La Top of the World Highway tient son nom de ce qu’elle donne à voir. Sur 301 km entre Dawson City au Yukon et Tok en Alaska, la route suit les crêtes au-dessus de la limite des arbres, sans jamais redescendre dans les vallées. La portion canadienne couvre environ 120 km jusqu'au poste frontière de Little Gold/Poker Creek, point de passage international le plus septentrional d'Amérique du Nord. La route se poursuit ensuite sur environ 180 km côté alaskien jusqu’à Tok.
La Top of the World Highway a ses racines dans la ruée vers l'or du Klondike, mais le territoire qu’elle traverse est habité bien avant cette époque. La Première Nation Tr'ondëk Hwëch'in y chasse le caribou et pêche l'omble arctique de génération en génération, une présence accrue dans le paysage que la route traverse aujourd'hui.
Ce qui n'était alors qu'un sentier muletier au tournant du XXe siècle fut progressivement transformé en route carrossable, prolongée jusqu'à la frontière de l'Alaska dans les années 1930, puis jusqu'aux communautés alaskiennes voisines dans les années 1940. La route fut officiellement tracée dans sa forme actuelle en 1955.
Les habitants du Yukon la surnomment la « 60 Mile », en référence à la distance entre Dawson City et la frontière alaskienne. De l’autre côté, les Alaskiens la désignent sous le nom de Taylor Highway, du nom de la route 5 de cet État qui mène à la frontière. Deux noms pour une même route, deux territoires et deux histoires qui convergent sur les crêtes.
Le tracé en crête procure des vues dégagées sur des étendues de toundra et de taïga sans obstacle entre le conducteur et l'horizon. Plusieurs points d'arrêt jalonnent le parcours depuis Dawson City jusqu’à la frontière alaskienne.
Le voyage débute en traversant le fleuve Yukon à bord du traversier George Black, qui relie Dawson City à West Dawson en été. Quelques kilomètres après la traversée, un premier
belvédère offre une vue dégagée sur Dawson City et la confluence des rivières Yukon et Klondike.
Une aire de repos propose un court sentier pédestre menant à un belvédère sur le fleuve Yukon, accompagné de panneaux d'interprétation sur le territoire et son histoire.
Affleurement rocheux sculpté par l'érosion au fil des millénaires, Castle Rock est l'un des arrêts les plus photographiés de la route. En automne, les canneberges et les myrtilles qui bordent le site ajoutent une palette de couleurs au paysage.
Une route secondaire de 50 km part ici en direction de Clinton Creek, ancien site minier d'amiante exploité dans les années 1960 et 1970, aujourd'hui abandonné. Cette même route donne accès au site historique de Forty Mile, première ville fondée au Yukon lors de la ruée vers l'or. Pour ceux qui souhaitent prolonger l’étape, le Clinton Creek Hideaway propose un hébergement en pleine nature avec dortoir et cabanes privées.
Abandonnée par une compagnie minière locale dans les années 1930, la drague Cowden est accessible depuis ce point kilométrique par un sentier de 4,5 km.
La route atteint son point le plus élevé à 1 376 mètres d’altitude. Par temps dégagé, les monts Ogilvie au nord-est se découpent à l’horizon depuis ce belvédère naturel.
Le village de Chicken, côté alaskien, abrite la drague Pedro, vestige de l'époque minière proposant des visites guidées quotidiennes durant la saison estivale. C'est également l'un des points de ravitaillement en carburant sur le trajet.
Le poste de Little Gold/Poker Creek marque le passage entre le Canada et l'Alaska. Passé ce point, la route se poursuit jusqu'à Tok.