La forêt sacrée Kpassè Zoun - Nomadays

Bénin

La forêt sacrée Kpassè Zoun

La forêt Kpassè Zoun, située à Ouidah, au Bénin, est un lieu singulier où se rencontrent harmonieusement la nature, la culture et la spiritualité. Elle représente le berceau du vaudou, une religion millénaire suivie par des millions de fidèles. La biodiversité exceptionnelle de cette forêt abrite des arbres centenaires, des animaux rares et des plantes médicinales.

Kpassè Zoun renferme un précieux patrimoine historique, composé de sculptures, d’autels, de légendes et de rites, qui témoignent de la diversité culturelle du Bénin. Cet endroit constitue un témoignage vivant de l’intersection entre la nature et la spiritualité, offrant aux visiteurs une expérience immersive au cœur d’une tradition religieuse et culturelle riche et millénaire.

Le mystique règne du roi Kpassè

La forêt sacrée de Kpassè Zoun tire son appellation du roi Kpassè, souverain du royaume de Xwéda au XVIIe siècle. Selon la légende, ce monarque faisait face à une menace émanant du roi d’Abomey, désireux de conquérir son territoire. Afin d’échapper à son ennemi, le roi Kpassè se réfugia dans la forêt, accompagné de ses fidèles. Cependant, le roi d’Abomey les poursuivit et les localisa au pied d’un imposant arbre, un iroko. Dans un état de désespoir, le roi Kpassè implora l’arbre de le protéger. Touché par sa supplication, l’arbre l’absorba dans son tronc, le soustrayant ainsi aux regards de ses poursuivants. Plus tard, le roi Kpassè, préservé de tout danger, réapparut dans l’arbre sous la forme d’un serpent, devenant ainsi un symbole de sagesse et de puissance. Depuis ce moment, la forêt a acquis un statut sacré, et l’iroko est vénéré comme le roi des arbres, abritant l’esprit du roi Kpassè.

Les divinités cachées dans l’épaisse forêt

La forêt sacrée Kpassè Zoun abrite des divinités vaudou représentant des forces de la nature, des ancêtres ou des esprits. Les fidèles vénèrent ces entités, leur rendent hommage, sollicitent des faveurs ou leur offrent des sacrifices.

Parmi ces divinités figure Mami Wata, déesse de l’eau associée à la fertilité, à la beauté et à la richesse, manifestée en sirène, serpent ou femme, honorée près d’un étang avec offrandes de fleurs, parfums et bijoux.

Sakpata, dieu de la terre lié à la santé, la maladie et la guérison, prend forme de léopard, crocodile ou homme. Placé sous un fromager, son sanctuaire reçoit des offrandes de farine, de sang ou de poulets.

Lègba, dieu des carrefours, messager, médiateur et gardien des portes, manifesté en chien, coq ou homme, est honoré à l’entrée de la forêt avec des offrandes de gin, maïs ou tabac.

Les arbres, sentinelles ancestrales de la forêt profonde

L’iroko, le roi des arbres, symbolise la royauté, la force et la longévité. Abritant l’esprit du roi Kpassè, il est vénéré par les fidèles qui le touchent, le saluent ou lui parlent.

Le fromager, géant de la forêt, symbolise la protection, la générosité et la sagesse. Il offre son ombre, bois et fruits aux habitants, étant la résidence du dieu Sakpata, guérisseur des malades.

Le baobab, ancêtre de la forêt, incarne la vie, la mémoire et la résistance. Conservant eau, graines et histoires, il est le lieu où les anciens se réunissent pour partager des souvenirs.

Le kapokier, flamboyant de la forêt, symbolise la beauté, la joie et la fête. Ornés de fleurs rouges, fruits jaunes et graines blanches, la danse, le chant et les jeux des jeunes l’animent.

Des sculptures énigmatiques cachées dans la végétation dense

La forêt sacrée de Kpassè Zoun est embellie par des sculptures, véritables œuvres d’art qui orne les sentiers, les clairières et les autels.

Au nombre de ces créations figure la statue du roi Kpassè, une sculpture en bois représentant le monarque éponyme, soigneusement positionné au pied de l’iroko, entouré de serpents.

La statue de Mami Wata, réalisée en métal, dépeint la déesse de l’eau. Elle est installée près de l’étang, son sanctuaire, coiffé d’une couronne symbolique illustrant sa puissance. Cette représentation incarne l’admiration envers la bienfaitrice déesse de l’eau.

La sculpture de la reine Tassi Hangbé, façonnée en terre, représente la souveraine qui succéda au roi Akaba au XVIIIe siècle. Placée dans une clairière où elle aurait exercé son règne, vêtue d’un pagne évoquant sa dignité, elle symbolise l’estime envers la reine défenderesse de son royaume.

La statue du python, taillée dans la pierre, représente l’animal sacré de la forêt. Agrémentée de perles qui expriment sa beauté, elle trône sur un autel où des offrandes lui sont dédiées, symbolisant la vénération et la crainte envers le gardien de la forêt.

Les rituels secrets pratiqués au cœur de la forêt

Divers rituels religieux animent la forêt sacrée de Kpassè Zoun. Le 10 janvier, la fête du vaudou rassemble des milliers de fidèles, mettant en lumière la diversité et la vitalité de cette tradition à travers des défilés, des tenues vestimentaires, des masques, des sonorités, des chants et des danses.

Chaque premier vendredi du mois, la cérémonie du python rend hommage à cet animal vénéré. Les fidèles expriment leur respect envers le python en le saluant, l’embrassant ou le portant, le considérant comme un ami, un protecteur ou un ancêtre. Sur demande, la cérémonie d’initiation dévoile les mystères du vaudou aux candidats, qui passent des tests, acquièrent des connaissances, se voient apposer des marques ou changent de nom, accédant ainsi au statut d’initiés.

Les sages guides, érudits de Kpassè zoun

Plusieurs personnalités singulières ont choisi de résider au cœur de cette forêt.

Le gardien de la forêt assure sa protection et son entretien, représentant les divinités, les ancêtres et les esprits. Il détient le pouvoir de permettre ou non l’accès aux visiteurs, en fonction de leur respect et de leur sincérité.

Le conteur, quant à lui, narre des histoires, des légendes, des mythes ou des énigmes liés à la forêt. Il incarne le gardien de la mémoire, de la tradition et de l’imaginaire. Captivant, instructif et divertissant, il enchante les visiteurs avec ses récits et ses jeux de mots.

Le guérisseur se consacre au traitement des maux, des blessures, des maladies ou des troubles de la forêt. Expert des plantes, des remèdes et des rituels, il soulage, guérit et conseille les visiteurs au moyen de ses potions et de ses prières.

Conseils essentiels pour s’aventurer avec succès dans cet antre boisé

Quand partir ?

De novembre à février, la saison sèche offre un climat clément avec moins de pluie, de moustiques et de boue.

De mars à octobre, c’est la saison des pluies, plus chaude et humide, mais également plus verdoyante.

Moyens de déplacement

Vous avez le choix entre un vol de Cotonou à Ouidah d’une durée d’une heure en avion, ou des options plus économiques, mais plus lentes telles que le bus, le taxi ou la moto.

3 photos