Erevan

Située à l’ouest de l’Arménie, à l’extrémité orientale de la plaine Ararat, Erevan est la capitale du pays et indiscutablement sa plus grande ville. Cette cité enchanteresse donne accès aux gorges de la rivière Hradzan, car elle se situe juste au-dessus.

Avec le mont Ararat comme arrière plan, Erevan incite la curiosité des randonneurs souhaitant découvrir une nature généreuse. Les chemins battus qui serpentent cet endroit mènent les globe-trotters vers des points d’observation dévoilant les panoramas magnifiques sur la ville et ses alentours.

Côté historique et culturel, Erevan possède plusieurs monuments tous dignes d’un petit coup d’œil. Certaines routes de la ville sont bordées par des bâtiments folkloriques montrant la grandeur de l’architecture traditionnelle de l’Arménie. Il y a aussi les monastères et bien d’autres vestiges du passée qui se cachent au fin fond de ses espaces naturels.

Histoire d’Everan

Erevan vient du nom Erebouni, une ancienne forteresse militaire érigée au temps du roi Argishti premier. La ville fut édifiée pour se défendre contre les attaques en provenance du nord du Caucase. Bien qu’il y ait des traces d’occupation antérieure, une inscription cunéiforme gravée dans une pierre sur l’ordre du même sultan, en 782 avant JC, est considérée comme l’acte de naissance de la ville d’Erevan. C’est à l’époque de la puissance urartéenne que la ville se dota de canaux d’irrigation et d’un réservoir.

Un siècle après, Erebouni fut attaquée par les tribus Scythes et ces dernières brulèrent la ville et assassinèrent la majorité de sa population. Pour pallier l’abandon d’Erebouni, le Roi Rusa II édifia une autre forteresse, Teishebani, à des kilomètres au nord de la précédente ville, mais celle-ci fut également détruite par les mêmes Scythes. Le succès de cette tribu fut de courte durée, puisque les Mèdes, leurs alliés, tombèrent sous l’emprise des Achéménides, qui administrèrent dès lors Erevan et sa région. La reconstruction des deux villes Erebouni et Teishebani fut alors programmée.

Au début du Moyen-âge, le développement de la ville d’Erevan fut très intense. Sa première église, l’Église Saint-Pierre et Paul, fut édifié en Vème siècle. Face à cela, les diverses tentatives arabes de dominer la cité porta enfin ses fruits et ils s’emparèrent d’Erevan en 658. Les Arabes voulaient faire des conversions massives, mais une grande résistance locale les obliga à pactiser. Les Califes furent ainsi obligés de tolérer le christianisme et d’offrir une large autonomie aux Arméniens.

Erevan a profité d’un siècle de paix et de prospérité jusqu’aux révoltes de 740. Pendant ces crises, la ville fut pillée et certains quartiers furent brulés. Pourtant, l‘arrivée du futur roi Achot premier en 850, en tant que gouverneur et connu sous le nom de « prince des princes », changea la situation. Erevan retrouva son autonomie et ceci marqua le début de la dynastie des Bagratides.

En 920, le roi Achot II dirigea Erevan et sa région, avec l’appui de Byzance. La ville devint forte économiquement et militairement, c’est pourquoi, au Xème siècle, elle devint le véritable centre de l’Arménie orientale. La ville a été dirigée par la dynastie des Bagratides jusqu’au XIème siècle, avant d’être confiée aux Byzantins en 1023. Ces derniers ne résistèrent pas à l’attaque des Seldjoukides.

À la mort du roi Achot II en 1041, l’empereur byzantin Michel V réclama et obtint la ville d’Erevan, mais une seconde attaque des Seldjoukides fit fuir les Byzantins vers la ville d’Ani. Peuples très violents, les Seldjoukides pillèrent et brulèrent Erevan, laissant la ville à l’abandon avant de prendre le contrôle de tout le royaume, en 1064. Au XIIème siècle, la Géorgie et les Arméniens s’allièrent pour repousser les Seldjoukides. Reprise en 1201, Erevan fut reconstruite et connut l’âge d’or pendant vingt ans.

L’année 1225 marqua la succession des invasions turcomanes et mongoles. Ces derniers réussirent à dominer la ville en appliquant une certaine tolérance envers le christianisme. Suite à cela, la cité devint la capitale de l’une des quatre régions de l’Empire mongol. Quelques temps après, à la fin du XIIème siècle, la conversion de Ghazan khan et le nomadisme mongol mirent un frein au développement de la région. Le pays connut ainsi une famine et la population préfèra fuir et laissa encore une fois la ville d’Erevan à l’abandon.

Sujet de la Perse, Erevan entra dans une période sombre de XVIe au XVIIème siècle. De plus, elle devint un champ de batailles entre les Perses et les Turcs, ce qui entraîna la destruction de quelques parties de la ville. Sans oublier les différentes attaques des Arabes et des Mongols et surtout le séisme de 1679.

En 1827, Erevan fut occupée par les Russes et son visage évolua très rapidement. Elle obtint finalement le statut de capitale de la province puis du gouvernement à partir de 1849. En 1918, Erevan fut déclarée capitale de la nouvelle République indépendante de l’Arménie. Beaucoup de bâtiments ont été érigés depuis ce temps.

Erevan aujourd’hui

Riche en histoire, la ville d’Erevan est de nos jours une destination touristique incontournable de l’Arménie. Les routes sont bordées de plusieurs bâtiments traditionnels évoquant la grandeur de l’architecture arménienne. Certains d’entre eux se cachent dans les espaces naturels de la ville. Monastères et bien d’autres vestiges du passé méritent vraiment un coup d’œil.

