodka, bien qu’il soit légèrement plus sucré. Outre sa version classique (pure), on trouve, depuis quelques années, une gamme de Soju aromatisé. Parmi les parfums les plus populaires, on peut citer le Soju à la pomme, au litchi, au pamplemousse, à la pêche, à la myrtille, à la fraise, au raisin...
Possédant un degré d’alcool plus faible, on peut les consommer tel quel sans devoir les mélanger à autre chose pour adoucir le goût. Ces versions ont permis au Soju d’attirer de nouveaux adeptes, notamment les personnes préférant des boissons aux saveurs fruitées et moins alcoolisées.
On compte plusieurs marques de Soju en Corée. Parmi les fabricants de Soju les plus connus, on peut citer Jinro et Chamisul. À noter que certaines localités possèdent leur propre distillerie. À Busan, par exemple, la marque locale de Soju est le Siwon soju.
Quelles que soient les marques, le Soju est toujours contenu dans une bouteille verte de 36 cl. Les bouteilles sont vendues entre 1100 et 4000 Won, soit moins de 3 euros.
Le degré d’alcool du Soju varie entre 20 et 45% selon les marques et les versions (pures ou aromatisées).
Le saviez-vous ?
Les coréens consomment du Soju dans des quantités astronomiques, à tel point, qu’il constitue la boisson spiritueuse la plus vendue au monde. On estime que 5,8 bouteilles de Soju sont consommés par personne tous les mois en Corée du Sud.
En Corée du Sud, le Soju se déguste traditionnellement frais (mais jamais avec de la glace). On le boit généralement pur dans des verres à shot. La bouteille de Soju est souvent secouée au préalable et on la frappe au niveau du fond de la bouteille avant de l’ouvrir. Cela permettrait d’adoucir les saveurs.
La consommation de Soju nécessite le respect de certaines coutumes, à savoir :
À noter :
En Corée du Sud, tout le monde boit du Soju. Considérée comme une boisson de partage que l’on consomme à plusieurs, elle rassemble toutes les classes sociales, des plus pauvres aux élites.
Si on le consomme pur, le Soju peut aussi être mélangé à d’autres boissons pour faire des cocktails. Les jeunes apprécient notamment l’associer avec de la bière (à hauteur de 30% de Soju et 70% de bière). Ce cocktail est appelé « Somaek ». On le voit souvent apparaître dans les K-dramas coréens ou être mis en avant par les stars de la K-pop.
Le Soju n’est pas seulement utilisé comme boisson, il est aussi prisé dans la cuisine coréenne. Il est notamment utilisé dans de nombreuses marinades pour rehausser les saveurs. À titre d’exemple, les coréens l’utilisent parfois pour faire mariner la viande du fameux bulgogi, l’un des plats emblématiques de Corée du Sud.
Florine Dergelet