Dankoli - Nomadays
Dankoli

Situé à Savalou, au cœur du Bénin, le vaudou Dankoli est un arbre de la famille des caesalpiniaceae, mesurant environ 15 mètres de haut. Son tronc est orné de clous, de pièces de monnaie et d’objets divers offerts par les fidèles. Ces offrandes sont dédiées aux demandes de faveurs en matière de santé, d’amour, de réussite ou de protection. Connu pour sa générosité, le vaudou Dankoli, bien que souvent clément, peut punir ceux qui manquent de respect ou ne tiennent pas leurs promesses.

L’histoire du vaudou Dankoli

Le vaudou Dankoli remonte à la période précoloniale, lorsque le royaume du Dahomey régnait sur une grande partie du Bénin actuel. Selon la légende, le roi Agadja, qui régna de 1708 à 1740, voulut étendre son territoire vers le nord et affronter les peuples yorubas. Il envoya alors son fils aîné, Dako, à la tête d’une armée pour conquérir la région de Savalou.

Dako rencontra une forte résistance de la part des habitants, qui se réfugièrent dans la forêt. Il décida alors de couper un arbre pour se frayer un chemin, mais il fut surpris par un bruit étrange qui semblait sortir du tronc. Il s’agissait de la voix du vaudou Dankoli, qui lui dit : « Arrête, Dako, tu ne peux pas me couper. Je suis le maître de cette forêt et je peux t’aider à vaincre tes ennemis. Mais tu dois me promettre de me rendre un culte et de me faire des offrandes. » Dako accepta le marché et demanda au vaudou ce qu’il devait faire. Le vaudou lui dit : « Plante un clou dans mon tronc et fais-moi une prière. Puis, reviens me voir quand tu auras gagné la bataille. » Dako obéit et repartit au combat. Grâce à l’aide du vaudou, il remporta la victoire et fit de Savalou une province du royaume du Dahomey. Il revint alors vers l’arbre pour le remercier et lui fit des offrandes plus importantes. Il donna aussi son nom au vaudou, qui devint Dankoli, c’est-à-dire « l’enfant de Dako ». Depuis lors, le vaudou Dankoli est vénéré par les descendants de Dako et par tous ceux qui viennent lui demander son aide.

Le culte du vaudou Dankoli

Le rituel vaudou Dankoli, adapté au motif et au rang du fidèle, commence par la purification des mains et des pieds avec de l’eau bénite à l’entrée du site. Ensuite, une offrande — clou, pièce de monnaie, ou morceau de tissu est préparée. L’apport d’animaux, tels que poules, chèvres ou moutons, pour des sacrifices sur place, est également possible. Devant l’arbre sacré, le clou est planté dans le tronc avec un vœu formulé à voix basse. La pièce ou le tissu est déposé au pied de l’arbre en signe de respect. Le contact physique avec l’arbre, par les mains ou la tête, permet une connexion avec le vaudou. Le rituel se termine par sept tours autour de l’arbre, dans le sens des aiguilles d’une montre, accompagnés d’incantations. En quittant le site, le fidèle remercie le vaudou, espérant l’exaucement du vœu.

Que voir aux alentours

Savalou, outre le vaudou Dankoli, présente divers sites d’intérêt. Le palais royal du XVIIIe siècle héberge un musée dédié à l’histoire et à la culture du Dahomey. Le marché artisanal propose des créations locales en bois, bronze, cuir ou perles. Pour une expérience naturelle, la cascade de Tanougou, à 20 kilomètres, offre une spectaculaire chute d’eau propice à la baignade et à la détente.

Situation géographique et accès

Le vaudou Dankoli, à Savalou, se situe à environ 250 kilomètres au nord de Cotonou, la capitale économique du Bénin. L’accès se fait par la route nationale 1, reliant Cotonou à Parakou, la plus grande ville du nord. Le site, à environ 5 kilomètres du centre-ville de Savalou sur la route de Dassa-Zoumè, est aisément identifiable par son portail orné de statues et de symboles vaudous. Ce portail marque l’entrée d’un domaine de plusieurs hectares abritant l’arbre sacré et d’autres lieux de culte.

Conseils pratiques

Pour visiter le vaudou Dankoli, il faut respecter quelques règles de bienséance et de sécurité. Il faut notamment :

– Se vêtir de façon sobre et décente, en évitant les couleurs trop vives ou les tenues trop légères.

– Se munir d’un guide local, qui pourra expliquer le sens et les étapes du rituel, ainsi que négocier les prix des offrandes et des sacrifices.

– Ne pas prendre de photos ou de vidéos sans autorisation préalable, car cela pourrait être considéré comme un manque de respect ou une tentative de voler le pouvoir du vaudou.

– Ne pas toucher aux objets sacrés ou aux animaux destinés au sacrifice, car cela pourrait provoquer la colère du vaudou ou des prêtres.

– Ne pas faire de bruit ou de gestes déplacés, car cela pourrait perturber le bon déroulement du culte ou offenser les fidèles.

– Ne pas faire de promesses qu’on ne peut pas tenir, car cela pourrait entraîner des conséquences néfastes pour soi-même ou pour ses proches.

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