Côté nature, la ville promet un séjour agréable avec ces espaces verts et la proximité de la nature. Montagnes et collines attendent ceux qui veulent se dégourdir les jambes, mais il y a également les plaines et les gorges… parfaites pour de belles excursions au départ de la capitale. Ces endroits promettent tous des paysages à couper le souffle.

Que faire à Erevan ?

Erevan peut paraître de prime abord ennuyeuse, mais lorsque l'on s'attarde sur les détails, c'est une toute autre ville qui se dévoile à nous, emplie de secrets, de monuments historiques et prestigieux à découvrir. Beaucoup aime à y flâner, s'arrêter dans un parc ou sur une place publique et prendre part à la vie quotidienne des habitants. Ici les rencontres sont faciles, la curiosités des locaux et leur sourire délie les langues et facilitent ainsi les échanges.
Comme toutes les villes, Erevan a son lot de visites et endroits à ne pas manquer :

  • Visiter la mosquée bleue d’Erevan: c’est l’une des huit mosquées de la ville. Elle est incontournable et s’impose avec une surface de 7000 . Elle dispose d’une salle de prière et 28 autres pièces, une bibliothèque… Haut de 24 m, son minaret est très attrayant. C’est son dôme principal, bien décoré avec des dessins et motifs, qui donne à ce complexe son nom de mosquée bleue.

  • Visiter la galerie nationale de l’Arménie: ce lieu incontournable est dédié surtout aux amateurs d’arts. Il abrite des collections d’artistes européens et russes, mais les talentueux arméniens sont naturellement à l’honneur. Vous y trouverez les œuvres de Chichkine, Avestissan, Schredin…

  • Pour continuer cette balade culturelle, d’autres musées attendent les curieux, fièrement sur la place de République. Il y a le musée de Parajanov, le musée d’histoire de l’Arménie…

  • Aller sur la Place de la République: c’est tout simplement la plus célèbre place de la ville d’Erevan. Elle abrite à peu près 2750 fontaines, mais aussi des bâtiments importants montrant la grandeur de l’architecture arménienne.

  • Si vous y êtes avec des enfants ou en couple, ne manquez pas le parc de la victoire où vous pouvez faire un petit pique-nique. C’est d’ailleurs le plus grand espace vert d’Erevan. C’est un parc d’attraction où vous pouvez trouver des auto-tamponneuses, une grande roue et des montagnes russes.

  • Pour les amateurs de balade romantique, il faut visiter la cascade, un monument en plein centre-ville créé par Alexander Tamanyan. Il compte 572 marches pour atteindre le 118 m de haut. Au sommet, vous pourrez profiter de la vue sur la ville d’Erevan.

  • Si vous cherchez encore des choses à faire à Erevan, rendez-vous au mont Aragats, le terrain de jeu des randonneurs aguerris. À force de prendre de l’altitude, vous aurez une vue dégagée sur la cité et ses alentours.

  • Pour finir une journée, il n’y a rien de mieux que d’entrer dans l’un des restaurants de la ville pour déguster des plats typiques.

Quand partir 

Erevan possède un climat continental du fait de sa situation géographique, dans une plaine entourée d’une montagne et de son éloignement de la mer. Pourtant, certains quartiers de la ville, en altitude, ont un climat à influence montagnard. Dans ces zones hautes, les nuits peuvent être plus fraiches avec des orages plus fréquents en été ainsi qu’une abondance de gelées et chutes de neige en hiver.

La ville est ainsi visitable tout au long de l’année. Si vous aimez le soleil, il faut privilégier la période d’été. Pourtant, les adeptes de sports d’hiver ne rateront pas la saison hivernale. Les montagnes couvertes de neige deviendront des endroits propices pour skier. Ce sera également une occasion de voir les paysages de la ville sous un autre angle.

Comment s’y rendre ?

La ville d’Erevan est desservie par l’aéroport international de Zvartnots. Il reçoit presque chaque jour des vols directs venant des grandes villes européennes. Ce lieu se trouve à 12 kilomètres de la capitale. Une fois arrivés, vous pourrez  tout de suite prendre un taxi, un bus ou encore louer une voiture pour se rendre au centre-ville.

Comment y circuler ?

Pour se déplacer à Erevan plusieurs moyens de locomotion sont mis à disposition.

Les taxis se prennent jour et nuit n’importe où en ville. Sachez qu’il existe deux types de taxis à Erevan. Vous trouverez des taxis-services qui sont reconnaissables par leurs couleurs. Ils mettent également le nom et le numéro de la compagnie sur la portière. Par ailleurs, il y a les taxis privés qui sont identifiables par une simple lanterne. Cela veut dire que n’importe qui peut acheter une enseigne de taxi à Erevan. Certains possèdent même un compteur-rétroviseur comme les taxis-services.

Les Marshrutkas sont des sortes de mini bus dans lesquels s’entassent 16 à 18 personnes. C’est l’équivalent des taxi-brousses africains et asiatiques. Les conditions de voyage peuvent être très inconfortables, mais ils vont absolument partout avec des prix moins élevés.

Les bus et les trolleys sont plus spacieux. À Erevan, vous tomberez sur les vieux bus délabrés, mais il y a aussi les nouveaux, de couleur rose, offerts par la Chine. Ils ont les même prix de déplacement : 100 AMD.

Le métro à Erevan ne compte que très peu de stations, mais il dessert bien le centre-ville, en particulier les arrondissements de Kentron et Arabkir. Son coût est également de 100AMD.

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