Moins connues que les domaines théiers japonais, les plantations de thé en Corée produisent des thés de haute qualité, rares et peu exportés ! Un voyage en Corée du Sud est donc l’occasion de visiter ses bassins de production concentrés dans les régions de Boseong et Hadong et sur l’île de Jeju. Entre traditions ancestrales et productions modernes : découvrez l’histoire du thé en Corée et ses principales plantations à visiter…
Dans la région de Boseong à environ 1h15 de Yeosu , partez à la découverte de Daehan Dawon : la plus célèbre plantation de thé du pays ! Créée en 1937 par les colons japonais, elle fut laissée à l’abandon après la défaite nippone (à la fin de la Seconde Guerre mondiale), avant de connaître un nouvel essor dans les années 50, sous l’impulsion de l’entrepreneur coréen Choi Yeong-seop.Grâce à ses efforts, le site fut réaménagé dans le but de faire prospérer la culture du thé, mais aussi d’accueillir des visiteurs sur ces terres prospères.
Le domaine s’étend sur 1,7 million de m² et compte plus de cinq millions de théiers, cultivés en terrasse. Ce dernier abrite aussi d’autres espèces végétales (bambous, pins, érables, cerisiers) et des animaux sauvages – dont des sangliers et des oiseaux. L’ensemble peut être admiré depuis l’observatoire, situé à 250 m d’altitude dans les collines (comptez environ 54 minutes de marche pour y accéder).
Plusieurs sentiers sont accessibles aux visiteurs. Le circuit principal débute par un grand escalier qui donne ensuite accès à différents sentiers au cœur des plantations.
À la fin de la visite, il est possible de visiter le Korea Tea Museum, pour en savoir plus sur l’histoire du domaine, faire une dégustation ou acheter des thés récoltés sur le domaine (poudre, feuilles, etc.).
La plantation de Daehan Dawon a aussi un restaurant, où il est possible de goûter à des spécialités coréennes, agrémentées de thé.
Chaque année, au mois de mai (tandis que les plantations de thé sont les plus verdoyantes), le domaine accueille le Boseong Green Tea Festival (le Festival du thé de Boseong) – l’un des plus importants du pays.
L'événement permet de découvrir la vie quotidienne au cœur des plantations, avec des démonstrations de cueillette, des ateliers, des promenades et des cérémonies du thé. C’est aussi l’occasion d’assister à un spectacle de lumière dans les champs.
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Infos pratiques ● Adresse : 763-43, Nokcha-ro, Boseong-eup, Boseong-gun, Jeollanam-do ● Comment y aller : facilement accessible en train, taxis ou bus depuis Yeosu (et en bus depuis Séoul) ● Horaires d’ouverture : tous les jours de 9h à 19h (de mai à août) ; de 9h à 18h (de septembre à avril) ● Prix visite des plantations : 4000 ₩ (environ 3 €) ; gratuit pour les moins de 6 ans ● Prix d’entrée au musée : 1 000 ₩ (environ 1 €, en supplément). |
La culture du thé dans la région de Hadong et dans les vallées situées au pied du mont Jirisan remonte au IXe siècle. Elle y a été introduite par des moines bouddhistes revenus de Chine. C’est dans ces contrées que l’on retrouve les plus anciens buissons de thé sauvage du pays. Tous les ans, la région de Hadong organise le festival du thé sauvage.
À la différence des plantations à grande échelle et mécanisées de Boseong et de Jeju : les récoltes de Hadong sont réalisées selon des techniques ancestrales. En effet, les producteurs récoltent les feuilles de thé à la main.
Ils produisent notamment du balhyocha, un thé noir rare, issu des récoltes du début du printemps. La région de Hadong compte plus de 1 000 hectares de plantations, qui font vivre plus de 2000 exploitations – et rapportent plusieurs milliards de wons par an.
Les thés de Hadong sont fabriqués à la poêle, selon une méthode influencée par la tradition chinoise (tandis que les thés de Boseong ou de Jeju sont fabriqués à la vapeur, selon l’influence des techniques japonaises).
Les plantations sont particulièrement concentrées dans les petites bourgades de Hwagae-myeon et Akyang-myeon, situées au pied du mont Jirisan.
Certaines exploitations de la région organisent des sessions de cueillette, entre mai et octobre (environ 3 000 ₩ par personne /2 €). Certains domaines initient aussi les visiteurs à la préparation de thé (fermentation), pour environ 6 000 ₩ par personne (4 €).
Pour en savoir plus sur la production de thé sauvage, faites une escale au musée de Hadong. Situé au pied de la montagne Jiri, il vous livrera tous les secrets de cette production ancestrale et ses procédés de torréfaction. L’occasion, aussi,d’acheter quelques sachets : ces thés confidentiels sont difficiles à trouver en dehors du marché coréen.
