Le parc national de la Mauricie se visite en toute saison, sans jamais sacrifier son caractère sauvage. On y découvre un territoire façonné par des siècles d'histoire : savoirs autochtones, villégiature bourgeoise et exploitation forestière ont laissé des traces tangibles dans le paysage. Ces héritages donnent une profondeur particulière à l'expérience, au cœur d'une forêt mixte qui change de visage selon les mois.
Situé dans les Laurentides québécoises, le parc national de la Mauricie fait partie du réseau de Parcs Canada. Il s'étend à environ 15 km au nord de Shawinigan et à 45 km au nord de Trois-Rivières, bordé à l'est par la rivière Saint-Maurice et au nord par la Matawin.
Avec ses 536 km², le parc s'ancre dans le sud du Bouclier canadien, en bordure des basses terres du Saint-Laurent. On y recense quelque 150 lacs et de nombreux étangs, disséminés dans une forêt mixte où conifères et feuillus alternent. Ce couvert végétal est l'héritage direct d'une exploitation forestière intensive, abandonnée au début du XXe siècle et progressivement reconstituée depuis.
Le parc porte une mémoire longue de plusieurs millénaires. Les traces humaines les plus anciennes remontent à la période archaïque, entre 7000 et 3000 av. J.-C. Des peuples autochtones vivaient alors en petits groupes familiaux autour des lacs Antigamac et Wapizagonke, pratiquant la pêche, la chasse et la cueillette. Une falaise du lac Wapizagonke abrite encore des peintures rupestres, l'un des rares témoignages de leur spiritualité toujours visible aujourd'hui. Jusqu'au XVIIe siècle, les Atikamekw et les Algonquiens occupaient respectivement les bassins nord et sud de la rivière Saint-Maurice.
Au XIXe siècle, l'exploitation forestière transforme profondément la région, bientôt relayée par l'industrie papetière qui fera de la Mauricie l'un des plus importants producteurs de papier au monde. La même époque voit l'arrivée de riches touristes américains qui fondent des clubs privés de chasse et de pêche. Les pavillons Wabenaki et Andrew, vestiges du Laurentian Club, témoignent de cette période faste et accueillent aujourd'hui les visiteurs.
Le parc a officiellement été créé le 21 août 1970, à la suite d'un accord fédéral-provincial, mettant fin aux activités des seize clubs privés qui occupaient le secteur.
La forêt recouvre 93 % du parc et compte 30 espèces d'arbres différents. Située à la limite nord des forêts feuillues du Québec, elle est dominée par l'érablière à bouleau jaune sur les versants bien drainés. Les sapins baumiers, les pins et les épinettes prennent le relais sur les escarpements rocheux et les terres humides. À noter :
Le parc abrite 50 espèces de mammifères et près de 211 espèces d'oiseaux recensées à ce jour. Parmi les plus emblématiques :
L'eau est partout dans le parc et elle se mérite. Le circuit de camping en canoë relie une douzaine de lacs de l'arrière-pays par des portages, avec quelque 200 emplacements accessibles uniquement par bateau. Pour une expérience plus engagée, l'excursion aux chutes Waber combine canoë et randonnée jusqu'à l'une des plus belles cascades du parc — idéale pour se rafraîchir après l'effort.
La Route Promenade, longue de 63 kilomètres, traverse le parc d'une entrée à l'autre avec plusieurs belvédères offrant des panoramas remarquables, particulièrement saisissants à l'automne. Des centaines de kilomètres de sentiers complètent l'offre, praticables à pied en été, en raquette ou en ski de fond l'hiver. Le vélo est également autorisé sur la Route Promenade.
Le parc est généralement fermé durant les intersaisons, en avril et en novembre. Chaque saison ouverte a ses particularités.
C'est la saison la plus fréquentée, idéale pour profiter des lacs et des sentiers. Soyez toutefois préparés en juin : les moustiques sont très présents à proximité des plans d'eau. Un répulsif efficace est fortement recommandé. Leur nombre diminue à mesure que la saison avance.
Fin septembre est sans doute le moment le plus spectaculaire pour visiter le parc. Les feuillus se parent de tons rouges et orangés, offrant des panoramas marquants le long de la Route Promenade et depuis ses belvédères. Pour ceux qui envisagent un séjour durant l'été indien au Québec, la Mauricie compte parmi les destinations les plus remarquables.
Le parc se transforme en décembre et prend une tout autre atmosphère. Le silence des forêts enneigées et les chutes de glace du secteur Wapizagonke lui donnent un visage singulier. Des
haltes chauffées jalonnent le réseau de sentiers, rendant l'expérience hivernale accessible même par grand froid.
Le parc est accessible par deux entrées principales depuis l'autoroute 55 :
Pour ceux qui préfèrent voyager sans voiture, le Parc Bus propose durant l'été des navettes au départ de Montréal. Les modalités de réservation et les tarifs varient selon la saison.