Le parc provincial Wells Gray, dans les montagnes Cariboo de la Colombie-Britannique, fait partie de ces destinations que le tourisme de masse n'a pas encore rattrapées. Ses forêts anciennes, ses cascades, ses prairies alpines et ses ours noirs visibles dès les premières heures du matin en font l'un des espaces naturels les plus préservés de l'ouest canadien.
Avant l'arrivée des premiers colons européens, le territoire de Wells Gray constituait un terrain de chasse partagé entre deux peuples autochtones, les Secwepemcs et les Chilcotins. Les conflits qui ont opposé ces deux groupes pour l'accès aux troupeaux de caribous ont laissé des traces dans la toponymie du parc : Battle Mountain, Fight Lake et Battle Creek en portent encore le souvenir.
En 1860, une partie de l'Overlander Party tente une traversée de la chaîne Cariboo par ce qui est aujourd'hui le parc, dans le contexte de la ruée vers l'or de Cariboo. L'expédition tourne au désastre. Une décennie plus tard, les arpenteurs du Chemin de fer Canadien Pacifique explorent la région à la recherche d'une voie ferroviaire vers l'océan Pacifique, sans donner suite.
Après des décennies d'occupation progressive du territoire par des colons, le parc provincial Wells Gray est officiellement créé en 1939. Il doit son nom au ministre provincial des Terres de la Colombie-Britannique, Arthur Wellesley Gray, plus connu sous le surnom de Wells Gray.
Le parc abrite 219 espèces d'oiseaux et plus de 50 espèces de mammifères, répartis entre des écosystèmes variés qui vont des forêts de conifères de basse altitude aux zones alpines en passant par les prairies subalpines et les zones humides.
La diversité des milieux naturels du parc favorise la présence d'une faune variée, observable dans de bonnes conditions le long du Wells Gray Corridor et autour des zones humides :
La végétation du parc se déploie en trois étages distincts selon l'altitude :
Surnommé le "parc aux cascades", Wells Gray doit sa réputation à ses 41 chutes d'eau répertoriées, dont certaines restent encore inconnues dans les secteurs les plus reculés. Les lacs, les sentiers de randonnée et les activités nautiques complètent une offre qui s'adresse aussi bien aux visiteurs d'un jour qu'aux randonneurs de plusieurs jours.
Les chutes les plus emblématiques sont accessibles depuis la route principale, ce qui rend le parc aisément praticable en voiture avec plusieurs arrêts :
Chutes Helmcken : quatrièmes plus hautes au Canada avec leurs 141 mètres, elles sont particulièrement saisissantes en fin d'après-midi lorsque le soleil illumine la En hiver, la pression de l'eau forme un cône de neige pouvant atteindre 50 mètres
Chutes Dawson : accessibles depuis un sentier facile de 1,35 km (30 minutes), elles se distinguent par leur largeur remarquable. Un second sentier depuis le camping Pyramid offre une perspective différente sur les mêmes chutes
Chutes Moul Creek : troisièmes plus hautes du parc, elles offrent la possibilité rare de passer derrière la cascade. Le sentier de 5,5 km (2h, niveau modéré, dénivelé 210 m) descend dans le canyon par des escaliers jusqu'au niveau de l'eau
Chutes Spahats : première cascade signalée sur la route du lac Clearwater, elles surplombent des gorges volcaniques depuis une plateforme d'observation. Deux sentiers au départ du stationnement permettent d'en faire le tour
Chutes Triple Decker : moins connues mais remarquables, ces chutes sur trois niveaux sont accessibles depuis un sentier d'un kilomètre le long du ruisseau Candle. Le stationnement est petit : mieux vaut arriver tôt
Le parc abrite plusieurs lacs aux caractères très différents, adaptés à des pratiques variées :
Les sentiers du parc traversent des milieux variés, des forêts ancestrales aux prairies alpines, avec des niveaux de difficulté adaptés à tous :
La rivière Clearwater est réputée pour le rafting en eaux vives. Trois compagnies proposent des descentes : Interior Whitewater Expeditions, Liquid Lifestyles et Riverside Adventures. Pour une découverte du parc depuis l'eau, Clearwater Lake Tours propose une excursion guidée d'une journée complète sur le lac. Les amateurs de sensations fortes peuvent également opter pour le paragliding avec X Sky Paragliding depuis Birch Island.
Entre fin août et septembre, Bailey's Chute constitue l'un des spectacles les plus singuliers du parc. Les saumons chinooks, les plus grands saumons du Pacifique pouvant atteindre 22 kg, remontent la rivière en luttant contre le courant depuis une plateforme accessible en une dizaine de minutes depuis le stationnement. Les premières heures du matin et la soirée sont les moments les plus propices à l'observation.
La période de juin à septembre est la plus adaptée pour profiter de l'ensemble des activités du parc : sentiers accessibles, lacs praticables et faune visible en début de journée. Juillet et août marquent l’apogée de la floraison sauvage à Trophy Mountain, tandis que septembre annonce la remontée des saumons à Bailey’s Chute.
Pour les amateurs d'activités hivernales comme la raquette ou le ski de fond, le parc est praticable de décembre à mars, à condition de disposer d'un véhicule adapté aux routes enneigées.
Clearwater, située sur la route 5 dans la vallée de North Thompson, constitue la principale porte d'entrée du parc. La ville se trouve à mi-chemin entre Vancouver et Jasper, ce qui en fait une étape naturelle sur cet axe très fréquenté.
Clearwater est accessible depuis la route 5 de la Colombie-Britannique. Deux itinéraires sont possibles depuis Vancouver :
Les principales distances depuis les villes voisines : 127 km depuis Kamloops, 317 km depuis Jasper, 477 km depuis Vancouver et 682 km depuis Edmonton. Consultez Drive BC pour connaître l'état des routes avant le départ.
La ligne Via Rail reliant Vancouver à Jasper dessert la gare de Clearwater sur demande, avec un trajet de plus de 10 heures depuis Vancouver. Des options de taxi sont disponibles depuis la gare pour rejoindre le centre-ville.
Un véhicule reste indispensable une fois à Clearwater pour parcourir le parc de façon autonome.