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Infos pratiques ● Adresse : 571-25, Ssanggye-ro, Hadong-gun, Gyeongsangnam-do ● Horaires d’ouverture : tous les jours de 09h à 18h (de mars à octobre), de 09h à 17h (de novembre à février) ● Entrée : gratuit |
L’île de Jeju est aussi l’un des principaux bassins de production de thé la Corée du Sud. Bien que l’exploitation y soit plus récente (elle s’est développée au début des années 1970), Jeju abrite aujourd’hui plusieurs grandes plantations mécanisées – et notamment celle de O’sulloc : l’un des principaux producteurs du pays.
Créée en 1079, O’sulloc est bien plus qu’un simple producteur, mais le symbole d’une renaissance économique du pays. La marque propose une large gamme de thé et ses plantations recouvrent 495 000 m² de parcelle.
L’exploitation compte trois champs principaux : Dolsongi, Seogwang et Hannam. Les visiteurs peuvent se promener librement sur les plantations du Seogwang Tea Garden. Le site a aussi son propre musée et sa boutique de thé O’sulloc. Régulièrement l’exploitation organise des ateliers et des dégustations.
Infos pratiques
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● Adresse : Osulloc Tea Museum, 15 Sinhwayeoksa-ro, Andeok-myeon, Seogwipo-si, Jeju-do ● Horaires d’ouverture : tous les jours de 09h à 18h (fermeture à 17h en hiver) ● Entrée : gratuit |
Notez qu’il existe aussi l’exploitation de thé familiale Seogwi Dawon, plus petite et plus calme que le domaine de Osulloc…
Adresse : 516-717, Seogwipo-si, Jeju-do
Selon des textes anciens, la consommation de thé en Corée du Sud remonterait à 661. Mais c’est sous la dynastie Silla (668-935 après J.-C.), que celle-ci prend son essor, dans le cadre de rituels bouddhistes. Plus tard, sous la dynastie Goryeo, le thé s’invite dans les foyers aristocratiques coréens et poursuit son ascension (sous l’expansion du bouddhisme).
À la fin de règne de la dynastie Goryeo, en 1932, l’intérêt pour le thé s’atténue avant de retrouver un second souffle dans les années 1980, tandis que les Coréens replongent dans leurs traditions et leurs coutumes ancestrales. Ce regain d’intérêt s’accompagne d’une volonté d’industrialiser le secteur théier.
Malheureusement, cetl élan est freiné en 2007 à cause d’une crise liée à l’usage excessif de pesticides, qui nuit fortement à la réputation des thés coréens... L’avantage ? Le secteur se remet en question et revient en force avec des pratiques plus durables et des plantations écologiques !
Depuis lors, le thé coréen connaît une visibilité internationale avec, paradoxalement, peu d’exportations, puisque les productions restent assez limitées et que 40 % de la production est destinée à la consommation nationale.
Sur le marché coréen, le thé local est toutefois une belle alternative au thé japonais, avec une qualité équivalente et des prix plus compétitifs…
Lors de la visite d’une plantation, il est possible d’acheter des thés récoltés sur le domaine. Il est donc utile de connaître les caractéristiques de chaque thé et leurs différences pour faire le meilleur choix…N’hésitez donc pas à faire plusieurs dégustations sur place, et à ramener différents types de thé.
La classification du thé repose sur sa période de récolte, mais aussi sur son temps d’oxydation, qui influe sur le goût.
Après la cueillette, les feuilles de thé commencent à s’oxyder au contact de l’air. Ce processus naturel modifie leur couleur et leurs arômes. Plus la durée d’oxydation est longue, plus le goût du thé devient marqué.
La plantation de thé Daehan Dawon est accessible depuis Séoul (environ 3h20 de bus depuis le Central City Terminal jusqu’à Gwangju + 2h de bus interurbain jusqu’à Boseong + 15-20 min en bus local jusqu’à la plantation). Il est aussi possible de s’y rendre depuis Suncheon (environ 1h de bus Intercity jusqu’à Boseong + 15-20 min en bus local) si vous séjournez dans la région de Jeolla du Sud.
La plantation de thé la plus célèbre de Corée du Sud est Daehan Dawon. Créée dans les années 1930 sous l’occupation japonaise, elle assure aujourd’hui plus de 40 % de la production nationale. Située à Boseong, elle est aussi connue pour ses paysages en terrasses, ouverts aux visiteurs.
Le thé le plus consommé en Corée est le nokcha, un thé vert préparé à partir de jeunes feuilles non oxydées, c’est-à-dire consommées peu de temps après la récolte. Contrairement aux thés « vieillis », qui développent des arômes plus marqués : le nokcha est apprécié pour sa légèreté et sa fraîcheur. Les Coréens boivent aussi fréquemment du bori-cha, une infusion d’orge grillée, considérée comme une alternative sans théine.